Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

15 avril 2011

Irak : Amnesty appelle à la retenue au camp d'Ashraf alors que les forces gouvernementales se regroupent

Irak : Amnesty appelle à la retenue au camp d'Ashraf alors que les forces gouvernementales se regroupent

Amnesty International engage les autorités irakiennes à s'abstenir de mener une intervention militaire injustifiée qui mettrait des vies civiles en danger, à l'heure où certaines sources font état de la mise en place d'un dispositif militaire de grande envergure dans un camp pour réfugiés iraniens au nord de Bagdad.

Amnesty International a reçu des informations selon lesquelles des mouvements de troupes et des activités de construction à finalité militaire sont actuellement en cours à l'intérieur du camp, quelques jours seulement après l'offensive lancée contre celui-ci par les forces de sécurité irakiennes vendredi 8 avril, qui a fait plus de 30 morts et de nombreux blessés parmi les résidents du camp.

« Les résidents du camp d'Ashraf observent dans la peur et l'appréhension tandis que les troupes irakiennes semblent se préparer à lancer une nouvelle attaque contre eux et leurs foyers », a déclaré Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International.

« Le gouvernement irakien ne doit pas permettre une redite des attaques mortelles du 8 avril et doit veiller à ce que les forces irakiennes s'abstiennent de mener une action militaire qui mettrait encore plus en danger la vie de civils.

« Les forces irakiennes sont censées être en position dans le camp pour protéger les résidents, pas pour les agresser ou les menacer et restreindre leurs mouvements. »

Le camp d'Ashraf (province de Diyala) se trouve à 60 kilomètres au nord de Bagdad. Il abrite quelque 3 400 exilés et réfugiés iraniens, dont beaucoup sont des membres et des sympathisants de l'Organisation iranienne des moudjahidin du peuple (OIMP) – un groupe d'opposition interdit en Iran.

D'après des porte-paroles de l'OIMP, jeudi 14 avril, plusieurs bataillons irakiens d'ingénierie ont achevé de construire un remblai long de 6 kilomètres sur la bordure nord de l'artère principale du camp d'Ashraf.

Ce remblai traverse le camp d'est en ouest et serait suffisamment large pour que des véhicules militaires puissent y patrouiller. Des tours de contrôle ont par ailleurs été érigées le long de ce remblai.

« Compte tenu de la nature et de l'envergure de ces nouvelles installations militaires, nous sommes vivement préoccupés par ce que les forces de sécurité irakiennes sont susceptibles de préparer », a ajouté Malcolm Smart.

« Il ne faut pas recourir à une force excessive contre les résidents du camp d'Ashraf, qui ne sont pas armés et parmi lesquels se trouvent beaucoup de femmes et d'enfants. »

Le 8 avril, 34 résidents ont été tués lorsque les forces de sécurité irakiennes ont essayé d'accroître leur contrôle du camp. Un grand nombre des personnes tuées, six femmes et 28 hommes, ont succombé à des blessures infligées par les forces de sécurité irakiennes, qui tiraient à balles réelles. D'autres auraient été délibérément écrasées par des véhicules militaires.

Les autorités irakiennes affirment que leurs forces n'ont agi que dans le but de faire cesser une « émeute » dans le camp et nient que les troupes aient ouvert le feu, en dépit de nombreux éléments attestant le contraire.

Le 14 avril, les autorités irakiennes ont relâché six hommes qu'elles avaient arrêtés au cours de l'opération militaire du 8 avril. Peu après leur libération, ces hommes ont déclaré à Amnesty International qu'ils avaient été frappés et menacés d'expulsion vers l'Iran au cours de leur détention. Un d'entre eux, qui a parlé à Amnesty International depuis le camp le 14 avril, a déclaré que les soldats irakiens étaient alors en train d'encercler le camp.

Amnesty International a à de nombreuses reprises exhorté les autorités irakiennes à s'abstenir d'expulser de force les résidents du camp d'Ashraf, dont certains sont des réfugiés qui risqueraient fort d'être victimes d'actes de torture et d'autres graves violations des droits fondamentaux, en particulier d'une exécution, s'ils étaient renvoyés de force en Iran.

Pour en savoir plus :

Irak. Des résidents du camp d'Ashraf libérés (action urgente, 14 avril 2011)
Irak : une enquête doit être ouverte sur les violences meurtrières qui ont eu lieu dans le camp d'Ashraf
(nouvelle, 8 avril 2011)
Irak. Il ne faut pas que les sympathisants d'un groupe d'opposition iranien fassent l'objet d'une expulsion forcée (communiqué de presse, 11 décembre 2009)

Thème

Détention 
Équipement militaire, de sécurité et de police 
Réfugiés, personnes déplacées et migrants 

Pays

Iran 
Irak 

Région ou pays

Moyen-Orient et Afrique du Nord 

@amnestyonline sur Twitter

Nouvelles

10 juillet 2014

Amnesty International rend publics les noms de certaines des personnes soupçonnées d’avoir ordonné ou commis les atrocités qui se déroulent actuellement en République... Pour en savoir plus »

05 juin 2014

Les manifestants descendant dans la rue au Brésil durant la Coupe du monde risquent d’être victimes de violences policières et militaires aveugles, les autorités renforçant les... Pour en savoir plus »

03 juin 2014

Dans la deuxième partie de cette série en deux volets, deux personnes dont le nom figurait sur la liste des « personnes les plus recherchées » en Chine pour leur rôle dans le... Pour en savoir plus »

11 juillet 2014

Sasha, militant pro-ukrainien âgé de 19 ans, a été enlevé par des séparatistes à Louhansk et frappé à maintes reprises pendant 24 heures.

Pour en savoir plus »
07 juillet 2014

La condamnation à 15 ans de prison d’un éminent avocat saoudien, défenseur des droits humains, est un nouveau coup porté au militantisme pacifique et à la liberté d’... Pour en savoir plus »