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En Mauritanie les migrants font l’objet d’arrestations illégales

Le centre de détention de Nouadhibou, en Mauritanie.

Le centre de détention de Nouadhibou, en Mauritanie.

© Amnesty International


2 juillet 2008

Des migrants irréguliers qui essaient d’atteindre l’Europe sont arrêtés, maltraités et expulsés collectivement de Mauritanie sans aucune possibilité de recours.

C’est ce qu’indique Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public le 1er juillet et intitulé Mauritanie: « Personne ne veut de nous ». Arrestations et expulsions collectives de migrants interdits d’Europe, qui précise également que les migrants ne sont parfois même pas renvoyés dans leur propre pays.

Depuis 2006, les autorités ont arrêté des milliers de migrants soupçonnés de vouloir quitter la Mauritanie pour se rendre en Europe en passant par les îles Canaries (Espagne).

Un grand nombre de ces personnes sont incarcérées dans un centre de détention situé à Nouadhibou, dans le nord de la Mauritanie. Certaines sont maltraitées par les forces de sécurité mauritaniennes.

Des ressortissants de pays d’Afrique de l’Ouest ont déclaré qu’ils avaient été arrêtés de façon arbitraire dans la rue ou là où ils habitaient, et accusés, apparemment sans aucune preuve, de vouloir se rendre en Espagne.

Selon le Service de la sécurité nationale, les 3 257 personnes qui ont transité par ce centre en 2007 ont toutes été envoyées au Sénégal et au Mali, indépendamment de leur nationalité ou de leur pays d’origine. Ces personnes sont laissées à la frontière, souvent avec peu de nourriture et sans moyen de transport.

« Ces arrestations et expulsions collectives opérées par les autorités mauritaniennes sont le résultat des intenses pressions exercées par l’Union européenne, et en particulier par l’Espagne, pour obtenir que certains pays africains participent à la lutte contre l’immigration clandestine », a déclaré Salvatore Saguès, responsable des recherches sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International.

Amnesty International demande aux autorités mauritaniennes de veiller à ce que les forces de sécurité du pays respectent le droit international.

L’organisation appelle également l’Union européenne et ses États membres, et surtout l’Espagne, à veiller à ce que les migrants soient traités dans le respect des normes internationales relatives aux droits humains.

« Les pays de l’Union européenne utilisent certains pays comme la Mauritanie pour réguler le nombre de migrants qui essaient d'entrer en Europe, transformant de fait ces pays en "gendarmes" de l’Europe », a conclu Salvatore Saguès.