Messages ambivalents de Barack Obama durant les 100 premiers jours de sa présidence

Les messages ambivalents de Barack Obama en matière de lutte antiterroriste durant les 100 premiers jours de sa présidence (vidéo en anglais).

© Amnesty International

29 avril 2009

Cent jours après l'entrée en fonction du président Barack Obama, son bilan en matière de politique antiterroriste est évalué dans un nouveau rapport d'Amnesty International. L'organisation qualifie le message de la présidence d'« ambivalent ».

Lorsqu'il a pris ses fonctions le 20 janvier 2009, le président Barack Obama a hérité d'un passé empreint de torture, d'impunité et de détentions illégales – héritage qui découle de la réponse qu'ont apportée les États-Unis aux attentats du 11 septembre 2001. Cette riposte a été marquée par les coups portés au système du droit international relatif aux droits humains.

Des violations des droits fondamentaux, notamment des crimes de torture et de disparition forcée reconnus au titre du droit international, ont non seulement été commises, mais aussi justifiées par le gouvernement américain en tant qu'actes nécessaires et légaux.

Des détenus enchaînés dans des cages sur la base navale américaine de Guantánamo à Cuba, des actes de torture et autres mauvais traitements perpétrés à la prison d'Abou Ghraïb en Irak, des avions Gulfstream utilisés pour transférer des détenus vers des prisons secrètes aux quatre coins du globe : ces images sont désormais ancrées dans les esprits.

Durant sa campagne pour l'élection présidentielle, Barack Obama s'est engagé à fermer le centre de détention de Guantánamo et à mettre fin aux actes de torture perpétrés par des agents américains. Il reste à savoir dans quelle mesure ces engagements marqueraient un réel tournant qui inciterait les États-Unis à s'acquitter de leurs obligations internationales en matière de droits humains dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Amnesty International a publié le 5 novembre 2008 une Liste de points clés permettant d'évaluer les progrès accomplis en ce sens par le nouveau gouvernement au cours de ses 100 premiers jours à la tête des États-Unis.

Au lendemain de l'élection, l'organisation a invité le président Barack Obama à prendre 17 mesures concrètes au cours des 100 premiers jours de son mandat :

  • fermer Guantánamo et mettre fin aux détentions illégales ;
  • mettre fin à la torture et aux autres mauvais traitements ;
  • mettre un terme à l'impunité.
Au terme de ces 100 jours, il est indéniable que le nouveau gouvernement a pris d'importantes mesures, dont certaines visent à réparer les dommages causés par les politiques de détention et d'interrogatoire mises en place par son prédécesseur.

Cependant, certains changements sont plus symboliques que tangibles. Les maigres mesures adoptées par le nouveau gouvernement concernant l'obligation de rendre des comptes pour les violations passées des droits humains ont renforcé l'impunité favorisée par le passé, tout au moins pour certains des responsables.

« Nous avons salué les mesures annoncées par le président Obama dans les deux jours qui ont suivi sa prise de fonctions, à savoir la fermeture de Guantánamo dans un délai d'un an et la fin du programme de détentions secrètes de la CIA, a déclaré Irene Khan, secrétaire générale d'Amnesty International.

« Pour mener à bonne fin ces fermetures et la communication d'informations, le gouvernement américain doit aller plus loin en mettant un terme à toutes les détentions illégales, en déférant à la justice tous les auteurs présumés d'actes de torture et d'autres graves atteintes aux droits humains commis sous le gouvernement de George Bush et en accordant de réelles réparations aux victimes, a-t-elle poursuivi.

« Le président Obama a avancé dans la bonne direction durant les 100 premiers jours de son mandat, mais il lui reste à finaliser ou franchir certaines étapes, notamment au sujet de Bagram, où des centaines de prisonniers sont toujours maintenus en détention, sans aucune perspective de solution. »

Le rapport d'Amnesty International sur les 100 premiers jours de la présidence de Barak Obama s'appuie sur la Liste de points clés comme référence. Il passe en revue les discours et les actes du nouveau gouvernement afin d'évaluer les progrès des États-Unis à l'aune de l'appel lancé par Amnesty International dans le cadre de sa campagne Contre le terrorisme : la justice.

Pour en savoir plus
Obama - Building trust and respect for human rights in the US (article, 29 avril 2009)

États-Unis. Un bilan mitigé. Lutte antiterroriste et droits humains : les cent premiers jours du Président Obama

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Index AI : AMR 51/043/2009
Date de publication : 29 avril 2009
Catégorie(s) : États-Unis

Ce rapport passe en revue les déclarations et les actes du gouvernement américain dirigé par le président Barack Obama au cours de ses 100 premiers jours à la tête des États-Unis, et met en regard les demandes précises faites par Amnesty International au nouveau président sur les moyens à employer pour lutter contre le terrorisme sans bafouer les droits humains. En résumé, Amnesty lui demandait de renoncer à la politique de « guerre antiterroriste » de l'administration précédente qui a sapait les fondements mêmes du droit international relatif aux droits humains.


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