Document - COLOMBIE. CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ / MENACES DE MORT.
DOCUMENT PUBLIC AMR 23/060/2004 – ÉFAI
AU 318/04
Avertissement : Amnesty International
défend des individus sans prendre position ni sur leurs idées
ni sur les organisations auxquelles ils pourraient adhérer.
CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ / MENACES DE MORT
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COLOMBIE |
Claudia Julieta Duque (f), journaliste sa fille, 10 ans |
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Londres, le 24 novembre 2004
Amnesty International est préoccupée par la sécurité de la journaliste Claudia Julieta Duque et de ses proches, sa fillette de dix ans ayant récemment été menacée de mort. Cette tentative d’intimidation est survenue deux jours après que le ministère de l’Intérieur eut décidé de faire bénéficier Claudia Julieta Duque de son programme de protection destiné aux journalistes menacés.
Le 17 novembre 2004, à 19 h 52, la journaliste a reçu un appel téléphonique d’un inconnu qui lui a demandé si c’était bien elle qui était au bout du fil. Il lui a également demandé le nom de sa fille, puis l’a menacée en ces termes : « Grosse salope, je vraiment désolé pour toi, mais on n’a pas le choix : on va tuer ta fille, même si tu voyages dans une voiture blindée ; ta fille va souffrir, on va la brûler vive, on va éparpiller ses doigts dans toute la maison.»
Claudia Julieta Duque a alerté la Corporación Colectivo de Abogados “José Alvear Restrepo” (Collectif d’avocats "José Alvear Restrepo") et lui a communiqué le numéro du correspondant, qui avait été enregistré sur son téléphone. Des membres de cette organisation ont alors composé ce numéro. Selon les informations communiquées à Amnesty International, un homme a décroché et leur a indiqué qu’ils se trouvaient dans un poste de police de Bogotá, la capitale de la Colombie.
Claudia Julieta Duque a écrit des articles sur la liberté d’expression en Colombie. Elle a également travaillé en collaboration avec des organisations non gouvernementales (ONG) telles que le Collectif d’avocats "José Alvear Restrepo", pour lequel elle a enquêté sur l’assassinat de Jaime Garzón, un comédien et journaliste colombien tué le 13 août 1999. Au terme de poursuites judiciaires, le dirigeant paramilitaire Carlos Castaño a été déclaré coupable de ce meurtre et plusieurs membres des forces de sécurité ont été impliqués dans cette affaire. Claudia Julia Duque a dû quitter le pays à titre temporaire, en 2001, en raison des menaces dont elle faisait l’objet.
Informations générales
La Colombie est l’un des pays où les journalistes sont le plus souvent victimes de violences. Ils n’est pas rare que des journalistes soient menacés, voire tués par des groupes armés engagés dans le conflit colombien, qui les accusent de collaborer avec le camp adverse.
Il arrive fréquemment que des journalistes et des défenseurs des droits humains qui militent pour que justice soit faite dans des affaires de violations des droits fondamentaux imputables à des membres des forces de sécurité ou à leurs alliés paramilitaires soient eux-mêmes la cible de graves violations des droits humains.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après(en espagnol ou dans votre propre langue) :
– dites-vous préoccupé par la sécurité de Claudia Julieta Duque et de ses proches, sa fillette de dix ans ayant été menacée de mort le 17 novembre 2004 ;
– exhortez les autorités à prendre toutes les mesures de protection jugées nécessaires par ces personnes pour que leur sécurité soit garantie ;
– demandez instamment qu’une enquête exhaustive et impartiale soit ouverte sur les menaces formulées contre cette femme et sa fille, que les conclusions de ces investigations soient rendues publiques, et que les responsables présumés de ces agissements soient déférés à la justice ;
– demandez que des moyens suffisants soient affectés au programme mis en place par le ministère de l’Intérieur en faveur des journalistes menacés, afin que ceux-ci bénéficient de mesures de protection plus efficaces.
APPELS À :
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Président de la
République :
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Ministre de l'Intérieur et de la
Justice :
Colombie |
Fiscal General de la Nación [qui chapeaute le système judiciaire]:
Dr. Luis Camilo Osorio
Fiscal General de la Nación, Fiscalía General de la Nación
Diagonal 22B 52-01 (Ciudad Salite)
Bogotá, Colombie
Fax : +57 1 570 2022 / 2000 (un message en espagnol vous invitera à composer le 2017)
Formule d'appel : Estimado Dr. Osorio, / Monsieur,
COPIES À :
Collectif d’avocats "José Alvear Restrepo" :
Corporación Colectivo de Abogados “José Alvear Restrepo”
AA 33035
Bogotá, Colombie
ainsi qu'aux représentants diplomatiques de la Colombie dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
APRÈS LE 5 JANVIER 2005, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL
FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.
La version originale a
été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW,
Royaume-Uni.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions
Francophones d'Amnesty International - ÉFAI -
Vous pouvez consulter le site Internet des ÉFAI à l'adresse
suivante : http://www.efai.org