Document - Andean Nord 02/94 - Equateur: Torture et mauvais traitements
AMNESTY INTERNATIONALÉFAI
Index AI : AMR 28/02/94
ÉFAI 94 RN 119
DOCUMENT EXTERNE
Londres, juin 1994
ÉQUATEUR
Torture et mauvais traitements1
Amnesty International est préoccupée par les informations selon lesquelles Oscar Soto, citoyen équatorien, et John Kennedy García, réfugié colombien, ont été torturés et maltraités par la police.
Le 12 avril 1994, Oscar Soto et John Kennedy García ont été appréhendés au domicile de ce dernier à Quito, capitale du pays. Selon certaines informations, Oscar Soto aurait été torturé lors de son interrogatoire et on l'aurait obligé à signer une déclaration dans laquelle il s'auto-accusait. Selon des militants des droits de l'homme qui lui ont rendu visite après son transfert au Centro de Detención Provisional (CDP, Centre de détention provisoire) à Quito, son torse était largement couvert d'hématomes. Un militant des droits de l'homme ayant demandé qu'Oscar Soto soit soumis à un examen médical et que l'on effectue une radiographie, un rapport médical signé du médecin du centre de détention aurait indiqué que le patient était en bonne santé, et la deuxième réquête n'a en conséquence pas été satisfaite. Le prisonnier a ensuite été transféré dans un autre centre de détention. Une radiographie a de nouveau été demandée, et l'examen, pratiqué le 18 mai, a révélé qu'Oscar Soto avait une côte fracturée.
Selon ces mêmes informations, John Kennedy García aurait déclaré que, lors de son interrogatoire, les policiers l'avaient menacé de l'immerger dans de l'eau sale s'il ne signait pas une lettre dans laquelle il s'auto-accusait. Il devait également accuser soeur Elsie Monge et Dilva Stepp de complicité dans des crimes de droit commun que lui et d'autres Colombiens auraient commis. Soeur Elsie Monge et Dilva Stepp sont respectivement directrice de la Comisión Ecuménica de Derechos Humanos (CEDHU, Commission oecuménique des droits de l'homme) et directeur du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés en Équateur. Le 17 avril 1994, cinq jours après l'arrestation de John Kennedy García, des journaux ont publié des articles établissant des liens entre les deux défenseurs des droits de l'homme et les activités des Colombiens accusés de crimes de droit commun en Équateur.
Informations générales
Amnesty International a été fréquemment informée d'actes de torture commis par les membres de la police équatorienne. Au cours des années passées, des témoignages circonstanciés ont confirmé certaines de ces plaintes. En dépit des efforts déployés par les organisations de défense des droits de l'homme, tant nationales qu'internationales, pour que des enquêtes indépendantes et impartiales soient menées sur les cas de torture signalés, ces enquêtes sont pratiquement toujours effectuées par les forces de sécurité soupçonnées des exactions. Dans de telles circonstances, on comprend que les responsables ne soient pas déférés à la justice.
1La version originale en langue anglaise de ce document a été éditée par Amnesty International, Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 8DJ, Royaume-Uni, sous le titre : ECUADOR : Torture and ill-treatment. Index AI : AMR 28/02/94. Seule la version anglaise fait foi. La version française a été traduite et diffusée aux sections francophones et au Secrétariat International par les ÉDITIONS FRANCOPHONES D'AMNESTY INTERNATIONAL - ÉFAI - Service RAN - juillet 1994.