Document - Indonesie: Le prix de la stabité
AMNESTY INTERNATIONAL ÉFAI
Index AI : ASA 21/12/98
DOCUMENT EXTERNE
Londres, 25 février 1998
INDONÉSIE
Le prix de la stabilité
Avis au lecteur
Ce texte n'a pas été traduit dans son intégralité car les événements récents rendaient obsolète la première partie du document anglais
Liberté d’association
L’attention portée par les médias internationaux à la crise indonésienne s’est focalisée sur les violentes émeutes qui ont éclaté dans tout le pays. Or la plupart de ces informations ont passé sous silence l’ampleur de la répression exercée par le gouvernement à l’encontre des personnes qui ont lancé des appels pacifiques en faveur de réformes politiques. Quelque 250 militants politiques pacifiques ont été arrêtés au cours des dernières semaines, dont 150 au moins ont été inculpés d’infractions pénales pour avoir critiqué la gestion de la crise économique par le gouvernement, ou pour avoir demandé que l’élection présidentielle soit ouverte à d’autres candidats que le président Suharto, voire même que ce dernier renonce à briguer un nouveau mandat.
Le gouvernement s’empêtre de plus en plus dans une crise politique et économique, et cherche à attribuer la responsabilité des troubles à certains groupes qu’il se garde de nommer. Le 10 février, le chef des forces armées aurait déclaré : « Cette fièvre politique galopante ne résulte pas seulement des menées politiques de certains groupes d’intérêts, mais aussi des agissements de certains groupes qui tentent de profiter de la situation actuelle et de l’aggraver »1. Le président Suharto a appelé les militaires à « faire preuve de sévérité » vis-à-vis des personnes considérées comme ayant contrevenu à la loi, affirmant que « certains groupes » exploitaient la crise économique pour déstabiliser le gouvernement. Le 12 février, le président aurait déclaré : « Nous pouvons avoir des divergences d’opinion (...) et nous pouvons exprimer notre pensée. Mais nous ne pouvons les laisser invoquer la démocratie et la liberté pour exprimer leurs opinions et tirer ensuite avantage de leurs méthodes destructrices et illégales »2.
De telles affirmations n’ont rien d’inhabituel de la part des autorités : elles sont fidèles à la manière dont le gouvernement de l’Ordre nouveau a stigmatisé la dissidence politique au cours des trente dernières années. D’invariables « menaces contre la stabilité nationale » servent à justifier l’interdiction de la dissidence non violente et les lourdes sanctions infligées aux individus et aux groupes qui tentent de poursuivre des activités politiques parfaitement pacifiques.
La semaine dernière sont apparus des signes encore plus probants indiquant que les autorités étaient prêtes à durcir davantage encore la répression. Un récent article de presse a affirmé que les forces de sécurité indonésiennes se sont vu accorder des pouvoirs et des moyens supplémentaires pour surveiller les opposants politiques : elles peuvent à présent placer les communications téléphoniques sur écoute et couper les conversations jugées « politiques »3. Le même article citait des policiers qui auraient confirmé avoir « renforcé leur surveillance des personnes susceptibles d’avoir des conversations téléphoniques à caractère politique ». La police de Djakarta aurait déclaré : « Nous avons placé certaines lignes sur écoute afin de trouver ces personnes irresponsables » ; elle aurait également « intensifié » sa coopération avec l’entreprise nationale de télécommunications afin de détecter l’origine des appels. Cette mesure a été critiquée par des avocats défenseurs des droits fondamentaux, ainsi que par Marzuki Darusman, vice-président de la Komisi Nasional Hak Asasi Manusia (Komnas HAM), (Commission nationale des droits humains), qui a affirmé : « Le recours à [des écoutes téléphoniques] par les autorités devrait se limiter à la prévention de la délinquance. Ne l’utilisez pas comme un moyen d’ingérence dans les affaires politiques ».4
Le 22 février, le gouvernement a annoncé que les manifestations de rue seraient interdites sur l’ensemble du territoire pendant une période de vingt-cinq jours s’étendant jusqu’à la semaine suivant l’élection présidentielle. Le 16 février, le chef de la police de Djakarta avait déclaré que les forces de sécurité séviraient contre les manifestants considérés comme politiques, affirmant que la police agirait en vertu d’une loi de 1969 pour punir les personnes se livrant à des activités politiques. La Loi 5/PNPS/1969 avait d’abord été promulguée sous forme de décret présidentiel en 1963. À l’instar de la Loi contre la subversion, elle définit en termes vagues ce qui constitue une infraction et punit d’une peine d’emprisonnement de cinq ans les personnes prenant part à des manifestations « politiques ».
Contrairement aux Haatzaai Artikelen (articles relatifs à la propagation de la haine) – promulgués sous le régime colonial hollandais, et fréquemment utilisés contre des manifestants pacifiques accusés de propager des sentiments de « haine » envers le gouvernement – la Loi 5/PNPS/1969 permet aux autorités d’emprisonner quiconque a simplement pris part à des activités politiques jugées inacceptables. Cinq militants qui ont manifesté pacifiquement à Djakarta le 11 février pour protester contre le chômage, la hausse des prix et la corruption, seraient aujourd’hui poursuivis en vertu de cette loi.
