Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

6 novembre 2009

Nigeria : des démolitions jettent des dizaines de personnes à la rue

Nigeria : des démolitions jettent des dizaines de personnes à la rue
Vendredi matin, à Port Harcourt, des dizaines de personnes ont perdu leur logement quand les autorités de l'État de Rivers ont commencé à raser des immeubles, selon les informations reçues par Amnesty International.

Une équipe de démolition avec trois pelleteuses, escortée par 30 policiers armés, a bouclé Njemanze Road et a commencé à détruire les immeubles de cette rue pour permettre la construction d'un projet immobilier commercial. Vendredi soir, une grande partie des bâtiments avaient été rasés.

« Beaucoup d'occupants n'ont nulle part où aller, et la plupart d'entre eux ne disposent pas de la somme importante qu'il faut verser à titre de garantie pour pouvoir louer une nouvelle maison », a expliqué Erwin van der Borght, directeur du Programme Afrique d'Amnesty International.

« Le gouverneur de l'État de Rivers devrait demander l'arrêt immédiat des projets de démolition, respecter le droit des occupants d'être avertis de toute expulsion dans un délai suffisant et raisonnable, et veiller à ce que toutes les personnes concernées se voient proposer une solution de relogement adéquate et à ce que nul ne soit laissé sans abri. »

Un grand nombre des habitants de cette rue étaient déjà allés chercher refuge chez des proches ou dans des églises, mais une centaine de personnes ne sachant pas où aller se trouvaient encore dans les bâtiments peu de temps avant leur démolition.

Mercredi, une femme qui vivait avec ses trois enfants à Njemanze Road a dit à Amnesty International : « On ne nous a pas payés et on nous demande de partir. Nous avons construit nous-mêmes cette maison. Nous dormons dans cette pièce [sans toit ni fenêtre]. Nous n'avons nulle part où aller. »

Vendredi 30 octobre, la police a enlevé les portes, les fenêtres et les toits des maisons qui longent Njemanze Road, les rendant ainsi inhabitables.

Les occupants – qui comptent un grand nombre de femmes et d'enfants – n'ont été avertis qu'ils devaient quitter leurs logements et commerces que sept jours à l'avance, et la plupart d'entre eux ne se sont vu proposer ni indemnisation ni solution de relogement.

Mercredi, le commissaire au développement urbain, Osima Ginah, s'est rendu à Njemanze Road avec une escorte policière et a averti les habitants qu'ils avaient vingt-quatre heures pour évacuer leurs maisons.

Certaines de ces personnes ont déjà subi une première expulsion forcée. Le quartier de Njemanze, sur le front de mer, qui comptait des milliers d'habitants, a en effet été détruit le 28 août.

Plusieurs de ces habitants ont alors trouvé refuge non loin de là dans des immeubles de Njemanze Road, qui sont à leur tour en train d'être démolis.

Le front de mer est l'une des zones les plus densément peuplées de Port Harcourt. Le gouverneur de l'État a déclaré à plusieurs reprises que les démolitions sur le front de mer visaient à « assainir [les lieux] et endiguer les activités criminelles ».

« Les autorités de l'État de Rivers ne peuvent recourir à des expulsions qu'en dernier ressort, a souligné Erwin van der Borght. Elles sont obligées, dans chaque cas, d'étudier toutes les autres solutions possibles, et d'éviter ou de réduire autant que possible le recours à la force. »

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