Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

22 août 2008

La situation des civils est toujours préoccupante après les hostilités en Géorgie

La situation des civils est toujours préoccupante après les hostilités en Géorgie
Depuis la signature, le 16 août, d’un cessez-le-feu entre la Géorgie et la Russie, Amnesty International a appelé toutes les parties au conflit à protéger les civils qui ont fui à l’intérieur ou à l’extérieur du pays pendant les hostilités, ainsi que tous ceux qui sont restés là où ont eu lieu les affrontements.

L’organisation a également demandé à toutes les parties en présence de faire le nécessaire pour que l’aide humanitaire puisse atteindre toutes les victimes du conflit, en Géorgie ou en Russie, et de veiller à ce que les personnes qui ont fui les combats puissent rentrer définitivement chez elles, en toute sécurité.

Ceux qui ont fui à l’intérieur de la Géorgie ou en Ossétie du Nord, en Russie, ont toujours besoin de l’aide humanitaire. L’aide humanitaire doit aussi parvenir aux personnes qui sont restées en Ossétie du Sud et dans les zones de l’ouest de la Géorgie où des combats ont eu lieu. Ces personnes risquent toujours d’être la cible d’attaques interethniques.

Le 19 août, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a estimé à plus de 158 700 le nombre de personnes déplacées par le conflit. On compte environ 98 000 personnes déplacées en Géorgie même. Parmi ces personnes se trouve la majorité de la population de la ville de Gori et des villages voisins dans l'ouest de la Géorgie.

Les personnes déplacées en Géorgie sont logées dans des bâtiments municipaux, des écoles par exemple, ainsi que dans des camps à l'intérieur et autour de Tbilissi, la capitale. Les conditions de vie varient fortement d’un centre à l’autre. Le 20 août, des délégués d’Amnesty International se sont rendus dans les anciens locaux du ministère géorgien de la défense qui abritent désormais 1 600 personnes déplacées en provenance d’Ossétie du Sud. Ces bâtiments n’ont ni eau courante, ni électricité, ni égout.

Les organisations humanitaires ont déclaré avoir du mal à atteindre les civils qui sont restés dans les zones de conflit. Le premier convoi humanitaire des Nations unies n’a pu entrer dans la ville de Gori que le 17 août.

Des responsables russes en Ossétie du Nord ont indiqué que 30 000 personnes ayant fui l’Ossétie du Sud se trouvaient toujours en Russie, principalement en Ossétie du Nord. Des équipes d’assistance russes ont fait savoir qu’une aide humanitaire était nécessaire à Tskhinvali, la capitale de l’Ossétie du Sud, en raison de la destruction des infrastructures et de l’hôpital. Cependant, les autorités russes n’ont autorisé que le 20 août le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à se rendre dans la région. Le président du CICR, Jakob Kellenberger, a déclaré que des éléments montraient qu’il y avait encore dans la région des besoins humanitaires importants à satisfaire.

Les attaques aveugles présumées contre des civils doivent donner lieu à des enquêtes

Amnesty International est préoccupée par le fait que certains des bombardements qui ont eu lieu en Ossétie du Sud et dans le reste de la Géorgie pendant le conflit pourraient s'apparenter à des attaques aveugles ou directes contre des civils, qui constituent des crimes de guerre. On ne connaît pas encore avec précision le nombre de civils tués pendant le conflit. Le 20 août, les autorités russes indiquaient que 133 civils d’Ossétie du Sud avaient été tués, tandis que le 21 août, les autorités géorgiennes signalaient que 69 Géorgiens, des civils, avaient été tués pendant le conflit.

Amnesty International appelle toutes les parties au conflit à mener sans délai des enquêtes exhaustives, impartiales et indépendantes sur les allégations de violations du droit international humanitaire et relatif aux droits humains, et à déférer à la justice les personnes soupçonnées d'être responsables de tels agissements.

Possibilité d’un ciblage ethnique

En Géorgie et en Russie, les civils demeurent vulnérables aux attaques fondées sur des critères ethniques. Des groupes armés irréguliers, dont la présence a été signalée en Ossétie du Sud et aux environs, se sont rendus coupables d’atteintes aux droits humains.

Dans des villages d’Ossétie du Sud, des maisons habitées par des personnes d'origine géorgienne ont été pillées et incendiées et, selon certaines informations, des civils auraient été tués. Des maisons ont également été pillées et incendiées dans la région de Gori, dans l'ouest de la Géorgie.

Amnesty International a appelé toutes les parties au conflit à protéger les civils susceptibles de faire l’objet de représailles interethniques.

L’organisation a également demandé à toutes les parties d'ouvrir sans tarder des enquêtes exhaustives, impartiales et indépendantes sur toutes les allégations de violences fondées sur l'identité ethnique et de déférer à la justice les personnes soupçonnées de tels agissements.

Complément d’information

Le 12 août, la Géorgie et la Russie ont conclu un accord provisoire de cessez-le-feu négocié par la France, en attendant de nouvelles négociations. Cet accord est intervenu après cinq jours d’affrontements militaires dans les régions contestées d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie, ainsi que sur le territoire même de la Géorgie.

Le cessez-le-feu a été signé par les présidents de la Géorgie (le 15 août) et de la Russie (le 16 août). Cependant, ce n’est qu’à partir du 20 août que la Russie a commencé à retirer ses forces de la Géorgie, en indiquant que ses troupes reculeraient jusqu’aux positions définies dans l'accord.

On ignore combien l’une et l’autre partie détiennent de prisonniers de guerre ; le premier échange de prisonniers a eu lieu le 19 août.

Pour en savoir plus :

Les civils toujours vulnérables après les hostilités en Géorgie (nouvelle, 14 août 2008)
Russie et Géorgie : le contexte du conflit (nouvelle, 12 août 2008)
La Géorgie et la Russie doivent protéger les civils en Ossétie du Sud (nouvelle, 10 août 2008)

Thème

Conflit armé 
Groupes armés 
Crimes contre l'humanité et crimes de guerre 
Discrimination 
Exécutions extrajudiciaires et autres homicides illégaux 
Réfugiés, personnes déplacées et migrants 

Pays

Géorgie 

Région ou pays

Europe et Asie centrale 

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