Parmi les autres personnes menacées d’emprisonnement figurent des membres d’une alliance non gouvernementale qui appuie d’autres candidats à l’élection présidentielle. Un groupe s’est formé pour soutenir la coalition qui unit Megawati Sukarnoputri, dirigeante évincée du Partai Demokrasi Indonesia (PDI, Parti démocrate indonésien), et Amien Rais, chef de file de l’organisation musulmane Muhammadiyah. Cette alliance rassemble, sous le nom de Solidarité indonésienne pour Amien Rais et Megawati (SIAGA), divers groupes militant en faveur de la démocratie et des droits humains, au nombre desquels figure l’organisation Aliansi Demokrasi Rakyat (Aldera, Alliance démocratique populaire). Les membres d’Aldera ont été particulièrement visés par les autorités au cours de la récente vague d’arrestations de défenseurs de la démocratie.
Le 7 février, sept membres d’Aldera ont été arrêtés devant une mosquée de Bogor (Java occidental) alors qu’ils distribuaient des copies d’un discours de Megawati Sukarnoputri. L’un d’eux affirme avoir été battu au cours de son arrestation. Tout le groupe a été remis en liberté le lendemain, mais quatre personnes, Herlan Artono, Abdi, Robert et Wahyu ont été accusées, aux termes de l’article 154 du Code pénal, d’avoir « exprimé des sentiments de haine » envers le gouvernement et doivent actuellement se présenter à la police deux fois par semaine. Le 12 février, aux alentours de minuit, dix-sept membres d’Aldera ont été interpellés au cours d’une descente effectuée par les autorités dans le bureau de l’organisation à Bogor. Le 9 février, six autres membres d’Aldera avaient été arrêtés à Bandung. Ces vingt-trois personnes ont ensuite été relâchées, mais Amnesty International est préoccupée par le fait que les autorités prennent ce groupe pour cible en incarcérant ses membres pour de courtes durées, et par l’inculpation de quatre d’entre eux ; s’ils étaient reconnus coupables, ils seraient considérés comme des prisonniers d’opinion.
Dans d’autres circonstances, les forces de sécurité semblent avoir recouru à la détention au secret de militants politiques pacifiques. Amnesty International s’inquiète de ce retour à des pratiques employées en 1996 lors de la répression qui s’était abattue sur la dissidence pacifique : des opposants avaient été détenus par les militaires, sans que leur détention soit reconnue, et sans pouvoir entrer en contact avec leur famille ou un avocat. Deux militants, Pius Lustrilanang et Desmond Mahesa, sont portés disparus et l’on craint qu’ils n’aient été interpellés par les forces de sécurité au début du mois de février ; à ce jour, les recherches menées par leur famille et leurs amis n’ont pas permis de les localiser. Le concours de la Komnas HAM a été sollicité pour tenter de retrouver les deux hommes dont on est sans nouvelles, et des avocats de Djakarta spécialisés dans la défense des droits fondamentaux ont également participé aux recherches. Pius Lustrilanang, âgé de vingt-neuf ans, militant étudiant et secrétaire général d’Aldera, est porté disparu depuis le 4 février 1998, jour où ses amis ont essayé de le contacter chez lui et chez ses parents, après qu’il ne se fut pas présenté à un rendez-vous. Desmond J. Mahesa, trente-trois ans, directeur de la Lembaga Bantuan Hukum Nusantara (LBH, Institut d’aide juridictionnelle) de Djakarta, a été vu pour la dernière fois le 3 février. La veille, huit officiers des services de renseignements de l’armée lui auraient rendu visite dans son bureau.
L’inquiétude suscitée par les “disparitions” de Pius Lustrilanang et de Desmond Mahesa, dont on craint qu’ils ne soient détenus par les militaires, a été ravivée par la récente confirmation de la détention au secret par les militaires de cinq militants étudiants de Garut (Java occidental), arrêtés par des hommes en civil dans la nuit du 16 au 17 février. Ils ont été incarcérés pendant trois jours et soumis à des actes de torture et à des mauvais traitements. Le 16 février, aux environs de 22 heures 30, les cinq étudiants, Mahmud Yunus, Agus Rully Ardiansyah, Cepi Kunaefi, Tanto Sugianto et Muhamad Iqbal, ont été interpellés au secrétariat d’une organisation non gouvernementale, le Forum Pemuda Pelajar Mahasiswa Garut (Forum de la jeunesse et des étudiants de Garut, FPPMG), par un groupe de policiers et de militaires. Ils ont étés arrêtés sans mandat et conduits au Komando Distrik Militer (KODIM, commandement militaire de district) de Garut. À leur arrivée au KODIM, selon les affirmations d’avocats défenseurs des droits humains, les cinq étudiants ont été placés dans des pièces séparées et interrogés. Au cours de leur interrogatoire, ils ont été obligés de se déshabiller et ont été frappés à coups de pied, de bâton et de crosse de revolver. L’un d’eux a été plongé dans l’eau et battu pendant environ une demi-heure ; les cheveux d’un autre étudiant ont été brûlés avec des cigarettes. Tous les cinq ont été remis à la police le 18 février et relâchés le lendemain. Lors du raid effectué dans le bureau de l’organisation étudiante, les militaires ont confisqué du matériel, notamment informatique.
