Le document mentionné n'est pas disponible en français.

Les promesses non tenues des autorités chinoises mettent en péril l’héritage des JO

Le stade national de Pékin

Le stade national de Pékin

© Tee Meng


28 juillet 2008

Les autorités chinoises n’ont pas tenu leur promesse d’améliorer la situation des droits humains dans le pays et ont trahi les valeurs fondamentales de l’olympisme, selon un nouveau rapport d’Amnesty International.

Ce rapport, publié dix jours avant l’ouverture des Jeux olympiques (JO), fait éftat du bilan des autorités chinoises concernant quatre domaines étroitement liés aux « principes éthiques fondamentaux universels » et à la « dignité humaine », deux des valeurs essentielles de l’olympisme : la persécution des défenseurs des droits humains, la détention sans jugement, la censure et la peine de mort.

Dans ce document intitulé The Olympics Countdown: Broken Promises, Amnesty International indique que dans la plupart de ces domaines la situation n’a cessé de se dégrader depuis la publication au mois d’avril du précédent rapport de l’organisation, The Olympics Countdown: Crackdown on Activists Threatens Olympic Legacy.

Durant la phase de préparation des Jeux, les autorités chinoises ont enfermé, assigné à domicile et chassé de chez elles des personnes qu’elles considéraient comme une menace potentielle pour l’image de « stabilité » et d’« harmonie » qu’elles souhaitent présenter au monde.

« En continuant de persécuter et sanctionner ceux qui défendent les droits humains, les autorités chinoises dérogent aux promesses faites lorsque leur candidature a été retenue pour accueillir les Jeux il y a sept ans, a indiqué Roseann Rife, directrice adjointe du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.

« Les autorités chinoises ternissent l'image des Jeux de Pékin. Aussi doivent-elles libérer tous les militants pacifiques emprisonnés, autoriser les journalistes chinois et étrangers à travailler librement et progresser plus avant vers la suppression de la peine de mort. »

Nous venons d’avoir confirmation des informations indiquant que des journalistes étrangers travaillant depuis le centre de presse des JO de Pékin ne peuvent pas accéder au site web d’Amnesty International, amnesty.org. De plus, The China Debate, un forum en ligne lancé récemment par Amnesty International pour favoriser une discussion ouverte sur les droits humains, a été bloqué en Chine.

Un certain nombre d’autres sites Internet ont apparemment également été bloqués, y compris celui du quotidien taïwanais Liberty Times et ceux en chinois de la Deutsche Welle et de la BBC.

Cela est en totale contradiction avec la promesse des autorités chinoises de garantir « une totale liberté des médias » pour les Jeux. Le contrôle et la censure exercés sur Internet accroissent au fur et à mesure qu’approchent les JO. De nombreux autres sites, dont plusieurs qui traitent des questions relatives au VIH/sida à Pékin, ont été pris pour cible.

Malgré de nouveaux règlements en matière de médias censés accorder une plus grande liberté aux journalistes étrangers, ces derniers ne sont toujours pas autorisés à couvrir certains « sujets sensibles » ; ils ne peuvent ainsi pas parler aux victimes de violations des droits humains. Le Club des correspondants étrangers en Chine (FCCC) a enregistré environ 180 cas d’obstruction au travail de ces journalistes en 2007. On en dénombre à présent 260.

Par ailleurs, Amnesty International pense que les militants et journalistes locaux qui travaillent sur des questions relatives aux droits humains en Chine risquent tout particulièrement de subir des atteintes à leurs droits fondamentaux durant les Jeux. Les journalistes chinois travaillent dans un climat de censure et ne peuvent pas couvrir des sujets considérés comme sensibles par les autorités ; un grand nombre continuent d'être détenus pour avoir traité de tels sujets.

Ye Guozhu, militant du droit au logement, purge une peine de quatre ans d'emprisonnement pour avoir « cherché à provoquer un conflit et troublé l'ordre public », parce qu’il s’était opposé à la saisie et à la démolition d’immeubles destinées à permettre la construction d'infrastructures pour les Jeux du mois prochain.

Ye Guozhu devait être remis en liberté le 26 juillet mais les autorités chinoises ont déclaré qu’il restera derrière les barreaux au moins jusqu’au 1er octobre, après la clôture des Jeux olympiques.

La Chine continue d’être le pays du monde qui procède au plus grand nombre d’exécutions capitales. La Cour populaire suprême (CPS) a mis en place un examen des peines capitales qui a, semble-t-il, entraîné une baisse considérable du nombre d’exécutions. Un haut responsable a indiqué qu'au cours du premier semestre de 2008 la CPS a refusé de valider 15 p. cent des peines de mort qui lui avaient été soumises.

Les autorités continuent cependant de refuser de révéler le nombre total des personnes condamnées à mort et exécutées, qui demeure un secret d’État. D’après les estimations, ce sont des milliers de personnes qui seraient chaque année exécutées. Environ 68 infractions – y compris des infractions non violentes, liées à la législation sur les stupéfiants notamment – sont sanctionnées par la peine capitale en Chine.

Le président du Comité international olympique (CIO), Jacques Rogge, a récemment affirmé que la « diplomatie tranquille » du CIO avait permis la mise en place de plusieurs réformes en matière de droits humains, notamment celle de la nouvelle règlementation relative aux médias étrangers.

« Tout en nous félicitant que le CIO reconnaisse son rôle quant à la situation des droits humains en Chine, nous nous demandons comment il peut croire, au regard de ce qui se passe actuellement, que les médias étrangers pourront faire librement leur travail et qu’Internet ne sera pas censuré, a souligné Roseann Rife. En outre, le CIO doit aussi se faire entendre lorsque les autorités foulent aux pieds les grands principes de l’olympisme. »

« D’autre part, les dirigeants du monde qui assistent aux Jeux olympiques doivent se prononcer publiquement en faveur des droits humains en Chine et soutenir les citoyens chinois qui défendent ces droits. S’ils ne le font pas, cela reviendra à dire au monde entier qu’un gouvernement peut accueillir les Jeux olympiques dans un climat de répression et de persécution. »

 

Participez au débat sur les droits humains en Chine en vous rendant sur The China Debate, le forum de discussion en ligne lancé par Amnesty International. 

Chine. Compte à rebours avant les Jeux olympiques - les promesses non tenues - Mise à jour

Télécharger :
Index AI : ASA 17/090/2008
Date de publication : 29 juillet 2008
Catégorie(s) : Chine

Ce document est également disponible en :

Chinois:
Anglais :
Espagnol :