Rapport 2012
La situation des droits humains dans le monde

Document - Guatémala. Craintes pour la sécurité. Miguel Arturo Albizures Pedrosa ainsi que ses proches. Les autres membres de COMUNICARTE et ceux de No'j

ACTION URGENTE


DOCUMENT PUBLIC Index AI : AMR 34/023/2008 – ÉFAI

6 novembre 2008


AU 309/08 Craintes pour la sécurité

GUATÉMALA Miguel Arturo Albizures Pedrosa (h), vice-président et caméraman de l’association COMUNICARTE

ainsi que ses proches et les autres membres de COMUNICARTE

et les membres de l’organisation étudiante No’j



Miguel Arturo Albizures Pedrosa, défenseur des droits humains, et une membre de No’j, une organisation étudiante de Guatémala (la capitale du Guatémala), ont participé à une manifestation qui a interrompu un meeting gouvernemental le 20 octobre. Ils ont tous deux été attaqués quelques jours plus tard. Ces deux personnes, leurs proches et leurs collègues courent un grand danger.


Le 20 octobre, Miguel Arturo Albizures a filmé une manifestation organisée contre le président et d’autres représentants de l’État. Les proches de personnes victimes d’une disparition forcée pendant la guerre civile, ainsi que d’autres militants, dont des membres de l’organisation étudiante No’j, ont interrompu un meeting gouvernemental, qui a dû être reporté. Plus tard, deux membres de No’j ont été suivis pas un pick-up violet aux vitres teintées.


Le 25 octobre vers 11 h 40, une autre membre de No’j a été enlevée, alors qu’elle quittait son domicile, par des hommes circulant à bord d’un pick-up identique ou semblable à celui-ci et dont les plaques d’immatriculation montraient qu’il s’agissait d’un véhicule gouvernemental. Elle a été traînée sur le siège arrière par trois hommes portant des passe-montagnes et tenant des couteaux, qui lui ont demandé à plusieurs reprises : « Qu’est ce que tu mijotes ? » Ils lui ont plaqué le visage contre la vitre, puis ils l’ont poussée hors du véhicule, sans s’arrêter, environ 300 mètres plus loin.


Miguel Arturo Albizures est vice-président de l’association COMUNICARTE, une organisation de médias et de défense des droits humains qui a filmé la manifestation du 20 octobre. Le 30 octobre vers 20 heures, des hommes armés se déplaçant à bord d’une Honda Civic se sont arrêtés devant son domicile, à Guatémala. Ils sont entrés dans la cour et ont ouvert le feu sur sa maison. Une cinquantaine de balles de différents calibres ont par la suite été retrouvées sur les lieux. La seule personne qui se trouvait à l’intérieur était le fils de Miguel Arturo Albizures, âgé de seize ans, qui s’est mis à l’abri et n’a pas été blessé.


COMUNICARTE réalise des films sur la guerre civile qui a déchiré le Guatémala entre 1960 et 1996, ainsi que sur d’autres sujets liés aux droits humains dans ce pays, notamment des manifestations d’organisations guatémaltèques. Un certain nombre de ses vidéos montrant des exhumations de charniers dans lesquels des personnes ont été enterrées à la suite de massacres pendant ce conflit ont été présentées à titre de preuves devant des tribunaux et diffusées à la télévision.


En février 2007, les bureaux de COMUNICARTE et d’autres organisations guatémaltèques de défense des droits humains partageant les mêmes locaux ont été cambriolés. Toutes les bandes mères des documentaires réalisés par COMUNICARTE, des caméras, des projecteurs et de l’argent ont été volés, et des nœuds coulants ont été laissés sur les poignées de portes du bâtiment (voir l’action complémentaire sur l’AU 137/06, AMR 34/004/2007, 6 février 2007). L’enquête sur ces faits n’a visiblement pas progressé, et personne n’a été déféré à la justice.


INFORMATIONS GÉNÉRALES

Plus de 200 000 personnes, d’origine indigène pour la plupart, ont été victimes d’un homicide ou d’une disparition forcée pendant le conflit armé qui a déchiré le Guatémala. La grande majorité des auteurs présumés de ces exactions sont toujours en liberté.


ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre propre langue) :

- déclarez-vous inquiet pour la sécurité des membres de l’organisation étudiante No’j, de Miguel Arturo Albizures Pedrosa, de ses proches et de ses collègues de COMUNICARTE ;
- demandez qu’une enquête approfondie soit ouverte immédiatement sur les coups de feu tirés le 30 octobre sur le domicile de Miguel Arturo Albizures et sur l’enlèvement d’une membre de No’j le 25 octobre, que les résultats de ces investigations soient rendus publics et que les responsables présumés soient déférés à la justice ;

- exhortez les autorités à veiller à ce que des mesures efficaces et adaptées soient prises sans délai afin d’assurer la sécurité des membres de No’j, de Miguel Arturo Albizures, de ses proches et de ses collègues, conformément aux souhaits de ces personnes ;
- rappelez-leur que les défenseurs des droits humains sont en droit de mener leurs activités sans restriction ni crainte de représailles, comme le prévoit la Déclaration des Nations unies sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales universellement reconnus.


APPELS À :


Procureur général et responsable du ministère public :

Lic. José Amílcar Velásquez Zárate

Fiscal General de la República y Jefe del Ministerio Público

8ª Avenida 10-67, Zona 1, Antiguo Edificio del Banco de los Trabajadores,

Ciudad de Guatemala, Guatémala

Fax : +502 2411 9124

Formule d’appel : Estimado Sr. Fiscal General, / Monsieur le Procureur général,


Ministre de l’Intérieur :

Francisco José Jiménez Irungaray

Ministro de Gobernación

6ª Avenida 13-71, Zona 1,

Ciudad de Guatemala, Guatémala

Fax : +502 2413 8658

Formule d’appel : Estimado Sr. Ministro, / Monsieur le Ministre,


COPIES À :

Organisation locale de défense des droits humains :

COMUNICARTE

4 calle 4-63, Zona 1

Ciudad de Guatemala, Guatémala


ainsi qu’aux représentants diplomatiques du Guatémala dans votre pays.


PRIÈRE D’INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 18 DÉCEMBRE 2008, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S’IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.