Les arrestations récentes indiquent un durcissement de la politique gouvernementale, qui se traduit par des manœuvres d’intimidation, des arrestations et des sanctions judiciaires à l’encontre des militants pacifiques en faveur de la démocratie et des droits fondamentaux en Indonésie. Ces pratiques rappellent les violations de droits humains commises en Indonésie pendant la période précédant les élections législatives de 1997, au cours de laquelle au moins 40 militants politiques avaient été arrêtés. Nombre de ces personnes avaient préconisé le boycottage des élections5. Sri Bintang Pamungkas, ancien député du Parlement indonésien, avait été interpellé en mars 1997 après avoir envoyé des cartes de vœux appelant au boycottage et au rejet de la candidature du président Suharto à l’élection présidentielle de 1998. Il est actuellement jugé pour subversion. Avant son arrestation, Sri Bintang Pamungkas et d’autres partisans de la démocratie avaient fondé un nouveau parti politique, le Partai Uni Demokrasi Indonesia (PUDI, Parti démocratique unifié d’Indonésie). Plusieurs autres membres du parti ont également été arrêtés, dont cinq membres de la section de Malang (Java oriental) interpellés en janvier 1998. Ils ont été remis en liberté après avoir passé un jour en garde à vue, mais deux d’entre eux font toujours l’objet d’une inculpation pénale. D’autres personnes ont été arrêtées pour s’être présentées comme candidats à l’élection présidentielle. Wimanjaya Liotohe, écrivain et partisan de la démocratie, qui s’était présenté comme candidat à la vice-présidence pour les élections de 1998, a été arrêté en septembre 1997. Il comparaît actuellement devant un tribunal sous l’inculpation « d’offense » au président, aux termes de l’article 134 du Code pénal indonésien.
Un autre groupe de militants, constitué de trente cinq enfants qui travaillent et de quinze militants, a été détenu à Djakarta le 13 février pour avoir, selon les autorités, troublé l’ordre public, à la suite d’une manifestation contre le travail des enfants. Ce groupe, connu sous le nom de Comité indonésien pour la « Marche mondiale contre le travail des enfants », a été arrêté alors qu’il faisait un sit-in dans le parc du ministère du Travail à Djakarta6. Deux militants se sont présentés au commissariat plus tard dans la journée après avoir été informés des arrestations ; ils ont également été placés en garde à vue. Les cinquante personnes ont été détenues jusqu’au lendemain. Les enfants ont été remis en liberté sans condition, mais les quinze militants auraient été menacés d’être inculpés aux termes de l’article 217 du Code pénal. Celui-ci prévoit une peine maximale de trois semaines d’emprisonnement en cas de refus d’obéissance à l’ordre d’évacuer un lieu public.
Émeutes et dispositifs antiémeutes
Au cours du dernier mois, l’Indonésie a été submergée par la vague des émeutes, qui ont impliqué un nombre croissant de personnes et se sont propagées sur l’ensemble du territoire. Comme les conséquences de la crise économique se font de plus en plus sentir, les émeutes vont probablement se poursuivre. L’agitation sociale déjà gagné des territoires aussi éloignés que les îles Flores, Sumatra et Sulawesi. Amnesty International est préoccupée par le fait que les forces de sécurité indonésiennes – dont les effectifs augmenteront si la crise se prolonge – pourraient avoir davantage recours à une force excessive pour réprimer les émeutes. Ces dernières années, des unités d’élite de la police antiémeutes ont été déployées pour maîtriser l’agitation et les manifestations. Ces unités ont elles-mêmes fait un usage excessif de la force, mais l’ampleur actuelle des troubles laisse supposer que la police et les troupes régulières de l’armée seront appelées en renfort, augmentant ainsi le risque de voir la population être victime de violations des droits fondamentaux.
Alors que les forces de sécurité avaient d’abord semblé faire preuve d’une relative modération face aux manifestations de colère, cinq personnes au moins auraient été abattues et quinze autres blessées, le week-end des 14 et 15 février, lorsque les forces de sécurité ont ouvert le feu sur les émeutiers. À Brebes (Java central), neuf personnes ont été blessées par balle pendant les émeutes ; deux d’entre elles auraient succombé à leurs blessures. Deux personnes auraient été abattues et neuf autres blessées par balle au cours des troubles qui ont éclaté sur l’île de Lombok. Les circonstances dans lesquelles ces événements se sont produits demeurent obscures ; cependant, Amnesty International estime qu’il convient de veiller plus attentivement à ce que les forces de sécurité agissent conformément aux normes internationales en matière d’usage de la force face aux émeutes. Les déclarations officielles approuvant le durcissement des réactions des forces de sécurité ne font que renforcer ces inquiétudes. Le 16 février, la police de la province de Java oriental a annoncé qu’elle tirerait à vue sur les émeutiers « jugés dangereux »7.
