Document - Colombie. Craintes pour la sécurité / Menaces de mort / Homicides. Les membres de la communauté d'origine africaine du bassin du Curvaradó. Les membres de la Commission interecclésiastique Justice et paix et d'autres organisations vivant avec cette communauté dans les bassins du Curvaradó et du Jiguamiandó (département du Chocó). Personne tuée : Walberto Hoyos Rivas
ACTION URGENTE
DOCUMENT PUBLIC Index AI : AMR 23/040/2008 – ÉFAI
27 octobre 2008
AU 299/08 Craintes pour la sécurité / Menaces de mort / Homicides
COLOMBIE Les membres de la communauté d’origine africaine du bassin du Curvaradó (département du Chocó)
Les membres de la Commission interecclésiastique Justice et paixet d’autres organisations vivant avec cette communauté dans les bassins du Curvaradó et du Jiguamiandó (département du Chocó)
Personne tuée : Walberto Hoyos Rivas (h), responsable de la communauté d’origine africaine du bassin du Curvaradó
W
alberto Hoyos Rivas, un responsable de la communauté d’origine
africaine du bassin du Curvaradó, dans le département du Chocó
(nord-ouest de la Colombie), a été tué. Les auteurs de son meurtre
seraient des membres des Aigles noirs, un groupe paramilitaire.
Amnesty International est très inquiète pour la sécurité des autres
membres de cette communauté, ainsi que pour celle des membres de la
Commission interecclésiastique Justice et paix et d’autres
organisations vivant avec cette communauté dans les bassins du
Curvaradó et du Jiguamiandó.
Le 14 octobre 2008, Walberto Hoyos Rivas a été abattu par deux paramilitaires alors qu’il venait de quitter une réunion communautaire dans la zone humanitaire de Caño Manso, située dans le bassin du Curvaradó. Les paramilitaires ont commencé par insulter Walberto Hoyos Rivas, en le traitant de « fils de pute ». Ce dernier a tenté de se protéger, mais il a été atteint par plusieurs balles. Avant de le tuer, ses deux agresseurs ont emporté les téléphones mobiles utilisés par les membres de sa communauté pour alerter les autorités en cas d’urgence. Peu après avoir quitté les lieux, ils sont revenus. Ils ont pris le corps de Walberto Hoyos Rivas et l’ont retourné sur le dos, puis ils lui ont encore tiré dans la figure et le cou avant de prendre la fuite sur des motos dont les plaques d’immatriculation avaient été enlevées.
Ce jour-là, Walberto Hoyos Rivas avait reçu une convocation d’un tribunal d’Antioquia, où il devait témoigner dans le cadre de l’enquête sur le meurtre d’Orlando Valencia, un autre responsable de la communauté d’origine africaine du bassin du Curvaradó tué en 2005, vraisemblablement par des paramilitaires agissant en coordination avec les forces de sécurité. Walberto Hoyos Rivas était présent lorsqu’Orlando Valencia a été victime d’une disparition forcée en octobre 2005 (voir l’AU 272/05, AMR 23/037/2005, 17 octobre 2005).
Il avait été la cible de menaces de mort et d’attaques de la part des paramilitaires en raison de son rôle de témoin dans cette affaire, ainsi que des activités de défense des droits humains qu’il menait en tant que responsable communautaire, qui consistaient notamment à protéger les droits fonciers collectifs des communautés d’origine africaine du bassin du Curvaradó. Le 17 septembre 2007, lui et son frère, Miguel Hoyos Rivas, avaient échappé à une tentative de meurtre. Ils avaient tous deux été blessés au cours de cette attaque. Jusqu’à présent, personne n’a été tenu pour responsable à la suite de ces événements.
En janvier 2003, Walberto Hoyos Rivas est devenu bénéficiaire des mesures provisoires mises en place par la Cour interaméricaine des droits de l’homme afin de protéger les membres de la communauté d’origine africaine du bassin du Curvaradó. Sa protection était également assurée par le ministère de l’Intérieur et de la Justice depuis juillet 2008. Cependant, le 10 octobre, le véhicule qui lui avait été prêté a été emporté pour subir des réparations, et il ne lui avait toujours pas été rendu le jour de son meurtre.
