Document - Zimbabwe. Il est temps de rendre des comptes
Zimbabwe
Il est temps de rendre des comptes
AMNESTY INTERNATIONAL
Document public
AFR 46/038/2008
ÉFAI
Décembre 2008
« Si on veut résoudre le problème, il faut que le gouvernement poursuive en justice les coupables présumés pour montrer son engagement envers les droits humains. Sinon, nous n'obtiendrons pas satisfaction. »
George, victime de violences commises avec le soutien de l'État à Hurungwe, août 2008
« Je veux être indemnisée pour ces blessures. Je veux parler à ceux qui m'ont attaquée pour qu'ils me disent la vérité et pourquoi j'ai été battue. Et je veux qu'ils soient traduits en justice. »
Lyn, une femme de quatre-vingt-six ans victime de violences politiques, août 2008
Des auteurs de violations des droits humains n'ont pas eu à répondre de leurs actes. Malgré l'obligation légale pour le Zimbabwe de lutter contre l'impunité, les membres des forces de sécurité, les vétérans et les sympathisants du ZANU-PF, le parti du président Mugabe, n'ont fait l'objet d'aucune enquête, poursuite ou condamnation. L'absence d'action à leur encontre de la part du gouvernement les a encouragés à commettre d'autres violations.
Au cours des mois précédant le second tour de l'élection présidentielle, le 27 juin 2008, des soldats, des vétérans et des membres du ZANU-PF on attaqué des personnes soupçonnées de soutenir l'opposition. On a dénombré au moins 180 morts et plus de 9 000 blessés à la suite d'actes de torture, de passages à tabac et d'autres formes de violence politique. Environ 28 000 personnes ont été déplacées des zones rurales.
Le Zimbabwe a derrière lui un long passé d'impunité. La police n'a notamment jamais été inquiétée pour avoir agressé et torturé des personnes critiques à l'égard du gouvernement et a été encouragée à appliquer la loi de manière partisane. Les autorités ont expulsé de force des centaines de milliers de personnes de leur foyer, ont refusé aux sympathisants de l'opposition l'accès aux denrées subventionnées et ont harcelé et cherché à intimider des défenseurs des droits humains. Toutes ces atteintes aux droits fondamentaux ont été commises dans l'impunité quasi totale.
AGISSEZ !
Prenez contact avec l'ambassadeur du Zimbabwe dans votre pays et insistez pour qu'il exhorte les autorités zimbabwéennes à :
- mettre en place une commission d'enquête indépendante chargée d'examiner toutes les violations des droits humains commises dans le pays depuis 2000, notamment durant les élections de 2008 ;
- faire en sorte que les coupables soient contraints de rendre compte de leurs actes et que les victimes obtiennent réparation pour leurs souffrances.
ÉCRIVEZ
Veuillez écrire à l'ambassadeur du Zimbabwe dans votre pays. Si vous souhaitez de l'aide pour obtenir ses coordonnées, vous pouvez envoyer un message à aagnew@amnesty.org.

Des sympathisants de l'opposition dont les jambes ont été brisées, 2008.
©Amnesty International