Les forces armées indonésiennes (connues sous le sigle ABRI) n’étant pas soumises à l’obligation de rendre des comptes, les enquêtes impartiales et exhaustives sur les morts et les blessés à la suite des interventions des forces de sécurité lors de manifestations ou d’émeutes sont rares, sinon inexistantes. Par ailleurs, comme l’accès à de nombreuses régions est interdit aux observateurs chargés de veiller aux respect des droits humains et aux journalistes, il est souvent impossible de surveiller le comportement des forces de sécurité.
Nombre de pays étrangers, notamment la Grande-Bretagne et l’Allemagne, ont fourni aux forces de sécurité indonésiennes des équipements antiémeutes et des instructeurs spécialisés. Ces dernières années, en réponse aux inquiétudes soulevées par les violations des droits humains, les gouvernements étrangers ont affirmé que les autorités indonésiennes montraient davantage de modération dans leurs méthodes de répression des émeutes, grâce notamment aux équipements et aux instructeurs provenant de l’étranger. Amnesty International s’inquiète de ce que les autorités continuent d’avoir fréquemment recours à une force excessive, aussi bien face aux manifestations pacifiques que face aux émeutes. L’Organisation considère qu’il est de la responsabilité de tous les gouvernements ayant autorisé la vente de matériel militaire en Indonésie de contrôler l’usage qui en est fait, et de s’assurer qu’il est conforme aux engagements internationaux en matière de droits humains. Les gouvernements ayant envoyé des instructeurs pour entraîner les forces de sécurité doivent également garantir que la formation dispensée ne contribue pas aux violations des droits fondamentaux.
Les Indonésiens d’origine chinoise
Les Indonésiens d’origine chinoise représentent moins de 4% de la population. La plupart sont venus s’installer pour faire du commerce, et dès le 19e siècle, ont constitué une florissante communauté d’affaires. Pendant l’occupation hollandaise, les Chinois, tout en travaillant comme percepteurs pour les colons, ont poursuivi leurs activités commerciales, renforçant ainsi leur position de communauté isolée et prospère. De nos jours, les Indonésiens d’origine chinoise sont victimes de politiques discriminatoires qui leur interdisent de parler leur langue maternelle, d’exercer des fonctions dans l’armée ou au sein du gouvernement et posent des conditions restrictives à leur entrée dans les universités publiques. Sous le gouvernement de l’Ordre nouveau, ils ont dominé l’activité économique indonésienne au point d’en contrôler, selon certaines sources, environ 70% aujourd’hui. Contrairement à la plupart des autres communautés d’origine chinoise vivant dans des pays de la région, les Indonésiens d’origine chinoise forment une communauté nettement séparée.
Tout au long de l’histoire de l’Indonésie, les Indonésiens d’origine chinoise ont été la cible d’attaques, y compris de la part des Européens pendant la période coloniale. Ils ont également été particulièrement visés durant les tueries qui ont suivi le coup d’État militaire de 1965. Depuis 1996, les Indonésiens d’origine chinoise sont de nouveau pris pour cibles par les émeutiers. Si les manifestations de colère sont en grande partie provoquées par la hausse des prix, ce sont les entreprises et les commerces appartenant aux Indonésiens d’origine chinoise, ainsi que les églises chrétiennes, qui essuient le plus fort des violences. À ce jour, aucun Indonésien d’origine chinoise n’a été tué par des émeutiers.
Le gouvernement indonésien a l’obligation de garantir à tous les citoyens – sans distinction de race ni d’origine ethnique – le droit à la sécurité physique et la protection de l’État contre la violence, qu’elle émane des autorités ou d’autres individus ou groupes. Amnesty International craint que le gouvernement ne prenne pas les mesures nécessaires pour assurer la protection des Indonésiens d’origine chinoise, et que certains dirigeants du pays n’attisent la discrimination dont ils font l’objet.
