Rapport 2012
La situation des droits humains dans le monde

Document - Solomon Islands: Fear for safety - Matthew Wale and Julian Treadaway.

ACTION URGENTEi

DOCUMENT PUBLIC ÉFAI – 000601 – ASA 43/008/00
AU 282/00

Avertissement : Amnesty International défend des individus sans prendre position ni sur leurs idées
ni sur les organisations auxquelles ils pourraient adhérer.


CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ


SALOMON

Matthew Wale
Julian Treadaway, universitaire

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Londres, le 13 septembre 2000


Des hommes armés ont menacé et attaqué des personnalités ayant demandé que la société civile puisse jouer un rôle actif dans le processus de paix engagé aux îles Salomon, en proie depuis deux ans à des affrontements interethniques, et qui se sont publiquement opposées à l'idée d'une amnistie générale en faveur de toutes les personnes impliquées dans ce conflit, qui a fait plus de 100 morts.

Des pourparlers de paix se déroulent de manière intermittente depuis un an entre le gouvernement et les groupes armés ethniques qui s'affrontent dans le cadre de ce conflit, notamment la Malaita Eagle Force (MEF, Force de l’aigle de Malaita) qui bénéficie du soutien de certains éléments de la police. La MEF a organisé un coup d'État en juin de cette année, contraignant le Premier ministre à démissionner et le Parlement à former un nouveau gouvernement. Le nouveau Premier ministre a promis d'étudier la possibilité d'une amnistie en faveur des groupes armés impliqués dans le conflit, afin d'encourager l'instauration d'un cessez-le-feu.

Jusqu'ici, les groupes représentatifs de la société civile ont été largement exclus des négociations de paix. En août, la Solomon Islands Christian Association (Union chrétienne des îles Salomon) a organisé une Conférence nationale pour la paix, à laquelle ont participé des organisations de la société civile, qui ont appelé au respect des droits fondamentaux de la personne humaine et mis en garde les autorités contre les risques d'une amnistie générale, dans un communiqué diffusé le 29 août.

Le dirigeant de la MEF s'est déclaré navré par ce communiqué dans une lettre adressée au président de la Christian Association. Depuis lors, il semble que des combattants de la MEF aient attaqué ou menacé plusieurs personnes ayant pris part à cette conférence.

Matthew Wale, un cadre de l'île de Malaita, figure parmi les participants à cette manifestation qui se sont montré les plus virulents, appelant les autorités à permettre à la société civile de jouer un rôle actif dans les pourparlers de paix. Sa famille a été agressée à son domicile par des hommes armés, présumés appartenir à la MEF, dans la nuit du 8 septembre. Son cousin a été passé à tabac et les assaillants ont dérobé des objets de valeur, apparemment en représailles du rôle joué par Matthew Wale lors de cette conférence.

À la suite de ce rassemblement, des membres de la MEF ont menacé le directeur du centre de l'Université du Pacifique Sud, Julian Treadaway, qui projetait d'organiser un forum afin que l'amnistie envisagée fasse l'objet d'un débat public. D'après les informations recueillies, des combattants de la MEF ont également menacé de réduire en cendres ce centre universitaire si le forum se déroulait.


INFORMATIONS GÉNÉRALES

Toutes les parties au conflit interethnique qui ravage les îles Salomon ont commis des atteintes aux droits humains, et jusqu'à présent, les responsables de ces agissements ont bénéficié d'une impunité quasi totale. Amnesty International est tout particulièrement préoccupée par les violations de l'article 3 commun aux quatre Conventions de Genève, qui interdit aux gouvernements comme aux groupes armés de se livrer à des « atteintes portées à la vie et à l'intégrité corporelle, notamment le meurtre sous toutes ses formes, les mutilations, les traitements cruels, tortures et supplices, [ainsi que] les prises d'otages » à l'égard des « personnes qui ne participent pas directement aux hostilités, y compris les membres de forces armées qui ont déposé les armes et les personnes qui ont été mises hors de combat par maladie, blessure, détention ».

La peur et l'anarchie règnent dans la capitale, Honiara, et ses environs. Hier, des membres de la MEF auraient tiré des coups de feu devant les bâtiments du ministère de l'Unité nationale, de la Paix et de la Réconciliation, et menacé le personnel du ministère.

Amnesty International a exposé les motifs pour lesquels elle était opposée à toute amnistie générale en faveur des responsables d'atteintes aux droits humains, et a demandé instamment que soit exclues du champ d'application de toute mesure de ce type les infractions pouvant constituer des atteintes aux droits fondamentaux (voir le rapport intitulé Solomon Islands: A Forgotten Conflict [Salomon. Un conflit tombé dans l'oubli], 7 septembre 2000, ASA 43/005/00).


ACTION RECOMMANDÉE : télégramme / aérogramme / lettre par avion / fax (en anglais ou dans votre propre langue) :

Appels aux dirigeants de la Malaita Eagle Force (MEF, Force de l’aigle de Malaita) :

– dites-vous préoccupé par la sécurité de Matthew Wale, de Julian Treadaway et des autres membres de la société civile qui tentent de jouer un rôle actif dans le processus de paix engagé aux îles Salomon, ces personnes étant apparemment menacées par des factions de la MEF ;

– exhortez les dirigeants de la MEF a condamner clairement et publiquement tous les actes de violence ou d'intimidation à l'encontre des civils ;

– appelez les dirigeants de la MEF à mettre un terme immédiat aux attaques menées par les forces placées sous leur contrôle contre des personnes ne participant pas directement aux hostilités.


Appels au Premier ministre :

– déclarez-vous inquiet au vu des menaces qui ont été proférées par des membres présumés de la MEF contre des représentants de la société civile œuvrant en faveur de la paix ;

– demandez instamment au gouvernement de condamner publiquement tous les actes de violence ou d'intimidation à l'encontre des civils, et de faire tout ce qui est en son pouvoir pour protéger la population contre de tels agissements.


APPELS À :

Dirigeant de la Force de l’aigle de Malaita :

Malaita Eagle Force Command

Andrew nori

Bridge Lawyers, Barristers & Solicitors

PO Box 821, Honiara

Îles Salomon

Fax : 677 20195

Formule d'appel : Dear Mr Nori, / Monsieur,


Premier ministre :

The Hon. Mannaseh Sovagare MP

Prime Minister, Office of the Prime Minister

PO Box G1, Honiara

Îles Salomon

Télégrammes : Prime Minister, Îles Salomon

Fax : 677 26088 / 25470

Formule d'appel : Dear Prime Minister, / Monsieur le Premier ministre,




COPIES aux représentants diplomatiques des îles Salomon dans votre pays.



PRIÈRE D’INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
APRÈS LE 25 OCTOBRE 2000, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S’IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.

iLa version originale a été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni. Seule la version anglaise fait foi.
La version française a été traduite et diffusée par les Éditions Francophones d'Amnesty International - éfai -