Document - ÉQUATEUR. MENACES DE MORT / ACTES D?INTIMIDATION / CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ.
DOCUMENT PUBLIC AMR 28/004/2004 – ÉFAI
AU 47/04
Avertissement : Amnesty International
défend des individus sans prendre position ni sur leurs idées
ni sur les organisations auxquelles ils pourraient adhérer.
MENACES DE MORT / ACTES D’INTIMIDATION
CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ
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ÉQUATEUR |
Miguel
Rivadeneira, journaliste sur Radio Quito |
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Londres, le 9 février 2004
Amnesty International est préoccupée par la sécurité de Miguel Rivadeneira, Marco Pérez Torres, Paco Velasco et Kintto Lucas. Ces derniers mois, ces quatre journalistes ont été la cible d’actes d’intimidation pour avoir critiqué les autorités équatoriennes et le gouvernement du président Lucio Gutiérrez.
Miguel Rivadeneira, directeur du magazine d’actualité Ecuadoradio diffusé sur Radio Quito, a été menacé après avoir rendu compte de faits de corruption auxquels seraient mêlés des membres des forces armées et des proches du président Lucio Gutiérrez. Les 26 et 27 janvier 2004, le journaliste aurait reçu plusieurs appels téléphoniques d’individus non identifiés qui l’ont insulté et lui ont enjoint de cesser de critiquer le gouvernement. Celui-ci a par la suite condamné les menaces proférées contre Miguel Rivadeneira et déclaré qu’il ne tolèrerait pas que le droit à la liberté d’expression soit bafoué.
Ce mois-ci, paradoxalement, le gouvernement a menacé de fermer la station Radio La Luna et d’engager des poursuites contre Paco Velasco, le directeur du magazine d’actualité La Clave. Le journaliste avait fustigé le gouvernement après l’arrestation et le placement en détention de Humberto Cholango, un responsable indigène, en décembre 2003 (voir l’AU 36/04, AMR 28/002/2004 du 3 février 2004).
Marco Pérez Torres, directeur de l’information de Radio Tarqui,aurait également été la cible de menaces de mort en septembre et décembre 2003 pour ses comptes-rendus critiques vis-à-vis de la politique menée par le gouvernement. Le 22 septembre 2003, un individu non identifié aurait téléphoné chez lui et tenu ces propos : « J’appelle pour présenter mes sincères condoléances à l’occasion de la mort du journaliste Marco Pérez. » Le 31 décembre, un autre inconnu aurait appelé à son domicile et déclaré : « Tu vas voir ce qui va t’arriver, fils de pute, si tu continues de critiquer le gouvernement ». Cinq minutes plus tard, la même personne aurait rappelé et dit : « Tu vas mourir, fils de pute, tu peux en être certain, tu vas mourir. »
Kintto Lucas, correspondant de l’agence de presse IPS en Équateur et rédacteur du magazine d’information Tintají, a lui aussi reçu des menaces de mort en septembre 2003. Le 20, un individu non identifié a demandé à des employés du journal El Comercio de publier une nécrologie comportant un message de condoléances à l’intention de la famille de Kintto Lucas. Il souhaitait qu’y figurent également les noms d’autres journalistes et défenseurs des droits humains bien connus pour leur position critique à l’égard du gouvernement équatorien et des répercussions du Plan Colombie, un programme d’aide militaire des États-Unis à la Colombie.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Amnesty International s’est déclarée vivement préoccupée par les menaces et actes d’intimidation persistants dirigés contre ceux qui critiquent les autorités équatoriennes, notamment des défenseurs des droits humains, des journalistes ainsi que des responsables de communautés indigènes. À maintes reprises, l’organisation a demandé aux autorités d’indiquer clairement que de telles menaces ne seraient pas tolérées, afin que les militants en faveur des droits de la personne, les responsables communautaires et les journalistes puissent poursuivre leurs activités sans crainte d’être la cible d’actes d’intimidation. Amnesty International a par ailleurs appelé les pouvoirs publics à conduire des investigations sur ces menaces et à traduire en justice les personnes soupçonnées d’en être à l’origine. Aucune charge n’a cependant été retenue contre les responsables présumés.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre propre langue) :
– dites-vous préoccupé par les menaces de mort dont Miguel Rivadeneira, Marco Pérez Torres et Kintto Lucas ont été la cible ;
– exhortez les autorités équatoriennes à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour garantir la sécurité de ces journalistes ;
– demandez instamment qu’une enquête soit conduite sur ces menaces et que les responsables présumés soient déférés à la justice ;
– rappelez aux autorités que le gouvernement de l’Équateur a publiquement condamné les menaces proférées contre Miguel Rivadeneira et déclaré qu’il ne tolèrerait pas que le droit à la liberté d’expression soit bafoué ;
– déclarez-vous inquiet quant au fait que le gouvernement a menacé de fermer la station Radio La Luna et d’engager des poursuites contre Paco Velasco ;
– appelez les autorités à veiller au respect absolu du droit à la liberté d’expression.
APPELS À :
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Ministre de l'Intérieur : Ing. Raúl Baca Carbo Ministro de Gobierno, Policía, Justicia, Benalcázar y Espejo Quito, Équateur Fax : +593 2 2580 067
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Procureur général : Dra. Mariana Yépez de Velasco Ministra Fiscal General del Estado Fiscalía General del Estado Av. Eloy Alfaro Nº 32-240 y República Quito, Équateur Fax : +593 2 2558 561 (si un correspondant vous répond, veuillez demander le fax : « Tono de fax, por favor ») Formule d’appel : Sra. Fiscal General, / Madame, |
COPIES À :
Centre de
documentation sur les droits humains
(Organisation non gouvernementale de défense des droits
humains) :
Centro de Documentación en Derechos Humanos
"Segundo Montes Mozo SJ" CSMM
Nicolás Jiménez, E 4, 223, y Av. 12 de Octubre, piso 5, Of. E- 3
Quito, Équateur
Casilla: 17-08-8069
Quito, Ecuador
Tel/fax : +593 2 2543 845 (si un correspondant vous répond, veuillez demander le fax : « Tono de fax, por favor »)
ainsi qu'aux représentants diplomatiques de l'Équateur dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
APRÈS LE 22 MARS 2004, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.
La version originale a
été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW,
Royaume-Uni.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions
Francophones d'Amnesty International - ÉFAI -
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www.efai.org