Rapport 2012
La situation des droits humains dans le monde

Document - Guatémala. Craintes pour la sécurité. Juan Francisco Almira ; Manuel Antonio Aguita. Personne tuée : Felipe Álvarez


ACTION URGENTE

DOCUMENT PUBLIC Index AI : AMR 34/025/2007 – ÉFAI

11 décembre 2007


AU 329/07 Craintes pour la sécurité


GUATÉMALA

Juan Francisco Almira (h), président du Consejo Comunitario de Desarrollo (COCODES) en Microparcelamiento El Naranjo (Conseil communautaire de développement (COCODES) de Microparcelamiento El Naranjo)

Manuel Antonio Aguita (h), membre du COCODES


Personne tuée : Felipe Álvarez (h), membre du COCODES




Felipe Álvarez, membre d'une organisation communautaire de développement basée à Microparcelamiento El Naranjo, une communauté du département d'Escuintla (sud du Guatémala), a été tué le 8 décembre. Ces deux dernières années, deux autres membres de cette organisation ont été assassinés et ses membres menacés, manifestement en raison des efforts qu'elle met en œuvre pour améliorer la sécurité publique dans la communauté. Amnesty International pense que les deux derniers membres de cette organisation, Juan Francisco Almira et Manuel Antonio Aguita, sont gravement menacés.


Felipe Álvarez, membre du Consejo Comunitario de Desarrollo (COCODES, Conseil communautaire de développement) de la communauté de Microparcelamiento El Naranjo, a quitté son domicile d'El Naranjo très tôt, le 8 décembre, pour se rendre à vélo à la ferme où il travaillait. Des policiers ont retrouvé son corps vers 5 h 45 du matin, le jour même, sur le bord de la route, à une dizaine de kilomètres au sud de chez lui. Il avait une balle dans la tête et trois autres dans le dos.


Felipe Alvarez n'avait pas reçu de menaces directes avant son assassinat, mais il avait dit avoir été suivi à plusieurs reprises.


INFORMATIONS GÉNÉRALES

Les Consejos Comunitarios de Desarrollo (COCODES, Conseils communautaires de développement) sont des structures communautaires locales facilitant le travail des autorités municipales. Ils ont été légalement créés en 2002 en vertu de dispositions inscrites dans les accords de paix de 1996, afin de renforcer la démocratie et la participation au sein des communautés.


En 2004, le COCODES de Microparcelamiento El Naranjo a joué un rôle décisif dans l'obtention d'un accord visant à suspendre la vente d'alcool dans la communauté après 21 heures, afin de réduire la présence de gangs de rues ainsi que les violences. Un bar aurait refusé de s'y soumettre, même après qu'un juge municipal lui eût interdit de vendre de l'alcool. En novembre 2004, le propriétaire de cet établissement a été tué et trois policiers blessés, après que des membres du COCODES eurent averti la police d'atteintes à l'ordre public liées au bar en question. Le ministère public a par la suite engagé des poursuites contre les trois policiers et les cinq membres du COCODES. En octobre 2007, les débats ont été suspendus à la suite d'une plainte de l'avocat de la partie civile contre le tribunal.


En septembre 2005, Moisés Ajbal, membre du COCODES, a été tué par des individus non identifiés. En septembre 2006, Juan José Atz, alors président du COCODES, a lui aussi été supprimé. Avec la mort de Felipe Álvarez, seuls deux membres du COCODES sont encore en vie aujourd'hui.


ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre propre langue) :

- exhortez les autorités à prendre immédiatement des mesures efficaces pour garantir la sécurité de Juan Francisco Almira et Manuel Antonio Aguita, conformément à leurs souhaits ;

- priez-les de mener dans les plus brefs délais une enquête impartiale sur le meurtre de Felipe Álvarez et de traduire en justice les auteurs présumés ;

- rappelez aux autorités guatémaltèques qu'en vertu de la Déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l'homme et les libertés fondamentales universellement reconnus [ONU], les défenseurs des droits humains, y compris les responsables communautaires, sont en droit de poursuivre leurs activités sans restriction ni crainte de représailles.


APPELS À :

Président de la République du Guatémala :

Presidente de la República de Guatemala

Lic. Oscar Berger Perdomo

Casa Presidencial, 6ª Avenida, 4-18, Zona 1.

Ciudad de Guatemala, Guatémala

Fax : + 502 2383 8390

Courriers électroniques via son site Internet : www.scep.gob.gt/portalscep/index.php?option=com_contact&Itemid=3

Formule d'appel : Estimado Señor Presidente, / Monsieur le Président de la République,


Ministre de l'Intérieur :

Ministra de Gobernación

Adela Camacho de Torrebiarte

6ª Avenida 13-71, Zona 1,

Ciudad de Guatemala, Guatémala

Fax : + 502 2413 8658

Formule d'appel : Estimada Sra. Ministra, / Madame la Ministre,


Procureur général et responsable du ministère public :

Fiscal General de la República y Jefe del Ministerio Público

Lic. Juan Luis Florido

8ª Avenida 10-67, Zona 1, Antiguo Edificio del Banco de los Trabajadores,

Ciudad de Guatemala, Guatémala

Fax : + 502 2411 9124

+ 502 2411 9326

Formule d'appel : Estimado Fiscal General, / Monsieur le Procureur général,


COPIES À :

COCODES de Microparcelamiento El Naranjo

c/o Unidad de Protección de Defensoras y Defensores de Derechos Humanos

1ª calle 0-11, El Sauce, Zona 2

Ciudad de Guatemala, Guatémala

Fax : + 502 2232 2651

Courriers électroniques : udefegua@yahoo.com


ainsi qu'aux représentants diplomatiques du Guatémala dans votre pays.


PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 22 JANVIER 2008, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.