Rapport 2012
La situation des droits humains dans le monde

Document - Mexique. Un élève battu jusqu'à l'évanouissement. José Emiliano Nandayapa Gomez


AU 182/09, AMR 41/038/2009 – ÉFAI 8 juillet 2009


ACTION URGENTE

un ÉLÈve mexicain battu jusqu'À l'Évanouissement

José Emiliano Nandayapa Gomez, un élève de seize ans, a été battu jusqu'à l'évanouissement par des policiers de l'État du Chiapas, dans le sud du Mexique. Lorsqu'il a tenté de porter plainte, ses proches et lui ont été victimes de manœuvres d'intimidation, puis attaqués et poursuivis par la police. Ils risquent de subir de nouvelles mesures de rétorsion s'ils portent plainte.

Selon José Emiliano Nandayapa, il rentrait chez lui à pied le 27 juin à 2 heures du matin, dans la ville de San Cristóbal de las Casas, lorsqu'il a été soumis à une palpation par des agents de la police municipale dans le cadre d'un contrôle de routine. Quelques minutes plus tard, cinq autres agents de la police municipale l'ont forcé à monter à l'arrière d'un pick-up. Pendant environ une heure, trois policiers l'ont roué de coups de poing et de pied, lui ont marché sur le dos, la tête et les jambes. Les policiers ont déclaré : « Quelle belle coupe de cheveux subversive, la voilà ta révolution, sors les armes et la drogue. » Ils ont ajouté : « Si tu continues comme ça, tu ne seras plus là pour le raconter. » Ils lui ont ensuite donné des coups de pied au visage et il a perdu connaissance.


Lorsque ses proches et lui ont déposé plainte auprès du parquet local, le procureur leur a conseillé de se rendre au quartier général de la police afin d'identifier les auteurs. Selon eux, le chef de la police a refusé de les aider et les a insultés. Celui-ci et un autre agent ont tenté de faire entrer de force le père de José Emiliano Nandayapa dans une petite pièce. Au cours de la rixe qui a suivi, l'agent a donné un coup de poing au grand-père de José Emiliano Nandayapa et bousculé sa mère, qui est enceinte. Le 30 juin, José Emiliano Nandayapa et son père ont été interviewés sur une radio locale au sujet de cette affaire. Après cette interview, alors qu'ils marchaient dans un parc, ils ont été poursuivis par deux agents de la police municipale et ont dû se réfugier dans un hôpital situé à proximité. Lorsqu'ils sont allés signaler ces faits au parquet, le fonctionnaire qui les a reçus a tout d'abord refusé d'enregistrer leurs déclarations.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en espagnol ou dans votre propre langue) :

  • demandez que la sécurité de José Emiliano Nandayapa et de ses proches soit garantie, dans le respect de leurs souhaits, afin qu'ils puissent porter plainte sans crainte de représailles ;

  • appelez les autorités à diligenter immédiatement une enquête impartiale sur les actes de torture et les autres formes de mauvais traitements infligés à José Emiliano Nandayapa par des agents de la police municipale de San Cristóbal de las Casas le 27 juin, et à déférer sans délai les auteurs présumés à la justice ;

  • priez-les d'ordonner l'ouverture d'enquêtes efficaces et impartiales sur toutes les allégations de torture et d'autres mauvais traitements, de faire en sorte que les responsables présumés soient amenés à rendre des comptes et que les victimes obtiennent réparation.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 19 AOÛT 2009 À :

Gouverneur de l'État du Chiapas :

Lic. Juan José Sabines Guerrero

Gobernador del Estado de Chiapas

Palacio de Gobierno, 1º piso

Col. Centro, 29000

Tuxtla Gutiérrez, Chiapas, Mexique

Fax : +52 961 618 8050 poste 21122

Courriers électroniques : juansabines@chiapas.gob.mx

Formule d'appel : Señor Gobernador, / Monsieur le Gouverneur,


Procureur général de l'État du Chiapas :

Mtro. Raciel López Salazar

Procurador General de Justicia del Estado de Chiapas

Libramiento Norte y Rosa del Oriente, no. 2010 2010

Col. El Bosque, Tuxtla Gutiérrez, Chiapas

Mexique, CP 29049

Fax : +52 961 6165724

Courriers électroniques : raciel.lopez@mje.chiapas.gob.mx

Formule d'appel : Señor Procurador, / Monsieur le Procureur général,


Maire de San Cristóbal de las Casas ;

Mariano Díaz Ochoa

Palacio Municipal, Plaza 31 de marzo

San Cristóbal de las Casas, Chiapas, Mexique

Courriers électroniques : marianodiazochoa@sancristobal.gob.mx

Formule d'appel : Señor Presidente Municipal, / Monsieur le Maire,


Copies à : Organisation de défense des droits humains : Centro de Derechos Humanos Fray Bartolome de las Casas, Brasil 14, San Cristóbal de las Casas, Chiapas, Mexique Courriers électroniques : accionurgente@frayba.org.mx

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Mexique dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.


ACTION URGENTE

UN ÉLÈVE MEXICAIN BATTU JUSQU'À L'ÉVANOUISSEMENT

INFORMATIONS GÉNÉRALES

José Emiliano Nandayapa et son père ont participé à des représentations de théâtre de rue à San Cristóbal de las Casas. Ces spectacles critiquaient l'impunité et les politiques gouvernementales. José Emiliano Nandayapa appartient à un mouvement local de défense des droits des jeunes et affirme avoir été harcelé par la police en raison de ces activités.


Le 27 mai, un tagger a été tué par balle à San Cristóbal de las Casas par un agent d'une entreprise de sécurité privée. Cela s'est produit deux mois après que la municipalité a adopté une législation prévoyant de lourdes amendes pour les taggers et offrant une récompense en numéraire à toute personne qui contribuerait à l'arrestation de l'un d'entre eux. Des organisations locales de défense des droits humains ont indiqué que cela avait conduit au harcèlement injustifié de jeunes de la ville. Amnesty International continue à recueillir des éléments de preuve relatifs aux actes de torture et aux autres mauvais traitements commis dans différentes régions du pays par les polices fédérale, de l'État et surtout municipale. Les responsables présumés sont très rarement amenés à rendre des comptes.


AU 182/09, AMR 41/038/2009, 8 juillet 2009