Document - Venezuela: Fear for safety/Possible extrajudicial executions
ACTION URGENTEi
DOCUMENT PUBLIC ÉFAI – 000269 – AMR 53/006/00
AU 111/00
Avertissement : Amnesty International défend des individus sans prendre position ni sur leurs idées
ni sur les organisations auxquelles ils pourraient adhérer.
CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ /
EXÉCUTIONS EXTRAJUDICIAIRES PROBABLES
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VÉNÉZUÉLA Craintes pour la sécurité : Personnes tuées : |
Donis Robert RAMÍREZ PIRONA Geralt Nazareht GARCÍA, 17 ans Guillermina del CARMEN COLMENARES (f) |
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Londres, le 8 mai 2000
Le 8 avril 2000, selon les informations reçues par Amnesty International, des policiers ont proféré des menaces de mort à l’encontre de Donis Robert Ramírez Pirona, qui les avait vus abattre Geralt Nazareht García. Guillermina del Carmen Colmenares, une femme qui avait, elle aussi, assisté à la scène, a été mortellement blessée par balle sur les lieux du drame.
Ce jour-là, alors que Donis Robert Ramírez Pirona se trouvait devant son domicile, dans le quartier Nuevo Horizonte de la capitale, Caracas, et s’entretenait avec Geralt Nazareht García, cinq membres de la Policía Metropolitana (police métropolitaine) se sont approchés des deux hommes et l’un des fonctionnaires a tiré un coup de feu en l’air. Geralt Nazareht García est parti en courant et les policiers ont ouvert le feu sur lui, le touchant dans le dos. Ils l’ont rattrapé dans la rue Araguaney et l’ont tué de plusieurs balles dans la tête, sous les yeux de Donis Robert Ramírez Pirona.
Des voisins ont entendu les coups de feu et ont regardé par la fenêtre. S’apercevant qu’ils étaient observés, les policiers ont ouvert le feu, blessant mortellement Guillermina del Carmen Colmenares.
D’autres policiers ont menotté Donis Robert Ramírez Pirona, l’ont fait monter dans une voiture et lui ont fait subir un traitement connu sous le nom de recorrido, qui consiste à retenir une personne captive dans un véhicule en mouvement et à tenter de l’intimider, notamment par des menaces de mort. Les fonctionnaires de police ont averti Donis Robert Ramírez Pirona que s’il signalait les homicides, ils le feraient « littéralement disparaître de la surface de la terre ». Avant de le laisser partir, les policiers l’ont prévenu qu’ils le surveilleraient.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Au fil des ans, Amnesty International a reçu des centaines de témoignages faisant état de violations des droits humains perpétrées par des membres des forces de sécurité vénézuéliennes, notamment d'exécutions extrajudiciaires. Les victimes de ces agissements sont pour la plupart des suspects de droit commun, des civils qui contestent les mesures gouvernementales et des habitants des bidonvilles ainsi que des barrios (quartiers pauvres des villes). Dans la grande majorité des cas, les responsables de ces violations flagrantes des droits humains ne sont pas traduits en justice.
En février 1999, le colonel Hugo Chávez Frías est devenu président du Vénézuéla. Son gouvernement, entré en fonctions sur fond de graves problèmes économiques et de corruption au sein de l'appareil d'État, a promis des changements radicaux, en particulier l'adoption de mesures destinées à faire respecter les droits humains. La nouvelle Constitution, qui est entrée en vigueur en décembre dernier, reconnaît notamment le droit de tout individu à la vie et à l'intégrité de sa personne.
Depuis que l'équipe du président Hugo Chávez est arrivée au pouvoir, Amnesty International a salué les déclarations officielles selon lesquelles l'État de droit et la protection des droits fondamentaux, en particulier la lutte contre l'impunité, constituaient des éléments centraux du programme du nouveau gouvernement. Néanmoins, l'Organisation a souligné que les engagements pris en matière de défense et de promotion des droits humains ne pourraient se concrétiser que si des mesures législatives et administratives, entre autres, étaient prises et si les autorités faisaient montre de la volonté politique nécessaire, tout en engageant les ressources indispensables à la réalisation de leurs objectifs. Elle doivent notamment veiller à ce que les victimes puissent porter plainte sans craindre de faire l'objet de représailles.
ACTION RECOMMANDÉE : télégramme / télex / lettre par avion / lettre exprès / fax (en espagnol ou dans votre propre langue) :
– dites-vous préoccupé par la sécurité de Donis Robert Ramírez Pirona et par les informations selon lesquelles Geralt Nazareht García et Guillermina del Carmen Colmenares ont été abattus par des membres de la Policía Metropolitana (police métropolitaine) le 8 avril 2000 ;
– demandez instamment que des mesures soient prises afin d’empêcher toute atteinte à l’intégrité physique de Donis Robert Ramírez Pirona, celui-ci ayant été menacé de mort par des membres de la police métropolitaine qu’il avait vus abattre Geralt Nazareht García dans le quartier de Nuevo Horizonte, à Caracas ;
– exhortez les autorités à ouvrir sans délai une enquête indépendante sur les menaces de mort formulées à l’encontre de cet homme et sur ces deux homicides, à rendre publiques les conclusions de ces investigations et à traduire les responsables en justice.
APPELS À :
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Président de la République : Coronel Hugo Chávez Frias Presidente de la República Boliviairiana de Venezuela Palacio de Miraflores Caracas, Venezuela Fax : 582 806 3102 Télex : 21161 MIRAF VC Formule d’appel : Estimado Presidente, / Monsieur le Président de la République, |
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Procureur général : Dr. Javier Elechiguerra Fiscal General de la República Fiscalía General de la República Parque Carabobo, Av. Universidad Caracas, Vénézuéla Fax : 582 577 2144 (Si un correspondant vous répond, demandez : « Por favor, me da tono de fax. ») / 582 576 4419 Formule d'appel : Estimado Fiscal General, / Monsieur le Procureur général, |
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COPIES À :
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Organisation de défense des droits humains : Red de Apoyo para la Justicia y la Paz Apartado Postal 17.476 Parque Central Caracas 1015-A Vénézuéla |
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ainsi qu'aux représentants diplomatiques du Vénézuéla dans votre pays. |
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PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
APRÈS LE 18 JUIN 2000, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.
ia version originale a été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni. Seule la version anglaise fait foi.
La version française a été traduite et diffusée par les Éditions Francophones d'Amnesty International - éfai -