En janvier, les autorités indonésiennes ont lancé une campagne de soutien de la devise du pays. Cette opération, baptisée « J’aime la roupie », a concentré ses critiques sur les entreprises et les individus supposés avoir changé des roupies pour des dollars américains, ou envoyé de l’argent à l’étranger. Dans le cadre de cette croisade, le chef des forces armées a déclaré que les entreprises familiales appartenant à des Indonésiens d’origine chinoise avaient expédié de l’argent à l’étranger ; il a demandé aux propriétaires de conglomérats – terme utilisé pour désigner les grandes entreprises chinoises – de retourner les quelque 80 milliards de dollars envoyés, selon l’armée, à l’étranger8. C’est dans ce contexte que treize importants hommes d’affaires auraient reçu des « appels téléphoniques menaçants » émanant de militaires9. Le chef des forces armées aurait également rencontré des journalistes et des rédacteurs en chef indonésiens et leur aurait conseillé d’écrire des articles critiquant les Indonésiens d’origine chinoise10. D’autres officiers se sont livrés à des commentaires qui semblaient viser la communauté d’affaires d’origine chinoise. Au cours d’une réunion qui s’est tenue dans l’une des plus grandes mosquées de Djakarta, le général de corps d’armée Syarwan Hamid aurait affirmé que l’Indonésie devait « purger » l’économie de ses « rats ». Il aurait également déclaré : « Ces rats ont emporté les fruits de notre développement national et travaillent pour leurs propres intérêts [...] Ne croyez pas que le peuple ignore qui sont ces rats. Il est temps d’éliminer ces rats »11.
Figure en vue de la communauté d’origine chinoise, Sofyan Wanandi s’est insurgé contre les critiques implicites de la campagne « J’aime la roupie » qui visent les entreprises appartenant à des Indonésiens d’origine chinoise, et a refusé de changer des dollars en roupies, affirmant qu’il en avait besoin pour payer les dettes de son entreprise. Depuis, les militaires l’ont accusé d’être impliqué dans un attentat à la bombe perpétré en janvier à Djakarta ; selon les autorités, l’attentat a été commis par des membres de l’organisation politique interdite Partai Rakyat Demokratik (PRD, Parti démocratique du peuple). Rien n’indique que Sofyan Wanandi soit lié au PRD, et nombreux sont ceux qui pensent que cette accusation constitue une manœuvre destinée à le discréditer.
Sofyan Wanandi a également été pris pour cible par la foule lors de manifestations organisées devant le Centre d’études stratégiques et internationales (CESI) qu’il dirige avec son frère Jusuf Wanandi. Le CESI, groupe de réflexion étroitement lié au gouvernement de l’Ordre nouveau mais souvent perçu comme étant dominé par des Indonésiens d’origine chinoise et des catholiques, s’est depuis peu montré plus critique à l’égard des autorités. À la suite des accusations lancées par les militaires contre Sofyan Wanandi, une série de manifestations dirigées contre lui-même et contre le CESI se sont déroulées. Le 26 janvier, une centaine d’étudiants sont arrivés à bord de deux autobus spécialement affrétés pour manifester devant le CESI. Ils ont réclamé la dissolution du groupe, ont reproché aux frères Wanandi d’être responsables de la crise économique et ont demandé que Sofyan Wanandi comparaisse devant la justice. Le lendemain, des manifestants se sont à nouveau rassemblés devant le CESI. Des jeunes ont également manifesté devant les bureaux d’un magazine, Media Indonesia, qui avait publié un éditorial suggérant que les allégations contre Sofyan Wanandi étaient une invention des militaires. Le 4 février, d’autres manifestations se sont tenues devant le Parlement indonésien pour réclamer de nouveau la fermeture du CESI et le jugement des frères Wanandi. Selon certaines sources, ces manifestations n’avaient rien de spontané. Sofyan Wanandi a déjà été interrogé deux fois par les militaires. Son frère, également accusé par l’armée d’être lié au PRD, a été interrogé le 13 février. Par ailleurs, le rédacteur en chef de Media Indonesia, responsable de la publication de l’éditorial évoqué plus haut, a été convoqué à un interrogatoire.
Les militaires ont nié l’existence d’une campagne incitant à la discrimination contre les Indonésiens d’origine chinoise, et ont affirmé qu’ils ne pratiquaient aucune discrimination à l’égard de cette communauté lors de la répression des émeutes. Parallèlement, les Indonésiens d’origine chinoise sont toujours la cible d’attaques de la foule, et vivent de ce fait dans la peur. Certains ont fait part de leur préoccupation au sujet du degré de protection qu’ils peuvent attendre des forces de sécurité. Un Indonésien d’origine chinoise réfugié en Australie aurait déclaré : « Si nous étions attaqués, la police et l’armée tarderaient à nous porter secours afin de permettre aux autochtones de laisser libre cours à leur colère »12. Alors que des Indonésiens d’origine chinoise ont parfois cherché et trouvé asile dans des bases de l’armée, les militaires semblent dans d’autres circonstances n’avoir pris que peu de mesures, voire aucune, pour empêcher la foule d’attaquer les entreprises appartenant à des Indonésiens d’origine chinoise. Le 15 février, un journaliste de la British Broadcasting Corporation (BBC) a rapporté qu’à Pamanukan (Java occidental), des témoins ont vu les forces de sécurité rester en arrière lorsque des émeutiers ont attaqué des commerces tenus par des Indonésiens d’origine chinoise. Selon des informations datant du 16 février, la police et l’armée de Cirebon (Java occidental) n’ont pas davantage empêché les gens de piller les magasins chinois qui avaient été incendiés13. Un analyste a affirmé, au sujet de la manière dont les forces de sécurité réagissent aux attaques lancées par la foule : « les militaires ou les policiers locaux interviennent souvent trop tard, probablement parce qu’ils sont mal équipés, qu’ils pourraient avoir des ennuis s’ils tuaient des gens, et que de toute façon il est impopulaire de protéger les Chinois. Cela constitue une négligence grave, même si elle n’est pas forcément intentionnelle »14. L’organisation non gouvernementale américaine Human Rights Watch/Asia a fait chorus dans un rapport sur les émeutes dirigées contre les Chinois.
