Document - MEXIQUE. CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ. Alejandro Cruz López (h), membre des Organizaciones Indias por los Derechos Humanos en Oaxaca (OIDHO, Organisations indigènes de défense des droits humains de l'État d'Oaxaca); ainsi que les membres du syndicat d'
DOCUMENT PUBLIC AMR 41/040/2006 – ÉFAI
AU 218/06 CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ Londres, le 11 août 2006
MEXIQUE Alejandro Cruz López(h), membre des Organizaciones Indias por los Derechos Humanos en Oaxaca (OIDHO, Organisations indigènes de défense des droits humains de l’État d’Oaxaca)
ainsi que les membres du syndicat d’enseignants Sindicato Nacional de Trabajadores de la Educación (SNTE) du secteur (magisterial) d’Oaxaca
le personnel de Noticias, un journal local
et les membres de l’Asamblea Popular del Pueblo de Oaxaca (APPO, Assemblée populaire du peuple d’Oaxaca)
personne tuée : José Jiménez Colmenares, sympathisant de l’APPO

Des militants sociaux et des partisans d’une grève enseignante dans la ville d’Oaxaca ont récemment été la cible d’actes d’intimidation. Il s’agit notamment du leader indigène Alejandro Cruz López, des membres du groupe politique Asamblea Popular del Pueblo de Oaxaca (APPO, Assemblée populaire du peuple d’Oaxaca), ainsi que du personnel de Noticias, un journal local. Amnesty International est extrêmement préoccupée par la sécurité de ces personnes, d’autant qu’un sympathisant de l’APPO a été tué le 10 août.
José Jiménez Colmenares, sympathisant de l’APPO, aurait été tué le 10 août dans la ville d’Oaxaca. Selon les informations recueillies, cinq individus non identifiés ont tiré des coups de feu dans une rue où manifestaient des enseignants et des militants sociaux. Blessé, José Jiménez Colmenares est mort à l’hôpital. Deux autres personnes auraient été blessées.
Le 9 août, à un autre endroit, deux inconnus auraient pénétré avec des armes dans les bureaux de Noticias, un journal local, et ouvert le feu. Quatre membres du personnel auraient été blessés. Les deux hommes armés ont par ailleurs volé un ordinateur et de l’argent. Noticias est le seul journal d’Oaxaca à s’élever constamment contre la politique menée par le gouverneur de l’État, Ulises Ruíz, que de nombreux protestataires appellent à démissionner. Amnesty International a déjà lancé une Action urgente en faveur des membres du personnel de ce journal après que ceux-ci eurent été menacés (voir l’AU 175/04, AMR 41/021/2005 du 24 juin 2005 et sa mise à jour).
Aux premières heures de la matinée du 22 juillet, des inconnus auraient jeté chez Alejandro Cruz López trois cocktails Molotov à base de pétrole et de sucre. Alejandro Cruz López est le leader des Organizaciones Indias por los Derechos Humanos en Oaxaca (OIDHO, Organisations indigènes de défense des droits humains de l’État d’Oaxaca), basées dans la région. Des faits similaires auraient eu lieu dans les deux jours qui ont suivi contre au moins deux membres du syndicat d’enseignants Sindicato Nacional de Trabajadores de la Educación (SNTE) du secteur (magisterial) d’Oaxaca, en grève depuis mai.
Au cours des dernières semaines, les enseignants grévistes ont, avec le soutien de l’APPO, intensifié leur mouvement dans les rues d’Oaxaca et occupé des bâtiments des autorités de l’État. Ils occupent également les principaux bureaux de la télévision locale et de la station de radio Canal 9 depuis le 1er août.Le 14 juin, des étudiants partisans de l’APPO et favorables à la grève enseignante auraient occupé les bureaux de Radio Universidad, une station de radio de l’Universidad Autónoma Benito Juárez (Université autonome Benito Juárez) – université locale administrée par l’État. Le 22 juillet, une vingtaine d’individus armés auraient pénétré de force dans les locaux de la radio, le visage masqué. Ils auraient tiré plusieurs coups de feu, causant des dégâts matériels.
Amnesty International craint que de nouvelles opérations de police contre les manifestants ne donnent lieu à de graves violations des droits humains si elles ne sont pas conformes au principe de stricte proportionnalité dans le recours à la force inscrit dans certaines normes internationales relatives aux droits humains, comme les Principes de base sur le recours à la force et l'utilisation des armes à feu par les responsables de l'application des lois (ONU) ou le Code de conduite des Nations unies pour les responsables de l'application des lois.
