Rapport 2012
La situation des droits humains dans le monde

Document - Indonésie. Craintes d'exécution imminente. Achmad Suradji

ACTION URGENTE


DOCUMENT PUBLIC Index AI : ASA 21/010/2008 – ÉFAI

4 juillet 2008


Action complémentaire sur l'AU 27/08 (ASA 21/002/2008, 25 janvier 2008) – Craintes d'exécution imminente

IndonÉsie Achmad Suradji (h)



Selon des informations diffusées dans les médias indonésiens, les représentants du ministère public prévoient d'exécuter cinq prisonniers en juillet, et le premier d'entre eux serait Achmad Suradji. Cet homme a été condamné à mort le 27 avril 1998 pour les meurtres de 42 femmes et jeunes filles dont les corps ont été retrouvés enterrés dans un champ situé près de sa maison à Semayang, un village de la province de Sumatra-Nord.


Les autorités indonésiennes ont repris les exécutions le 26 juin, après quatorze mois de répit, en fusillant Samuel Iwachekwu Okoye et Hansen Anthony Nwaliosa, deux ressortissants nigérians reconnus coupables d'infractions liées au trafic de stupéfiants. Elles ont exprimé publiquement leur intention d'ôter la vie à 57 condamnés à mort emprisonnés depuis longtemps qui ont épuisé toutes leurs voies de recours.


D'après l'agence de presse indonésienne Antara, le procureur général adjoint chargé des affaires pénales, Abdul Hakim Ritonga, a déclaré que les cinq exécutions prévues ce mois-ci auraient lieu dès que les services du procureur général les auraient notifiées aux prisonniers concernés. Cependant, un porte-parole du ministère public de la province de Sumatra-Nord a indiqué que les préparatifs de l'exécution d'Achmad Suradji étaient déjà en cours.


Achmad Suradji était un sorcier connu et respecté que de nombreuses femmes de la région venaient consulter sur des questions d'argent, de santé et d'amour. Il a été arrêté le 2 mai 1997, lorsque les proches d'une jeune fille qui lui avait rendu visite ont commencé à s'inquiéter de ce qu'elle ne rentre pas chez elle. La police a par la suite exhumé les restes de 42 femmes et jeunes filles autour de la propriété d'Achmad Suradji. Selon les informations recueillies, toutes avaient été étranglées par Achmad Suradji entre 1986 et 1997.


En décembre 2007, le président Susilo Bambang Yudhoyono a rejeté le recours en grâce présenté par Achmad Suradji devant lui. Ce dernier est détenu à la prison de Tandjung Gusta, à Medan (province de Sumatra-Nord), où son exécution aura probablement lieu.


INFORMATIONS GÉNÉRALES

En Indonésie, les condamnés à mort sont passés par les armes. Ils ont le choix entre la position debout ou assise, ainsi qu'entre avoir les yeux bandés ou la tête couverte. Les pelotons d'exécution sont composés de 12 personnes, dont six utilisent des armes à balles réelles, tandis que les fusils des six autres contiennent des cartouches à blanc. Ils tirent sur le condamné à une distance de cinq à dix mètres.

À la connaissance d'Amnesty International, au moins 110 personnes seraient sous le coup d'une condamnation à mort en Indonésie. Onze d'entre elles ont été reconnues coupables et condamnées à la peine capitale en 2007.


Amnesty International reconnaît la nécessité de lutter contre les crimes graves, notamment le meurtre, mais elle est convaincue que la peine capitale n'y apporte pas de solution. Il n'a jamais été clairement prouvé qu'elle ait sur la criminalité un effet plus dissuasif que les autres châtiments. Amnesty International s'oppose sans réserve à la peine de mort, quelles que soient les circonstances, et soutient la tendance mondiale contre le recours à ce châtiment. Celle-ci a été exprimée avec force le 18 décembre 2007 dans la résolution de l'Assemblée générale des Nations unies appelant à un moratoire mondial sur les exécutions. À ce jour, 135 pays ont aboli la peine capitale en droit ou en pratique.

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En 2006, l'Indonésie a ratifié le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), qui dispose : « Le droit à la vie est inhérent à la personne humaine. » Cependant, les autorités indonésiennes n'ont pas autorisé la ratification du Deuxième Protocole facultatif au PIDCP, qui vise à abolir la peine de mort.


ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en bahasa indonesia, en anglais ou dans votre propre langue) :

- demandez instamment que les préparatifs de l'exécution d'Achmad Suradji soient interrompus immédiatement et que sa peine soit commuée ;

- exhortez les autorités indonésiennes à revenir sur leur intention exprimée d'exécuter cinq personnes ce mois-ci et à suspendre les exécutions prévues de 57 condamnés à mort emprisonnés depuis longtemps ;

- dites reconnaître la nécessité pour l'Indonésie de lutter contre les crimes graves, mais rappelez qu'il n'a jamais été clairement prouvé que la peine capitale avait un effet plus dissuasif que les autres châtiments ;

- priez instamment les autorités de commuer toutes les condamnations à mort prononcées en Indonésie, dans la mesure où la peine capitale constitue une violation du plus fondamental des droits humains : le droit à la vie ;

- invitez les autorités à signer et à ratifier le Deuxième Protocole facultatif au PIDCP et à s'engager à œuvrer en faveur de l'abolition de la peine de mort.


APPELS À :

Président de la République :

President Susilo Bambang Yudhoyono, Istana Merdeka, Jakarta Pusat 10110, Indonésie

Fax : + 62 21 345 2685

+ 62 21 526 8726

Formule d'appel : Dear President, / Monsieur le Président,


Procureur général :

Mr. Hendarman Supandji, Jl. Sultan Hasanuddin No. 1, Kebayoran Baru, Jakarta, Indonésie

Fax : + 62 21 725 0213

Formule d'appel : Dear Attorney General, / Monsieur le Procureur général,

COPIES À :

Directeur de la prison de Tandjung Gusta :
Mr. Yon Suharyono, Head of Tandjung Gusta Prison, Medan City, Jalan. Pemasyarakatan Tanjung Gusta, Medan 20125, North Sumatra Province, Indonésie

Formule d'appel : Dear Mr Suharyono, / Monsieur,


Gouverneur de Sumatra-Nord :

Mr. Syamsul Arifin SE, Jl. P. Negero No 30, Medan, Sumatra Utara, Indonésie

Fax : +62 061 4520111

Formule d'appel : Dear Governor, / Monsieur le Gouverneur,


ainsi qu'aux représentants diplomatiques de l'Indonésie dans votre pays.


PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.