Document - Mexique. Craintes pour la sécurité. Luz Esthela Castro Rodríguez (f), et d'autres membres du Centro de Derechos Humanos de las Mujeres (CDHM)
ACTION URGENTE
DOCUMENT PUBLIC Index AI : AMR 41/025/2008 – ÉFAI
22 mai 2008
AU 136/08 Craintes pour la sécurité
MEXIQUE Luz Esthela Castro Rodríguez (f), 55 ans, militante des droits humains
et d'autres membres du Centro de Derechos Humanos de las Mujeres (CDHM, Centre des droits des femmes)
L
a militante des droits humains Luz Esthela Castro Rodríguez,
coordinatrice du Centro de Derechos Humanos de las Mujeres
(CDHM, Centre des droits des femmes) de la ville de Chihuahua, dans
le nord du Mexique, a été menacée de mort à deux reprises. Cette
femme est danger, de même que d'autres membres du personnel du
CDHM.
Le 14 mai, alors qu'elle animait une session de formation destinée à des femmes victimes de violences, Luz Esthela Castro a reçu deux appels sur son téléphone portable. Son correspondant l'a injuriée et menacée de mort, ainsi que ses collègues. « On va te faire la peau, connasse, et à ton centre des droits humains aussi », a-t-il dit notamment.
Luz Esthela Castro est également la cofondatrice de Justicia Para Nuestras Hijas (Justice pour nos filles), qui agit et fait campagne pour que justice soit rendue dans les affaires d'enlèvement de femmes intervenues dans l'État de Chihuahua. Le 13 mai, elle avait pris part à une manifestation organisée par ce mouvement à l'occasion du cinquième anniversaire de l'enlèvement et de la mort de Neyra Azucena Cervantes, une jeune fille tuée en 2003 alors qu'elle était âgée de dix-neuf ans (veuillez vous reporter au rapport d'Amnesty International intitulé Mettre un terme au cycle infernal de violence contre les femmes à Ciudad Juárez et Chihuahua (État de Chihuahua), index AI : AMR 41/011/2004). Elle avait par ailleurs proposé, lors d'une réunion sur les droits humains tenue le 27 avril, que soit lancée une campagne en vue de mettre un terme à l'intervention de l'armée dans les opérations de maintien de l'ordre dans l'État de Chihuahua.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
D'autres défenseurs des droits humains de l'État de Chihuahua ont été la cible ces derniers mois de menaces et d'actes de harcèlement. Certains ont fait l'objet de poursuites pénales arbitraires. Le 14 mars 2008, Armando Villareal Martha, qui militait pour la défense des droits des paysans locaux, a été tué par balles. À la connaissance d'Amnesty International, l'enquête ouverte dans cette affaire piétine. Deux autres défenseurs des droits humains bien connus dans la région, Carlos Chávez Quevedo et Cipriana Jurado Herrera, ont été arrêtés le 3 avril 2008, sous l'accusation d'avoir participé à une manifestation en 2005. Ils ont par la suite été remis en liberté sous caution. Des membres d'une autre organisation œuvrant pour que justice soit rendue dans les affaires de femmes enlevées et assassinées à Ciudad Juárez, Nuestras Hijas de Regreso a Casa (Puissent nos filles rentrer à la maison), ont eux aussi été menacés et harcelés en raison de leurs activités (voir l'AU 167/07, AMR 41/028/2007 du 28 juin 2007).
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre propre langue) :
- demandez qu'une enquête impartiale et approfondie soit menée dans les plus brefs délais sur les menaces reçues le 14 mai par Luz Esthela Castro Rodríguez, et que les responsables présumés de ces agissements soient déférés à la justice ;
- demandez aux autorités de prendre les mesures appropriées pour garantir la sécurité de Luz Esthela Castro Rodríguez et celle de ses collègues du Centro de Derechos Humanos de las Mujeres (Centre des droits des femmes) de Chihuahua, conformément à leurs souhaits ;
- exhortez les autorités à respecter les obligations qui sont les leurs au regard de la Déclaration des Nations unies sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l'homme et les libertés fondamentales universellement reconnus, qui proclame la légitimité des activités des défenseurs des droits humains et leur droit de mener celles-ci sans restriction ni crainte de représailles.
APPELS À :
Gouverneur de l'État de Chihuahua
Lic. José Reyes Baeza
Gobernador del Estado de Chihuahua
Palacio de Gobierno, piso 1
C. Aldama #901
Col. Centro, Chihuahua, C.P. 31000
Estado de Chihuahua, Mexique
Fax : +52 614 429 3300, poste 11066
Formule d'appel : Señor Gobernador, / Monsieur le Gouverneur,
Procureure générale de l'État de Chihuahua
Patricia González Rodríguez
Procuradora del Estado de Chihuahua
Procuraduría General de Justicia del Estado
Vicente Guerrero 616
Col. Centro, Chihuahua, C.P. 31000
Estado de Chihuahua, Mexique
Fax : +52 614 415 0314
Formule d'appel : Señora Procuradora / Madame la Procureure générale,
Ministre de l'Intérieur :
Lic. Juan Camilo Mouriño Terrazo
Secretaría de Gobernación
Bucareli 99, 1er. piso, Col. Juárez, Del. Cuauhtémoc, México D.F., C.P.06600, Mexique
Fax : +52 55 5093 3414
Formule d'appel : Señor Secretario, / Monsieur le Ministre,
Commission des droits humains de l'État de Chihuahua
Lic. Leopoldo González Baeza
Presidente de la Comisión Estatal de Derechos Humanos de Chihuahua
Calle Décima y Mina, 1000
Col. Centro, Chihuahua, C.P. 31000
Estado de Chihuahua, Mexique
Fax : +52 614 410 0828 (si une personne décroche, veuillez dire : « me da tono de fax, por favor »)
Formule d'appel : Señor Presidente, / Monsieur,
COPIES À :
Centro de Derechos Humanos de las Mujeres, A.C., Avenida Juárez #4107, col. Centro, Chihuahua, Chih., Mexique, Fax : 0052 614 415 4152
ainsi qu'aux représentants diplomatiques du Mexique dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 3 JUILLET 2008, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.