Rapport 2011
La situation des droits humains dans le monde

23 mars 2010

Google incite la Chine à mettre un terme à la censure

Google incite la Chine à mettre un terme à la censure

Le gouvernement chinois doit éliminer les restrictions pesant sur l’utilisation d’Internet, a déclaré Amnesty International ce 23 mars, à la suite de l’annonce par Google de sa décision d’arrêter de censurer les résultats des recherches en ligne en Chine et de rediriger vers Hong Kong l’ensemble du trafic transitant par ses serveurs dans ce pays.

« En admettant que sa politique d’entreprise était incompatible avec l’autocensure requise pour opérer en Chine, Google met les autorités chinoises au défi de respecter le principe de la liberté d'expression prévu par la Constitution chinoise », a déclaré Roseann Rife, directrice adjointe du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.

Google a indiqué, en prenant cette décision le 22 mars, que les autorités chinoises avaient désormais le choix de bloquer l’accès à google.com.hk en Chine.

Les internautes chinois qui critiquent cette décision font valoir que Google était l’une des sources les plus libres.

« Les utilisateurs chinois qui espéraient que Google ne quitterait pas la Chine et expriment leur désarroi face à cette décision doivent maintenant demander à leur propre gouvernement pourquoi et comment Internet est censuré en Chine », a ajouté Roseann Rife.

À l’exception d’une brève période entre juillet et décembre 2008, le site Internet d’Amnesty International, www.amnesty.org, n’est pas accessible depuis la Chine.

En réaction à l'annonce faite par Google, les autorités chinoises ont accusé l’entreprise de « politiser des questions commerciales ».

« Les autorités chinoises elles-mêmes politisent Internet en bloquant certains mots clés de recherche et sites web, a expliqué Roseann Rife. Lorsqu’un gouvernement restreint la discussion et la diffusion d’idées sur Internet, comme cela est régulièrement le cas en Chine, il impose ses arrière-pensées politiques et fixe des limites au débat. »

Amnesty International a récemment recensé de nombreux cas illustrant ceci, notamment ceux de Liu Xiaobo et Tan Zuoren, dans lesquels les autorités ont muselé des défenseurs des droits humains en les emprisonnant pour avoir diffusé des informations ou publié des textes par le biais d’Internet.

L’organisation a précédemment encouragé des entreprises du secteur de l'Internet, telles que Yahoo!, Google et Microsoft, à s’engager à respecter les dispositions de la Constitution chinoise relatives à la liberté d’expression, et à faire preuve de transparence en ce qui concerne les processus de filtrage utilisés en Chine et les accords conclus entre ces sociétés et le gouvernement chinois ayant un impact en termes de censure et de répression de l’opposition.

Pour en savoir plus :

Les autorités chinoises sont instamment priées de libérer le militant Liu Xiaobo (nouvelle, 11 février 2010)
La Chine doit libérer un militant des droits humains incarcéré à l'issue d'un procès inique (nouvelle, 9 février 2010)

Pays

Chine 

Région ou pays

Asie - Pacifique 

Thème

Droits économiques, sociaux et culturels 
Liberté d'expression 

@amnestyonline sur Twitter

Nouvelles

07 février 2012

Les autorités tchadiennes ont expulsé de chez elles plus de 670 personnes pour la construction d'un hôtel à N'Djamena.

Pour en savoir plus »
31 janvier 2012

Les autorités haïtiennes ont abandonné les poursuites pour crimes contre l'humanité contre l'ancien président Jean-Claude Duvalier.

Pour en savoir plus »
03 février 2012

Un tribunal soutenu par l'ONU a condamné l'ancien directeur de prison Khmer rouge à la prison à vie pour l'homicide d'au moins 12 272 personnes.

Pour en savoir plus »
03 février 2012

L'arrêt de la CIJ bafoue les droits humains des victimes étrangères des crimes de guerre nazis en accordant à l'Allemagne l'immunité de poursuites pour des réparations.

Pour en savoir plus »
03 février 2012

Un passage en revue de la situation des droits humains un an après le début des manifestations en faveur d'une réforme.

Pour en savoir plus »