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Examen de la Stratégie antiterroriste mondiale de l'ONU : les droits humains doivent être une priorité

4 septembre 2008

Alors que l’Assemblée générale des Nations unies procède au premier examen majeur de la Stratégie antiterroriste mondiale de l’ONU, Amnesty International publie un rapport montrant que les gouvernements n'ont jusqu’à présent pas respecté les règles énoncées dans ce texte.

La Stratégie antiterroriste mondiale, qui a été adoptée le 8 septembre 2006, a représenté la première tentative mondiale d'accord sur un ensemble d'initiatives concrètes visant à combattre le terrorisme. Ce texte dispose que tous les États reconnaissent sans équivoque que les droits humains sont la base sur laquelle doit se fonder la lutte contre le terrorisme.

Or, le rapport d’Amnesty International intitulé Security and Human Rights: Counter-terrorism and the United Nations indique que les pratiques observées sur le terrain sont loin de correspondre aux déclarations des gouvernements.

Ce rapport, rendu public le 3 septembre, la veille de l’examen conduit par l’Assemblée générale de l’ONU, souligne également qu’il reste beaucoup à faire pour assurer le respect des droits humains via le système onusien, et que les États doivent montrer qu’ils ont la volonté politique de concrétiser leurs engagements relatifs à ces droits.

Le rapport se penche sur les répercussions du terrorisme sur les droits humains, examine le travail mené par l’ONU dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, notamment par le Conseil de sécurité, et passe brièvement en revue les différents types de violations des droits humains commises dans le cadre de cette lutte, en citant des exemples concernant des pays du monde entier.

Il indique ainsi que depuis les attaques menées le 11 septembre 2001 contre les États-Unis et, depuis, contre d’autres pays, tout un ensemble de lois, politiques et pratiques destinées à combattre le terrorisme sont venues affaiblir la protection des droits humains – notamment la protection de la liberté d'expression et de l'interdiction de la torture et des autres formes de mauvais traitements –, car les gouvernements affirment que la sécurité des uns ne peut être assurée qu’en violant les droits des autres.

Le Conseil de sécurité, qui prône la criminalisation et la répression du terrorisme dans le monde entier sans se préoccuper comme il le devrait de la protection des droits humains, doit également endosser la responsabilité des conséquences néfastes de cette politique.

L’examen conduit par l’Assemblée générale offre à l’ONU une occasion inestimable d’agir. Amnesty International a donc appelé l'Assemblée générale à marquer le 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme en faisant de la mise en œuvre des dispositions de la Stratégie relatives aux droits humains une priorité absolue pour l’année à venir.

Le Conseil de sécurité doit également faire face à l’insuffisante protection des droits humains qui marque son travail en adoptant un langage fort concernant ces droits dans ses résolutions portant sur le terrorisme, et en accordant une plus grande importance et davantage de moyens aux mesures de défense des droits humains dans le cadre de ses initiatives visant à combattre le terrorisme.

« La réaction des États face à la menace terroriste représente l’un des grands défis de notre époque, a déclaré Yvonne Terlingen, directrice du bureau d'Amnesty international auprès des Nations unies.

« Les droits humains et la sécurité vont de pair. Les droits humains jouent un rôle essentiel pour l’instauration de la paix. La justice représente le seul moyen de combattre le terrorisme. »