Document - Afghanistan: Journalist detained, risks torture or death: Nasto Naderi
AU 120/12, ASA 11/008/2012 – Afghanistan 30 avril 2012 Date: 14 January 2011
ACTION URGENTE
UN JOURNALISTE DÉTENU RISQUE LA TORTURE, VOIRE LA MORT
Le journaliste de télévision afghan Nasto Naderi est détenu sans inculpation depuis le 21 avril, date à laquelle il a été convoqué au parquet général pour y être interrogé au sujet d ' une émission controversée. Il risque fort la torture, voire la mort.
Nasto Naderi travaille pour Noorin TV à Kaboul, la capitale afghane. Il anime l'émission Salaam to my homeland, qui révèle des affaires de corruption et de criminalité et soulève d'autres questions sujettes à controverse dans lesquelles sont souvent impliqués des personnalités de premier plan du gouvernement et des députés.
Le directeur de la chaîne a indiqué à Amnesty International que le procureur général avait convoqué Nasto Naderi le 21 avril pour l'interroger à la suite de la diffusion d'une émission critiquant le maire de Kaboul. Arrêté à son bureau, ce journaliste est incarcéré sans inculpation depuis lors au centre de détention de Kaboul. Il est privé d'avocat et n'a pas pu comparaître devant un tribunal.
Nasto Naderi a peut-être été arrêté et placé en détention uniquement pour avoir dénoncé, dans son émission, des faits de corruption dans le cadre de l'adjudication, par la municipalité de Kaboul, de marchés pour la construction de routes.
Aux termes de la législation afghane qui régit les médias, cet homme aurait dû d'abord faire l'objet d'investigations de la Commission d'enquête sur les violations commises par les médias et non du parquet général s'il est soupçonné d'infractions liées aux médias.
Sur le plan juridique, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel l'Afghanistan est partie, contraint cet État à protéger et à respecter le droit à la liberté d'expression. L'arrestation arbitraire de Nasto Naderi, qui n'a fait qu'exprimer ses opinions de manière pacifique, va clairement à l'encontre de ces obligations.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en anglais, en dari, en pachto ou dans votre propre langue :
exprimez votre inquiétude quant au fait que Nasto Naderi est détenu arbitrairement depuis le 21 avril, sans inculpation ni assistance juridique ;
appelez les autorités à respecter la liberté d'expression et à libérer immédiatement cet homme, à moins qu'il ne soit inculpé d'une infraction reconnue par le droit international et placé en détention provisoire par un tribunal indépendant ;
demandez-leur de diligenter une enquête indépendante sur les éventuels abus de pouvoir du procureur général concernant l'arrestation et la détention de Nasto Naderi ;
exhortez-les à respecter et protéger le droit à la liberté d'expression, qui a connu des améliorations non négligeables depuis la chute du régime taliban.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 11 JUIN 2012 À :
Président
H.E. Hamid Karzai
Office of the President
Gulkhana Palace
Pashtunistan Square
Kabul, Afghanistan
Courriel : hussain.rahimi@gmail.com
Formule d ' appel : Your Excellency, / Monsieur le Président,
Ministre de l'Information et de la Culture
Sayed Makhdum Raheen
Ministry of Information and Culture
Pul-e Bagh Ommomi
Office of the Minister
Kabul, Afghanistan
Courriel : Z.nawabi2007@gmail.com
Formule d ' appel : Dear Minister, / Monsieur le Ministre,
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de l ' Afghanistan dans votre pays (adresse(s) à compléter) :
Nom(s), adresse(s), n° de fax ; courriel ; formule d'appel.
Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
ACTION URGENTE
UN JOURNALISTE DÉTENU RISQUE LA TORTURE, VOIRE LA MORT
COMPLÉMENT D ' INFORMATION
Bien que la liberté d'expression ait progressé depuis la chute du régime taliban, en 2001, les journalistes sont toujours victimes de violences, de manœuvres d'intimidation et d'attaques mortelles parce qu'ils exercent leur droit à la liberté d'expression.
Des journalistes ont été arrêtés arbitrairement, enlevés, battus ou tués dans des attaques motivées par des considérations politiques et imputables tant aux forces gouvernementales qu'à des groupes insurgés. La Direction nationale de la sécurité (DNS) et le Conseil des oulémas (dignitaires religieux) ont engagé des procédures pénales contre des journalistes et d'autres personnes qui avaient abordé, par écrit ou oralement, des questions considérées comme représentant une menace pour la sécurité nationale ou jugées « blasphématoires ».
Dans les zones contrôlées par les talibans et d'autres groupes armés, les journalistes étaient empêchés de rendre compte de la situation ; ils étaient en butte à des attaques physiques fréquentes.
Le gouvernement n'a pas mené d'enquêtes exhaustives sur les attaques visant des journalistes, des défenseurs des droits humains et d'autres personnes exerçant pacifiquement leur droit à la liberté d'expression, ni engagé de poursuites contre les responsables présumés de ces agissements.
Hojatullah Mujadedi, directeur de la radio Kapisa FM, basée dans le nord-est de Kaboul, a été incarcéré quatre mois au centre de détention de la DNS, à Kaboul. Accusé d'avoir été complice des talibans, il a été libéré le 18 janvier 2011. Avant son arrestation, cet homme avait, semble-t-il, été menacé à la fois par le gouverneur et des agents de la DNS. Hojatullah Mujadedi a expliqué à Reporters sans frontières qu'il avait été convoqué à plusieurs reprises par la DNS pour subir un interrogatoire. On lui a demandé de remplir un « formulaire d'accord de coopération » et de fournir des informations sur ses contacts.
AU 120/12, ASA 11/008/2012, 30 avril 2012