Amnesty International considère que le gouvernement indonésien pourrait prendre des mesures susceptibles de contribuer à mettre fin aux attaques dont sont victimes les Indonésiens d’origine chinoise, notamment :
◦ élaborer une politique claire pour assurer la protection des groupes vulnérables, notamment les Indonésiens d’origine chinoise, contre les menaces et les attaques visant leur sécurité physique et psychologique ;
◦ déclarer clairement et publiquement qu’il s’engage à protéger les minorités et condamner tous les actes de violence commis à l’encontre de membres de minorités ethniques ;
◦ garantir aux Indonésiens d’origine chinoise une protection adéquate contre les attaques et les menaces émanant de la communauté indonésienne dans le contexte des émeutes.
Recommandations
Amnesty International appelle le gouvernement indonésien à :
◦ lever l’interdiction frappant les manifestations pacifiques sur tout le territoire et permettre aux Indonésiens d’exercer leurs droits à la liberté d’expression, de réunion et d’association ;
◦ remettre en liberté immédiatement et sans condition toutes les personnes incarcérées pour avoir exprimé leurs opinions de manière non violente ;
◦ cesser d’avoir recours à une législation répressive, notamment à la Loi contre la subversion, aux Haatzaai Artikelen (articles relatifs à la propagation de la haine) et à la Loi 5/1969 contre les militants pacifiques ;
◦ permettre à tout détenu d’entrer immédiatement en contact avec les avocats de son choix, les membres de sa famille et du personnel médical ;
◦ garantir que les personnes incarcérées ne sont pas détenues au secret et ne sont pas soumises à des actes de torture ou à des mauvais traitements ;
◦ donner immédiatement aux forces de sécurité l’ordre d’agir conformément aux normes internationales en matière d’usage de la force face à des émeutes,
◦ fournir aux observateurs locaux et étrangers des droits humains un libre accès à tout le territoire d’Indonésie et du Timor oriental.
Amnesty International appelle également les gouvernements étrangers à user de leur influence sur les autorités indonésiennes, et à faire part de ces préoccupations, notamment au cours de rencontres multilatérales tels que le sommet Asie-Europe (ASEM) qui se tiendra à Londres en avril 1998. Amnesty International pense que les gouvernements qui ont autorisé la vente d’armes à l’Indonésie ont en outre la responsabilité d’obtenir des autorités indonésiennes l’assurance que ce matériel ne sert pas à commettre des violations des droits fondamentaux.
Arrestations de militants liées à l’ élection présidentiel de mars 1998
Nom, date et lieu de l’arrestation
Circonstances de l’arrestation
Situation actuelle vis-à-vis de la loi
Wimanjaya Liotohe,
arrêté en septembre 1997
Arrêté le 24 septembre 1997 après avoir fait part de son intention de se présenter comme candidat à la vice-présidence aux élections de mars 1998, et publié un pamphlet critiquant le président Suharto.
Comparaît actuellement devant le tribunal du district sud de Djakarta sous l’inculpation « d’offense » au président aux termes des articles 134, 136 et 137 du Code pénal.
5 membres du PUDI,
arrêtés le 19 janvier 1998
à Malang (Java oriental)
5 personnes – Nurussulah Nawawi, Moh. Faiqh, Riko Fariza Adityatama, Lila Martasari et Dedi Suprapto – ont été arrêtées lors d’un raid effectué par la police et l’armée dans le bureau du PUDI à Malang. Elles ont été détenues pendant environ vingt-sept heures et relâchées après avoir refusé de signer des dépositions préétablies en l’absence de leurs avocats.
3 d’entre elles ont été remises en liberté sans inculpation. Les deux autres – Nurussulah Nawawi et Moh. Faiqh – ont été inculpées en vertu de l’article 510 pour avoir organisé une réunion sans autorisation préalable, et soumises à un contrôle judiciaire. Il semble que le contrôle judiciaire ait pris fin, et on ne sait pas avec certitude si la police engagera des poursuites judiciaires.
Desmond Mahesa,
peut-être arrêté le 3 février 1998
Militant en faveur de la démocratie et directeur de Lembaga Bantuan Hukum Nusantara (Institut d’aide juridictionnelle) de Djakarta, vu pour la dernière fois le 3 février. La veille, huit officiers des services de renseignements de l’armée lui auraient rendu visite dans son bureau.
