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Le Vénézuéla doit appliquer la nouvelle loi sur la violence contre les femmes

17 juillet 2008

Dans un nouveau rapport publié mercredi 16 juillet, Amnesty International a exhorté les autorités vénézuéliennes à faire montre de leur volonté politique et à fournir les ressources requises pour que la nouvelle loi sur la violence contre les femmes soit réellement mise en œuvre.

« La loi vénézuélienne adoptée en 2007 afin de protéger les femmes contre les violences est un exemple pour les autres pays de la région. Mais elle n’apportera rien aux femmes si elle n’est pas pleinement mise en œuvre, a déclaré Guadalupe Marengo, directrice adjointe du programme Amériques d’Amnesty International.

« L'application de la loi passe par de nouveaux centres d’accueil, des tribunaux spéciaux et la formation des personnes amenées à s’occuper de ces crimes. »

Le rapport d’Amnesty International, Venezuela: "The law is there, let's use it" Ending domestic violence in Venezuela, se penche sur la violence domestique qui touche les femmes dans ce pays.

Des milliers d’entre elles doivent endurer les coups, les insultes et les viols au sein de leur foyer. Rien qu’en 2007, 4 484 femmes ont appelé la permanence téléphonique mise en place par l’INAMUJER (Institut national de la femme) afin de signaler des violences. Mais les organisations locales estiment que seule une femme sur neuf signale aux autorités les violences dont elle est victime.

Nombre de femmes ayant témoigné auprès des représentants d’Amnesty International au Vénézuéla ont déclaré que leur dépendance financière, l’absence d’information, le manque de centres d’accueil (deux seulement dans un pays qui compte plus de 27 millions d’habitants) et l’insuffisance des ressources de la police et de la justice ne leur permettaient guère de se sentir en sécurité.

« Des milliers de femmes au Vénézuéla vivent dans la crainte permanente de subir les violences de leur compagnon, et ont peur pour leur vie et pour la sécurité de leurs enfants. En l’absence d’un système de protection, bien des femmes pensent qu’elles n’ont d’autre choix que de rester avec leur agresseur ou de se retrouver à la rue, sans pouvoir assurer leur subsistance ni celle de leurs enfants », a expliqué Guadalupe Marengo.

En mars 2007, le gouvernement a adopté une loi qui définit la violence contre les femmes comme une atteinte aux droits humains et réaffirme la responsabilité de l’État et de ses représentants dans l’éradication de ce fléau. Cette loi se substitue à la précédente, promulguée en 1999, qui, bien que positive, n’était pas pleinement mise en œuvre.

Elle prévoit des mesures visant à prévenir la violence contre les femmes, à protéger les femmes en danger et à sanctionner les responsables. Elle engage également les autorités à mettre en œuvre un programme ambitieux afin que la population prenne conscience du problème et combatte les attitudes qui cautionnent ou occultent ce crime rarement dénoncé.

« Le gouvernement vénézuélien doit se montrer à la hauteur des défis lancés par la loi de 2007 », a conclu Amnesty International.