Selon les informations reçues, le ministère public de l’État aurait décerné au moins 50 mandats d’arrêt contre des leaders du mouvement enseignant et contre des sympathisants de l’APPO, dont Alejandro Cruz López, auxquels il reproche d’avoir commis des actes illégaux lors des manifestations.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Les enseignants grévistes occupent la place principale d’Oaxaca et les rues voisines depuis le 22 mai, réclamant de meilleures conditions de travail et une augmentation de salaire. D’autres mouvements sociaux sont venus appuyer leurs revendications dans la ville. Les autorités ont menacé à plusieurs reprises de faire évacuer les grévistes afin de les renvoyer de force à leur poste et de préserver les intérêts commerciaux des magasins et des restaurants directement touchés par les manifestations, largement suivies, qui continuent de se dérouler dans les rues d’Oaxaca (voir l’AU 169/06, AMR 41/030/2006, du 14 juin et sa mise à jour).
Par le passé, Amnesty International a déjà relevé un certain nombre de cas où des policiers auraient eu recours à une force excessive pour évacuer et arrêter des manifestants qui protestaient dans les rues d’Oaxaca. Il semblerait que la police ait également inventé de toutes pièces des faits permettant d’inculper des manifestants, afin de dissuader la population de l’État d’organiser d’autres mouvements sociaux (voir l’AU 143/03, AMR 41/022/2003 du 21 mai 2003 et sa mise à jour).
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre propre langue) :
- déclarez-vous préoccupé par la mort de José Jiménez Colmenares, tué le 9 août à Oaxaca pendant les manifestations et grèves menées par le syndicat d’enseignants Sindicato Nacional de Trabajadores de la Educación (SNTE) du secteur (magisterial) d’Oaxaca ;
- priez les autorités de conduire une enquête indépendante et impartiale sur cet homicide, en vue de traduire en justice les responsables présumés ;
- dites-vous préoccupé par les actes d’intimidation dont auraient été la cible certains militants sociaux et partisans de la grève enseignante à Oaxaca ;
- priez les autorités de garantir la sécurité du leader indigène Alejandro Cruz López, des membres de l’Asamblea Popular del Pueblo de Oaxaca (APPO, Assemblée populaire du peuple d’Oaxaca), ainsi que du personnel de Noticias, un journal local, qui ont récemment été la cible d’attaques ;
- demandez-leur d’enquêter sur ces actes d’intimidation et de déférer à la justice les responsables présumés ;
- exhortez les autorités à veiller à ce que la police n’ait pas recours à une force excessive contre les enseignants grévistes et ceux qui les soutiennent, et à ce qu’elle se conforme aux Principes de base sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois et au Code de conduite des Nations unies pour les responsables de l’application des lois.
APPELS À :
Gouverneur de l’État d’Oaxaca :
Ulises Ruiz Ortiz
Gobernador del Estado de Oaxaca
Carretera Oaxaca, Puerto Angel, Km. 9.5
Santa María Coyotopec, C. P. 71254, Oaxaca, Oaxaca, Mexique
Fax : + 52 951 511 6879 (si une personne décroche, veuillez dire : « Tono de fax, por favor »)
Formule d’appel : Señor Gobernador, / Monsieur le Gouverneur,
Procureure générale de l’État d’Oaxaca :
Lic. Lizbeth Caña Calez
Procuradora del Estado de Oaxaca
Avenida Luis Echeverría s/n, La Experimental
San Antonio de la Cal, C. P. 71236, Oaxaca,
Oaxaca, Mexique
Fax : + 52 951 511 5519
Formule d’appel : Estimada Procuradora, / Madame le Procureur général,
Procureur général de la République :
Lic. Daniel Cabeza de Vaca
Procurador General de la República
Procuraduría General de la República
Reforma Cuauhtémoc esq.Violeta 75
Col. Guerrero, Delegación Cuauhtémoc
México D.F., C.P. 06 500, Mexique
Fax : + 525 55 346 0983 (si une personne vous répond, veuillez dire : « me da tono de fax por favor »)
Formule d’appel : Dear Attorney General, / Monsieur le Procureur général,
COPIES À :
Organisation de défense des droits humains d’Oaxaca :
Red Oaxaqueña de derechos humanos
Calle Crespo 524 Interior 4-E, Col. Centro
Oaxaca, Oaxaca, CP. 68000, Mexique
ainsi qu’aux représentants diplomatiques du Mexique dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 22 SEPTEMBRE 2006, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.
La version originale a
été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW,
Royaume-Uni.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions
Francophones d'Amnesty International - ÉFAI -
Vous pouvez consulter le site Internet des ÉFAI à l'adresse
suivante : http://www.efai.org