Inconnue.
Pius Lustrilanang,
peut-être arrêté le 4 février 1998
Militant de l’organisation Aliansi Demokrasi Rakyat (Aldera, Alliance démocratique populaire). Vu pour la dernière fois le 4 février ; serait détenu par les militaires.
Inconnue.
7 militants,
arrêtés le 7 février 1998 à Bogor
7 militants étudiants d’Aldera, Herlan Artono, Robert, Feri Hamzah, Wahyu, Abel, Imral et Abdi, ont été arrêtés aux alentours de 16 heures lors d’une manifestation devant une mosquée de Bogor, au cours de laquelle ils distribuaient des copies d’un discours de Megawati Sukarnoputri, dirigeante évincée du PDI. Ils ont été placés en garde à vue, puis relâchés le 8 février. Robert affirme avoir subi des mauvais traitements, notamment avoir été frappé lors de son arrestation.
4 d’entre eux – Herlan Artono, Abdi, Robert et Wahyu – sont poursuivis pour avoir « exprimé des sentiments de haine » envers le gouvernement, aux termes de l’article 154 du Code pénal, et doivent se présenter à la police deux fois par semaine.
6 militants, arrêtés le 9 février 1998 à Bandung
6 militants d’Aldera détenus pendant une journée à Bandung.
Auraient été remis en liberté sous 24 heures sans inculpation.
Militant (nom inconnu),
arrêté le 10 février 1998
à Sukabumi
Militant arrêté le 10 février après avoir été trouvé en possession de 30 exemplaires d’un discours de Megawati Sukarnoputri, dirigeante évincée du PDI.
Relâché au bout d’une journée.
34 manifestants étudiants,
arrêtés le 11 février 1998
à Palu (Sulawesi)
34 étudiants et jeunes gens arrêtés lors d’une marche partant du campus d’une université vers le parlement régional de Palu. Une pierre a été lancée contre les forces de sécurité, mais on ne sait pas avec certitude si ce sont les étudiants. Les policiers de la brigade mobile et les soldats du KODIM ont tiré des coups de feu de sommation. De nombreux manifestants ont été frappés, notamment à coups de pied, lors de leur arrestation. Au moins un étudiant a dû se faire poser des points de suture. Les personnes arrêtées ont été placées en garde à vue. Plus tard dans l’après-midi, des policiers en civil se sont rendus au siège d’une ONG locale, Yayasan Tanah Merdeka, et ont interpellé un étudiant en droit, Agus Faisal. La police aurait également arrêté un autre militant au bureau de la Yayasan Bantuan Hukum Bantaya, organisation locale d’aide juridictionnelle.
Auraient été relâchés le 12 février. On ne sait pas avec certitude si certains font l’objet de poursuites judiciaires.
146 militants
en faveur de la démocratie,
arrêtés le 11 février 1998
à Djakarta
146 personnes militant en faveur de la démocratie au sein d’un groupe connu sous le nom de Barisan Merah Putih (Front rouge et blanc) ont été arrêtées alors qu’elles organisaient une marche de protestation à Djakarta. Selon les informations reçues, ces arrestations se sont accompagnées de passages à tabac. L’une des femmes qui ont été emmenées a affirmé qu’elle ne participait pas à la manifestation mais tenait un éventaire de nourriture tout proche. Elle a néanmoins été placée en garde à vue ainsi que son enfant âgé de trois ans.
Environ 18 militants auraient été jugés aux termes de l’article 510 du Code pénal qui sanctionne d’une peine de deux semaines d’emprisonnement les personnes qui organisent des marches sans autorisation préalable. Tous ont été remis en liberté. 128 personnes seraient toujours détenues à Djakarta. Cinq risquent d’être poursuivies en vertu de la Loi 5/PNPS/1969, qui prévoit une peine de cinq ans d’emprisonnement. Les 123 autres détenus pourraient être inculpés aux termes des articles 217 et 218 du Code pénal, qui prévoient des peines d’emprisonnement d’une durée de trois semaines à quatre mois et demi en cas de refus d’obéissance à l’ordre d’évacuer un lieu public.
17 militants étudiants,
arrêtés le 12 février 1998
à Bogor
17 membres d’Aldera : Adi, Herlan Artono, Made, Ucok, Ferry Batubara, Feri Hamzah, E’eng, Kodir, Dedi, Michel, Eko, Robert, Robby, Kimung Mulyadi, Herly Moenara, Doni et Imral (parmi eux figurent les quatre membres d’Aldera déjà placés en garde à vue lors des arrestations effectuées à Bogor le 7 février). Ils ont été interpellés par la police dans leur bureau, peu après minuit. Les policiers leur ont demandé si la réunion que, selon eux, les étudiants s’apprêtaient à tenir, avait été autorisée. Les militants ont répondu qu’il ne s’agissait pas d’une réunion, mais ont néanmoins été interpellés. Les policiers ne leur ont présenté aucun mandat d’arrêt, et ont confisqué des objets sans montrer les documents prévus à cet effet par le Kitab Undang-Undang Hukum Acara Pidana (KUHAP, Code de procédure pénale).
