Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

13 septembre 2010

L'Indonésie doit enquêter sur la mort d'un militant des Moluques

L'Indonésie doit enquêter sur la mort d'un militant des Moluques

Amnesty International a demandé au gouvernement indonésien d'enquêter sur la mort lundi 13 septembre d'un militant politique moluquois ayant été privé de soins médicaux en prison.

Yusuf Sapakoly, âgé de 52 ans, est mort d'une insuffisance rénale dans un hôpital à Ambon après s'être vu refuser par les autorités carcérales les soins médicaux adaptés dont il avait besoin.

Ce père de quatre enfants avait été arrêté en 2007 pour avoir aidé un groupe de militants politiques pacifiques à déployer devant le président indonésien le drapeau « Benang Raja », symbole de l'indépendance des Moluques du Sud.

« Le refus de soins opposé à Yusuf Sapakoly s'apparente à un traitement cruel, inhumain et dégradant de la part des autorités carcérales », a déclaré Donna Guest, directrice adjointe pour l'Asie-Pacifique à Amnesty International.

« Le gouvernement indonésien doit immédiatement ouvrir une enquête indépendante, effective et impartiale sur les allégations selon lesquelles la possibilité de recevoir des soins médicaux a été refusée à cet homme. »

Selon des sources locales, Yusuf Sapakoly, s'est vu constamment refuser par les autorités pénitentiaires de Nania les soins nécessaires pour pallier à une défaillance rénale devant être traitée par dialyse. Yusuf Sapakoly avait également indiqué qu'il n'avait pas été correctement soigné après avoir été blessé aux côtes en détention.

Son état s'aggravant, les autorités pénitentiaires l'avaient remis à sa famille le 7 septembre 2010 pour qu'elle s'occupe de lui, mais il était toujours considéré comme un prisonnier.

Yusuf Sapakoly avait été arrêté le 29 juin 2007 après le déploiement par des militants du drapeau « Benang Raja », lors d'une danse traditionnelle « Cakalele » exécutée devant le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono.

Il aurait été torturé en détention avant d'être inculpé de « rébellion » et condamné à 12 années d'emprisonnement.

« Le traitement infligé à Yusuf Sapakoly bafoue les obligations de l'Indonésie au regard du droit international relatif aux droits humains, et du droit indonésien », a déclaré Donna Guest.

Amnesty International a déjà attiré l'attention à deux reprises récemment sur des cas de prisonniers d'opinion indonésiens dont le droit à la santé n'avait pas été respecté.

En juillet, elle a évoqué le cas du prisonnier d'opinion papou Filep Karma qui a dû attendre pendant neuf mois que les autorités autorisent son transfert de la prison d'Abepura à Djakarta pour une opération de la prostate.

Johan Teterissa, le chef des danseurs « Cakalele » des Moluques, a également été privé de soins appropriés pour les blessures qui lui ont été infligées lorsqu'il a été roué de coups de pied et de poing par les policiers en 2007. Selon ses déclarations, il ne voit plus très bien et il n'arrive pas à dormir à cause de la douleur.

« Le gouvernement indonésien doit revoir le fonctionnement des services de santé pénitenciers et veiller à ce que les prisonniers puissent bénéficier de visites médicales régulières et recevoir les soins médicaux dont ils peuvent avoir spécifiquement besoin », a conclu Donna Guest.

Thème

Militants 
Mort en détention 
Détention 
Médecine et santé 
Torture et mauvais traitements 

Pays

Indonésie 

Région ou pays

Asie - Pacifique 

@amnestyonline sur Twitter

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