Les membres de la Commission interecclésiastique Justice et paix vivant avec la communauté d’origine africaine dans les bassins du Curvaradó et du Jiguamiandó ont également reçu un certain nombre de menaces émanant de groupes paramilitaires (voir l’AU 234/08, AMR 23/029/2008, 26 août 2008). Malgré le programme de démobilisation mis en place par le gouvernement, les groupes paramilitaires sont toujours actifs dans plusieurs régions du pays, bien souvent avec le soutien et l’assentiment des forces de sécurité.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Cet homicide, le dernier en date, a eu lieu au moment même où la communauté d’origine africaine des bassins du Curvaradó et du Jiguamiandó s’efforce de protéger ses droits fonciers collectifs, reconnus par le gouvernement colombien en 2000, et d’empêcher la multiplication des plantations illégales de palmiers africains sur son territoire. Des organes de l’administration colombienne ont confirmé le caractère illégal de ces cultures. De nombreux membres de cette communauté, dont certains faisant partie des conseils communautaires, ont été menacés en raison de la stratégie qu’ils ont adoptée afin de défendre leurs droits fonciers et de s’opposer aux entreprises locales qui produisent de l’huile de palme.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre propre langue) :
- exhortez les autorités à assurer la sécurité des membres de la communauté d’origine africaine des bassins du Curvaradó et du Jiguamiandó, ainsi que celle des membres de la Commission interecclésiastique Justice et paix et d’autres organisations qui vivent avec eux ;
- engagez-les à diligenter une enquête approfondie et impartiale sur le meurtre de Walberto Hoyos Rivas et à en rendre les conclusions publiques ;
- demandez-leur instamment de veiller à ce que les membres de la Commission interecclésiastique Justice et paix et des autres organisations travaillant dans les bassins du Curvaradó et du Jiguamiandó puissent mener en toute sécurité leurs activités légitimes et essentielles de défense des droits humains ;
- rappelez-leur les obligations qui leur incombent envers les défenseurs des droits humains en vertu de la Déclaration des Nations unies sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales universellement reconnus, ainsi qu’en vertu des résolutions de l’Organisation des États américains relatives aux défenseurs des droits humains sur le continent américain et des nombreuses recommandations qui leur ont été faites par les Nations unies ;
- priez-les d’adopter des mesures décisives pour combattre et démanteler les groupes paramilitaires, ainsi que pour enquêter sur leurs liens avec les forces de sécurité et rompre ceux-ci, conformément aux nombreuses recommandations des Nations unies.
APPELS À :
Président de la République :
Señor Presidente Álvaro Uribe Vélez
Presidente de la República, Palacio de Nariño, Carrera 8 No.7-2, Bogotá, Colombie
Fax : +57 1 337 5890
Formule d’appel : Excmo. Sr. Presidente Uribe, / Monsieur le Président,
Ministre de la Défense :
Dr. Juan Manuel Santos
Avenida El Dorado, Carrera 52 OFI. 217, Centro Administrativo Nacional (CAN), Bogotá, Colombie
Fax : +57 1 266 1003 (Si une personne décroche, veuillez dire : « me da tono de fax, por favor »)
Formule d’appel : Estimado Dr. Santos, / Monsieur le Ministre,
Fiscal General de la Nación (qui chapeaute le système judiciaire) :
Dr. Mario Germán Iguarán Arana
Fiscal General de la Nación, Fiscalía General de la Nación
Diagonal 22B (Av. Luis Carlos Galán No. 52-01) Bloque C, Piso 4, Bogotá, Colombie
Fax : +57 1 570 2000 (un message préenregistré en espagnol vous indique alors de composer le numéro de poste 2017)
Formule d’appel : Estimado Sr. Fiscal, / Monsieur,
COPIES À :
Organisation non gouvernementale de défense des droits humains :
Justicia y Paz Intereclesial
Calle 61 A, No. 17-26, Bogotá, Colombie
ainsi qu’aux représentants diplomatiques de la Colombie dans votre pays.
PRIÈRE D’INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 8 DÉCEMBRE 2008, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S’IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.