Document - SOUDAN (DARFOUR). CRAINTES DE TORTURE / DÉTENTION AU SECRET. Hassaballah Hassab al Nabi Issa (h) ; Ibrahim Mohammed Jadallah (h) ; Mustafa Abdallah al Jamil (h) ; Mohammed Al Jazuli Adam (h) ; Yassin Yusuf Abdallah (h) ; Jalal Shaib (h) ; Isam Mohammed Y
DOCUMENT PUBLIC AFR 54/055/2005 – ÉFAI
AU 145/05
Avertissement : Amnesty International
défend des individus sans prendre position ni sur leurs idées
ni sur les organisations auxquelles ils pourraient adhérer.
CRAINTES DE TORTURE / DÉTENTION AU SECRET
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SOUDAN |
Hassaballah Hassab al Nabi Issa (h) Ibrahim Mohammed Jadallah (h) Mustafa Abdallah al Jamil (h) Mohammed Al Jazuli Adam (h) Yassin Yusuf Abdallah (h) Jalal Shaib (h) Isam Mohammed Yusuf (h) |
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Londres, le 31 mai 2005
Les sept hommes nommés ci-dessus ont été arrêtés le 22 mai, vers 20 heures, chez un particulier à Nyala, la capitale de l’État du Darfour méridional, dans l’ouest du Soudan. Ils sont détenus au secret par les forces de sécurité dans un lieu inconnu et risquent sérieusement d’être torturés ou de subir d’autres formes de mauvais traitements.
Ces hommes appartiennent à des groupes nomades arabes. La plupart sont proches de responsables communautaires opposés aux attaques, aux homicides et aux déplacements forcés dont sont victimes, depuis deux ans, les communautés de cultivateurs sédentaires du Darfour. D’après les informations reçues, ils étaient en train de discuter de la manière de réconcilier les divers groupes ethniques lorsqu’ils ont été appréhendés. Amnesty International pense qu’il s’agit de prisonniers d’opinion qui se sont seulement efforcés, de manière pacifique, de réconcilier les parties au conflit qui déchire le Darfour.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
En février 2003, l’Armée de libération du Soudan (ALS) et le Mouvement justice et égalité (MJE) ont pris les armes contre le gouvernement soudanais dans le Darfour. Selon les membres de ces groupes armés, les pouvoirs publics maintiennent la région dans un état de marginalisation et de sous-développement et ne font rien pour protéger sa population. Depuis lors, le Darfour est ravagé par un conflit interne. Le gouvernement soudanais a donné carte blanche aux Janjawid, des milices composées essentiellement de nomades armés par les autorités, pour tuer et enlever des civils qui appartiennent, pour la plupart, à des ethnies de cultivateurs, et pour détruire leurs biens. Plus de 1,6 million de personnes ont été contraintes à fuir leur foyer, dans les zones rurales, pour se réfugier dans des camps situés à proximité des villes et des villages du Darfour, tandis que 200 000 ont gagné le Tchad. Quelque 3 000 soldats et membres du personnel de l’Union africaine ont été déployés dans la région afin de signaler les violations du cessez-le-feu, néanmoins, les milices bénéficiant du soutien des troupes gouvernementales continuent de forcer des civils à fuir leur foyer et de se livrer à des homicides, des viols et des pillages. De leur côté, l’ALS et le MJE ont également attaqué des civils.
Les autorités soudanaises ont organisé des cérémonies de réconciliation entre des groupes ethniques qui s’opposent, mais on peut se demander si ces manifestations n’étaient pas uniquement destinées aux médias. L’interpellation des sept hommes nommés plus haut relève d’une pratique bien établie au Soudan, où les autorités préfèrent arrêter ceux qui œuvrent à la réconciliation ou signalent des atteintes aux droits humains plutôt que les auteurs présumés de telles violences. Elles n’ont jamais traduit en justice des Janjawid soupçonnés d’homicides ou de viols. Cependant, le 30 mai, les autorités ont inculpé le directeur de Médecins sans frontières (MSF) - Pays-Bas de crimes contre l’État pour avoir publié de fausses informations. Ces accusations font référence à un rapport rendu public en mars, qui portait sur les multiples viols perpétrés sur des personnes déplacées au Darfour.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après(en arabe, en anglais ou dans votre propre langue) :
– dites-vous préoccupé par l’arrestation de Hassaballah Hassab al Nabi Issa, Ibrahim Mohammed Jadallah, Mustafa Abdallah al Jamil, Mohammed Al Jazuli Adam, Yassin Yusuf Abdallah, Jalal Shaib et Isam Mohammed Yusuf, en précisant qu’Amnesty International pense qu’il s’agit de prisonniers d’opinion arrêtés uniquement en raison de leurs efforts en vue de réconcilier les différentes parties au conflit du Darfour ;
– exhortez les autorités à libérer ces hommes immédiatement et sans condition ;
– efforcez-vous d’obtenir la garantie qu’ils seront traités avec humanité ;
– priez les autorités de veiller à ce que ces hommes soient immédiatement autorisés à recevoir la visite de leurs proches et à consulter des avocats et des médecins indépendants ;
– demandez-leur de permettre à ces hommes de s’entretenir avec des observateurs internationaux, notamment des représentants de la force de l’Union africaine déployée au Darfour et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), ainsi que des représentants des Nations unies chargés de surveiller la situation des droits humains dans cette région.
APPELS À :
Remarque : Certains télécopieurs sont équipés d’un répondeur. Veuillez attendre que la tonalité du fax se déclenche à la fin du message.
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Premier vice-président : Mr Ali Osman Mohamed Taha First Vice-president People’s Palace PO Box 281 Khartoum, Soudan Fax : +249 183 779977 Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Vice-Président, |
Ministre de l’Intérieur : Major General Abdel Rahim Mohammed Hussein Minister of Internal Affairs and Presidential Advisor on Darfur Ministry of Interior PO Box 281, Khartoum Soudan Fax : 249 183 773974 / +249 183 773046 Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre, |
Gouverneur du Darfour méridional :
Al-Hajj Atta al-Manan
Governor of South Darfur State
Presidential Palace, PO Box 281
Khartoum
Soudan
Fax : +249 183 779977
Formule d’appel : Dear Governor, / Monsieur le Gouverneur,
COPIES À :
Président de la Commission des droits humains
de l’Assemblée nationale :
Dr Hamadtu Mukhtar
Chair of the Human Rights Committee
National Assembly
Omdurman
Soudan
Fax : +249 187 560 950
ainsi qu’aux représentants diplomatiques du Soudan dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
APRÈS LE 12 JUILLET 2005, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION
S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.
La version originale a
été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW,
Royaume-Uni.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions
Francophones d'Amnesty International - ÉFAI -
Vous pouvez consulter le site Internet des ÉFAI à l'adresse
suivante : http://www.efai.org