Rapport 2012
La situation des droits humains dans le monde

Document - Pakistans Fear for safety for the Ahmadiyya community

ACTION URGENTEi

DOCUMENT PUBLIC ÉFAI – 000732 – ASA 33/017/00
AU 352/00

Avertissement : Amnesty International défend des individus sans prendre position ni sur leurs idées
ni sur les organisations auxquelles ils pourraient adhérer


CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ



PAKISTAN

La communauté ahmadiyya

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Londres, le 14 novembre 2000


Amnesty International craint que la communauté ahmadiyya, une minorité religieuse du Pakistan, ne soit de nouveau la cible de violentes attaques, dix ahmadis ayant été victimes d’homicides dans la province du Pendjab ces deux dernières semaines.


Tôt dans la matinée du 30 octobre, des inconnus armés ont tiré sur des membres de la communauté ahmadiyya, à Ghatialian, un village aux environs de Sialkot (province du Pendjab), alors que ces fidèles sortaient de la mosquée, après la prière. Cinq d’entre eux ont été tués, dont un adolescent de seize ans. Dix autres ont été blessés. À la connaissance d’Amnesty International, cette attaque n’a été suivie d’aucune arrestation.


Le 10 novembre, cinq autres ahmadis, dont deux enfants, ont été tués alors qu’ils se trouvaient dans leur mosquée, à Sargodha. Aux petites heures du matin, un mollah (dignitaire religieux) a conduit à travers les rues une foule criant des slogans hostiles à la communauté ahmadiyya. Lorsque le cortège est arrivé à proximité de la mosquée des ahmadis, les fidèles qui s’étaient réfugiés à l’intérieur de cet édifice ont appelé la police et demandé sa protection. Les manifestants ont forcé la porte de la mosquée et ont attaqué quatre ahmadis, les tuant et mutilant leur corps au moyen de haches. Ils ont ensuite saccagé le bâtiment et l’ont incendié. Au nombre des blessés se trouvait un adolescent de quatorze ans, qui a succombé par la suite à ses blessures. La police est arrivée sur les lieux après les événements.


Ces attaques sont intervenues alors que ces villages connaissaient depuis des mois des tensions relatives à des questions religieuses. Les autorités locales et la police n’avaient pris aucune mesure pour protéger les ahmadis ni pour empêcher que de tels drames ne surviennent.


Amnesty International a exhorté les gouvernements successifs du Pakistan à abroger les lois qui érigent en crimes des actes relevant de l’exercice du droit à la liberté de religion. L’organisation de défense des droits fondamentaux a également engagé les autorités pakistanaises à protéger les ahmadis contre les attaques dont ils sont la cible, à veiller à ce que les homicides dont sont victimes des membres de la communauté ahmadiyya fassent l’objet d’enquêtes, et à déférer à la justice les auteurs présumés de tels agissements. Le mouvement de protection des droits humains craint que les pouvoirs publics, en persistant à ne pas ouvrir d’enquêtes sur les attaques et les homicides dont les minorités religieuses sont victimes, n’encouragent les auteurs des tels agissements à commettre de nouvelles atteintes aux droits fondamentaux des membres de ces groupes.


INFORMATIONS GÉNÉRALES

Au Pakistan, les ahmadis sont tenus pour hérétiques par les musulmans orthodoxes, mais se considèrent eux-mêmes comme des musulmans. Les membres de la communauté ahmadiyya ont été déclarés non musulmans en 1974, et en vertu de plusieurs lois adoptées ultérieurement, ceux qui professent, pratiquent ou propagent leur foi se rendent coupables d'une infraction pénale. Des dizaines d’ahmadis ont été inculpés aux termes de dispositions du Code pénal pakistanais qui sanctionnent des infractions à caractère religieux, se voyant notamment reprocher d’avoir appelé à la prière, propagé leur foi ou donné à leur lieu de culte le nom de « mosquée ». Plusieurs ahmadis ont été inculpés de blasphème, crime qui, aux termes de l’article 295-C du Code pénal, est passible de la peine capitale. Depuis le début de l’année, dans le seul district de Sialkot, des poursuites pénales ont été engagées sur la base de chefs d’inculpation d’ordre religieux contre 23 ahmadis.


Ces sept dernières années, une vingtaine d’ahmadis ont été tués ; lorsque ces meurtres ont été suivis d’enquêtes, celles-ci ont traîné en longueur, et aucun des auteurs présumés n’a été traduit en justice.


ACTION RECOMMANDÉE : télégramme / télex / fax / lettre par avion / aérogramme (en anglais ou dans votre propre langue) :

– exhortez les autorités pakistanaises à prendre des mesures sans délai en vue de protéger les membres de la communauté ahmadiyya contre de nouvelles attaques ;

– demandez instamment que des enquêtes exhaustives soient menées sur toutes les attaques et tous les homicides dont des membres de la communauté ahmadiyya ont été la cible, et que les auteurs présumés de ces agissements soient déférés à la justice ;

– priez instamment les autorités d’abroger toutes les lois qui érigent en crimes des actes relevant de l’exercice du droit à la liberté de religion.


APPELS À :

N.B : Les lignes de fax peuvent se révéler difficiles à obtenir. Merci de persévérer dans vos efforts.

Directeur du Conseil national de sécurité :

General Pervez Musharraf

Chief Executive

National Security Council

General Block, Pakistan Secretariat

Islamabad, Pakistan

Télégrammes : General Pervez Musharraf, Islamabad, Pakistan

Fax : 92 51 922 4768

Formule d'appel : Dear Chief Executive, / Mon Général, (si vous êtes un homme) Général (si vous êtes une femme)


Ministre de l’Intérieur :

Lt. Gen. (Retd.) Moin-ud-din Haider

Minister for Interior, Narcotics Control and Capital

Administration and Development Decisions

Ministry of Interior and Narcotics

Control Block R, Pakistan Secretariat

Islamabad, Pakistan

Fax : 92 51 9213780

Formule d'appel : Dear Minister, / Monsieur le Ministre,


COPIES aux représentants diplomatiques du Pakistan dans votre pays.



PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
APRÈS LE 26 DÉCEMBRE 2000, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.

iLa version originale a été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni. Seule la version anglaise fait foi.
La version française a été traduite et diffusée par les Éditions Francophones d'Amnesty International - éfai -