Tous relâchés sous 24 heures.
3 étudiants,
arrêtés le 13 février 1998
à Bandung
3 militants étudiants – Juandi R., Dianto Bachriadi et Azwar Zulkarnaen – arrêtés à Bandung (Java occidental), pendant un contrôle de routine de la circulation. Ils ont été emmenés en garde à vue lorsque la police a découvert des documents en faveur de la démocratie dans leur voiture. Ils ont pu entrer en contact avec un avocat seulement après que des avocats défenseurs des droits humains eurent protesté auprès des policiers.
Dianto Bachriadi et Azwar Zulkarnaen ont été libérés sans inculpation. Juandi R. est poursuivi pour avoir « exprimé des sentiments de haine » envers le gouvernement en vertu de l’article 154 du Code pénal. Les deux premiers ont été cités comme témoins par les policiers dans l’enquête menée sur Juandi R.
Environ 50 militants
et enfants qui travaillent,
arrêtés le 13 février 1998
à Djakarta
Environ 35 enfants qui travaillent et 15 militants ont été arrêtés à Djakarta à la suite d’une manifestation organisée par un groupe connu sous le nom de « Marche internationale contre le travail des enfants ». Au nombre des militants figurent Aris Merdeka et Netty.
Selon les informations, les enfants ont été remis en liberté dans l’après-midi du 14 février, et les quinze militants plus tard dans la soirée. Au cours de leur interrogatoire, les 15 militants ont été menacés d’être poursuivis en vertu de l’article 217 du Code pénal qui prévoit une peine maximale de trois semaines d’emprisonnement en cas de refus d’obéissance à l’ordre d’évacuer un lieu public.
5 militants étudiants,
arrêtés le 16 février 1998
à Garut (Java occidental)
5 étudiants membres du Forum Pemuda Pelajar Mahasiswa Garut (Forum de la jeunesse et des étudiants de Garut) – Mahmud Yunus, Agus Rully Ardiyansyah, Cepi Kunaefi, Tanto Sugianto et Muhamad Iqbal – ont été arrêtés à 22 h 30 par des policiers et des soldats du KODIM de Garut. Ils ont été détenus au KODIM jusqu’à leur transfert en garde à vue le 18 février aux alentours de 2 heures du matin. Pendant leur interrogatoire, les militaires les auraient maltraités et ne leur auraient pas permis de voir un avocat. Les étudiants ont été remis en liberté le 19 février. Du matériel, notamment informatique, a été confisqué dans leur bureau.
Relâchés mais doivent se présenter à la police deux fois par semaine. On ne sait pas s’ils ont été inculpés.
3 manifestantes,
arrêtées le 23 février 1998
à Djakarta
3 femmes – Dr. Karlina Leksono Supeli, Gadis Arivia Effendi et Wilasih Noviana – membres du groupe Suara Ibu Peduli (La voix des mères inquiètes) ont été emmenées en garde à vue à la suite d’une manifestation organisée à Djakarta pour protester contre la hausse des prix.
Relâchées le 24 février après avoir passé une nuit en garde à vue.
La version originale en langue anglaise de ce document a été publiée par Amnesty International, Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 8DJ, Royaume-Uni, sous le titre Indonesia: Paying The Price For "Stability". Seule la version anglaise fait foi.
La version française a été traduite et diffusée aux sections francophones et au Secrétariat international par LES ÉDITIONS FRANCOPHONES D'AMNESTY INTERNATIONAL - ÉFAI - mai 1998.
Pour toute information complémentaire veuillez vous adresser à :
11. AFP, 10 février 1998.
22. AFP, 12 février 1998.
33. Jakarta Post, 13 février 1998.
44. Jakarta Post, 14 février 1998.
55. Pour de plus amples informations sur les arrestations au cours de la période précédant les élections législatives, veuillez vous reporter au document d’Amnesty International intitulé : Indonesia : No Room for Dissent - the 1997 Parliamentary Elections : A Media Briefing (mai 1997, Index AI : ASA 21/29/97) [Indonésie. Pas de place pour la dissidence - Élections législatives de 1997 : Informations aux médias]
66. Ce groupe fait partie d’une organisation internationale, la « Marche mondiale contre le travail des enfants » ; celle-ci a traversé d’autres pays du Sud-Est asiatique, notamment le Viêt-Nam, les Philippines, la Thaïlande et le Cambodge.
77. AFP, 16 février 1998.
88. Sydney Morning Herald, 27 janvier et 16 février 1998.
99. Far Eastern Economic Review, 19 février 1998.
1010. Sydney Morning Herald, 16 février 1998.
1111. American reporter, février 1998.
1212. Far Eastern Economic Review, 19 février 1998.
1313. Sydney Morning Herald, 16 février 1998.
1414. Digest, n●52, février 1998.