Document - Mexique. Craintes pour la sécurité. Moisés Molina Rodríguez ; José Reyes Aguilar ; Adenicio Reyna Cruz ; ainsi que les autres membres de la communauté d'Uruapilla et de l'Organisation paysanne indigène et populaire « Ricardo Flores Magón » (OCIP-RFM)
ACTION URGENTE
DOCUMENT PUBLIC Index AI : AMR 41/031/2008 – ÉFAI
11 juillet 2008
AU 200/08 Craintes pour la sécurité
Mexique Moisés Molina Rodríguez (h), 55 ans
José Reyes Aguilar (h)
Adenicio Reyna Cruz (h), 50 ans
ainsi que les autres membres de la communauté d'Uruapilla et de l'Organisation paysanne indigène et populaire « Ricardo Flores Magón » (OCIP-RFM)
P
lusieurs membres de la communauté d'Uruapilla, dans la municipalité
de Morelia (capitale de l'État du Michoacán), et de l'Organisation
paysanne indigène et populaire « Ricardo Flores Magón »
(OCIP-RFM), un groupe politique, ont été la cible de manœuvres
d'intimidation, d'enlèvements et d'agressions visant à les forcer à
quitter un terrain qui fait l'objet d'un litige. Les autres membres
de cette communauté et de l'OCIP-RFM risquent de subir encore des
attaques.
Les habitants d'Uruapilla utilisent le terrain concerné, nommé « Tabiquera La Loma », pour y fabriquer des briques. Selon des militants présents sur place, le 12 juin, un groupe d'hommes armés est entré au domicile de Moisés Molina Rodríguez, qui est la seule personne résidant sur ces terres. Ces hommes l'ont roué de coups, l'ont contraint à se mettre en sous-vêtements, lui ont bandé les yeux et l'ont forcé à marcher pendant plusieurs heures jusqu'à un autre lieu, probablement une cave, où il a été enchaîné et battu à maintes reprises. Il a été privé de nourriture pendant huit jours. Il a eu l'impression qu'au moins trois autres hommes étaient retenus prisonniers au même endroit. Ses ravisseurs, qu'il n'a pas pu identifier, l'ont interrogé plusieurs fois au sujet de son appartenance à l'OCIP-RFM, une organisation politique qui soutient les revendications de la communauté d'Uruapilla sur les terres concernées par le litige.
Moisés Molina Rodríguez a été relâché le 26 juin. Il était couvert d'ecchymoses et a reçu des soins médicaux pour plusieurs côtes fracturées. Il a été menacé de mort, ainsi que sa famille, s'il ne renonçait pas à ses revendications sur le terrain faisant l'objet du litige. Lorsque ses proches ont signalé à un fonctionnaire local responsable de la sécurité ce qui était arrivé, ce dernier n'a pas appelé la police et a soutenu que la communauté devait cesser de revendiquer ses droits sur ce terrain.
Le 18 juin, un groupe d'hommes armés est venu chez José Reyes Aguilar, également membre de la communauté d'Uruapilla et de l'OCIP-RFM. Ces intrus l'ont attaqué et, au cours de la bagarre qui s'en est suivie, il a reçu une balle dans la jambe. Il est toujours hospitalisé pour les graves blessures qu'il en a gardées.
Le 4 juillet, un autre membre de la communauté et de l'OCIP-RFM, Adenicio Reyna Cruz, a été enlevé. D'après son témoignage et celui de témoins oculaires, il a été emmené par un groupe d'hommes armés circulant à bord de deux 4 X 4 sans immatriculation. Adenicio Reyna Cruz a été relâché le lendemain. Il avait été battu et a dû être hospitalisé pour plusieurs côtes fracturées et un poumon perforé.
Selon certaines sources, les mêmes véhicules utilisés pour l'enlèvement d'Adenicio Reyna Cruz et l'agression de José Reyes Aguilar ont été vus à Uruapilla et aux alentours depuis ces deux événements. Les membres de cette communauté pensent que des militaires sont à l'origine de ces attaques. La présence de l'armée dans l'État du Michoacán est forte, étant donné que les autorités luttent énergiquement contre les réseaux de trafic de stupéfiants.
Des membres de l'OCIP-RFM ont porté plainte auprès des services du procureur général de l'État du Michoacán au sujet de ces attaques et ont demandé à être protégés. Cependant, les autorités n'ont encore pris aucune mesure destinée à assurer leur protection.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Les habitants d'Uruapilla affirment avoir hérité du droit d'utiliser le terrain nommé « Tabiquera La Loma », qui fait l'objet d'un litige. Depuis plusieurs années, une autre communauté conteste leurs revendications sur ces terres et tente de les intimider. Les membres de la communauté d'Uruapilla qui ont fait valoir leur droit d'utiliser ce terrain ont été victimes, à plusieurs reprises, de manœuvres d'intimidation et de procédures judiciaires reposant sur de fausses accusations. En 2007, un tribunal agraire (instance chargée de traiter les litiges fonciers) a statué contre les revendications de la communauté d'Uruapilla sur ces terres, mais aucune ordonnance d'expulsion n'a encore été émise.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre propre langue) :
- exhortez les autorités à assurer sans délai la protection des membres de la communauté d'Uruapilla et de l'OCIP-RFM, en prenant des mesures jugées adaptées par ces personnes ;
- demandez instamment l'ouverture d'une enquête sur les atteintes commises contre des membres de l'OCIP-RFM et de la communauté d'Uruapilla en juin et juillet ;
- priez les autorités d'enquêter sur la présence de groupes d'hommes armés non identifiés et de déterminer si ceux-ci sont liés aux forces de sécurité ou agissent avec leur complicité.
APPELS À :
Ministre de l'Intérieur :
Lic. Juan Camilo Mouriño Terrazo
Secretaría de Gobernación
Bucareli 99, 1er. piso, Col. Juárez, Del. Cuauhtémoc, México D.F., C.P. 06600, Mexique
Fax : +52 55 5093 3414
Courriers électroniques : secretario@segob.gob.mx
Formule d'appel : Señor Secretario, / Monsieur le Ministre,
Gouverneur de l'État du Michoacán :
Mtro. Leonel Godoy Rangel
Gobernador del Estado de Michoacán
Palacio de Gobierno, 1er. Patio planta alta, Av. Madero Poniente No. 63, Morelia, Mich., C.P. 58000, Mexique
Fax : +52 443 322 9000 − extension 5573
Formule d'appel : Señor Gobernador, / Monsieur le Gouverneur,
Procureur général de l'État du Michoacán :
Lic. Miguel García Hurtado
Periférico Independencia # 5000
Col. Sentimientos de la Nación, Morelia, Mich., C.P. 58170, Mexique
Fax : +52 443 299 6460
Courriers électroniques : contacto.pgje@michoacan.gob.mx
Formule d'appel : Señor Fiscal General, / Monsieur le Procureur général,
COPIES À :
Ligue mexicaine des droits
humains :
Liga Mexicana por la Defensa de los
Derechos Humanos A.C.
Calle Tehuiztitla 1era cerrada, No 44, Col. los Reyes, Del. Coyoacán, CP 04330 México Distrito Federal, Mexique
ainsi qu'aux représentants diplomatiques du Mexique dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 22 AOÛT 2008, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.