Rapport 2012
La situation des droits humains dans le monde

Document - Bosnie-Herzégovine: Les autorités bosno-serbes doivent mettre fin aux violences contre les médias

Amnesty International

BULLETIN D'INFORMATIONS 208/99

5 novembre 1999 page 1



BOSNIE-HERZÉGOVINE

Les autorités bosno-serbes doivent mettre fin aux violences contre les médias

Index AI : EUR 63/06/99


Amnesty International appelle les autorités de l'entité bosno-serbe de Bosnie-Herzégovine, la Republika Srpska (RS, République serbe), à faire respecter la liberté de la presse et à enquêter immédiatement sur les deux violentes attaques dont ont été victimes récemment des journalistes qui s'employaient à rendre compte de violations des droits humains.

Ces deux agressions ont pour origine des informations mettant notamment en cause des responsables bosno-serbes actuellement en poste, ou qui exerçaient leurs fonctions pendant la guerre.

Le 3 novembre, Mirko Srdic, collaborateur de l'agence de presse indépendante de Belgrade BETA, a été passé à tabac par un responsable municipal de premier plan de la ville de Doboj, située dans le nord de la Bosnie-Herzégovine ; cette agression semblait liée à un documentaire télévisé sur la corruption locale. Le responsable a menacé Mirko Srdic de le tuer s'il ne quittait pas la ville immédiatement.

Zeljko Kopanja, rédacteur en chef et propriétaire du journal de Banja Luka Nezavisne Novine, a dû être amputé des deux jambes après l’explosion d’une bombe dans sa voiture, le 22 octobre. Au cours des mois précédents, ce journal avait publié une série d'articles de fond sur les atteintes aux droits humains commises contre la population non serbe dans le nord du pays, affirmant que des dirigeants locaux avaient dissimulé ces crimes pour protéger leurs auteurs. Alors que des membres du personnel de Nezavisne Novine avaient signalé à la police locale avoir reçu des menaces de mort anonymes, aucune protection ne leur a été offerte par les forces de l'ordre.

Des journalistes indépendants ont été victimes de violences et d'autres formes de harcèlement, notamment de poursuites judiciaires, après la publication d’articles critiquant des représentants de l'État ou leurs proches. Ainsi, Zeljko Kopanja et un autre journaliste de Nezavisne Novine, Ranko Vojvodic, ont été roués de coups par des agresseurs non identifiés en raison de leurs reportages en 1998. Par ailleurs, la journaliste bosno-serbe Mirjana Micic a été condamnée à une peine d'emprisonnement avec sursis l'année dernière, pour une série d'articles parus dans la publication indépendante Ekstra-Magazin et révélant la corruption au sein de la municipalité de la ville de Zvornik, dans l'est du pays.

« En rendant compte des événements avec précision et impartialité, les journalistes peuvent contribuer de manière essentielle à ce que justice soit rendue aux victimes d'atteintes aux droits humains et à ce que ces droits soient respectés. Ils doivent pouvoir le faire en toute sécurité, sans crainte de harcèlement ou de violences », a déclaré Amnesty International. ?

Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter le service de presse d'Amnesty International, à Londres, au 44 171 413 5566, ou consulter notre site web (http://www.amnesty.org).