Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

7 juillet 2011

Le Tadjikistan doit libérer un journaliste de la BBC, d'autant que selon certaines informations il aurait été torturé

Le Tadjikistan doit libérer un journaliste de la BBC, d'autant que selon certaines informations il aurait été torturé

Les autorités tadjikes doivent immédiatement libérer un journaliste de la BBC, qui serait détenu uniquement en raison de ses articles et aurait été torturé ou maltraité en détention, a déclaré Amnesty International.

Arrêté le 13 juin, Ourinboï Ousmonov a été inculpé de participation au mouvement islamique interdit Hizb-ut-Tahrir (Parti de la libération).

Des représentants de la Sûreté de l'État ont assuré mercredi 6 juillet que, malgré de précédentes déclarations du ministère de l'Intérieur, Ourinboï Ousmonov n'a pas été accusé d'être membre du Parti de la libération, mais qu'ils poursuivaient leurs investigations sur son implication au sein du mouvement.

Il a été placé en détention provisoire à Khujand, ville du nord du pays.

Selon ses proches, Ourinboï Ousmonov aurait été torturé ou maltraité au cours de sa détention. Un collègue de la BBC, qui a reçu l'autorisation de lui rendre visite, a déclaré qu'il semblait « fragile mentalement et psychologiquement ».

« Amnesty International considère que les charges retenues contre Ourinboï Ousmonov ont été forgées de toutes pièces, dans le but de sanctionner son travail de journaliste et parce qu'il a exercé de manière pacifique son droit à la liberté d'expression, a indiqué John Dalhuisen, directeur adjoint du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty International.

« Nous le considérons comme un prisonnier d'opinion. Il doit être remis en liberté immédiatement et sans condition. En outre, les autorités doivent mener dans les meilleurs délais une enquête approfondie sur les allégations de torture et traduire les responsables présumés en justice. »

Ourinboï Ousmonov n'est pas rentré du travail le 13 juin. Il a fait une brève apparition le lendemain, aux côtés d'agents de la Sûreté de l'État qui ont perquisitionné son domicile.

C'est à ce moment-là que ses proches ont vu qu'il présentait des blessures au cou. Ils pensent qu'elles résultent de tortures ou d'autres formes de mauvais traitements qui lui ont été infligés durant sa détention.

Le 15 juin, un porte-parole du ministère de l'Intérieur a indiqué qu'Ourinboï Ousmonov était soupçonné d'être membre du Parti de la libération depuis 2009 et de faire de la propagande extrémiste via Internet.

L'avocat d'Ourinboï Ousmonov a affirmé à Amnesty International le 2 juillet que l'enquête n'avait pas fourni la preuve de son appartenance à ce parti.

Jeudi 7 juillet, des représentants du Comité d'État de la Sécurité nationale du Tadjikistan ont déclaré à la BBC qu'il n'était pas accusé d'appartenir au Parti de la libération, mais que l'enquête portait sur son implication au sein de l'organisation et sur le fait qu'il n'avait pas informé les autorités de ses contacts avec ce mouvement.

Ourinboï Ousmonov n'a pu consulter un avocat qu'une semaine après son arrestation. Depuis le 14 juin, sa famille n'a été autorisée à le voir qu'une seule fois pendant une demi-heure, en présence d'agents des forces de l'ordre.

Hamid Ismaïlov, correspondant du service Asie centrale de la BBC, a pu rencontrer Ourinboï Ousmonov pendant 10 minutes et en a rendu compte le 28 juin : « Je m'attendais à rencontrer un homme fragile physiquement, mais il était aussi fragile mentalement et psychologiquement, et c'était très pénible à voir. Tout en me parlant, il ne quittait pas des yeux les agents de sécurité. »

Amnesty International milite contre les violations des droits humains au Tadjikistan – actes de torture et autres mauvais traitements commis par des agents des forces de l'ordre, impunité dont bénéficient les tortionnaires, violences faites aux femmes ou encore restrictions imposées à la liberté d'expression.

Ces dernières années, les médias et les journalistes indépendants font l'objet de poursuites pénales et civiles lorsqu'ils critiquent le gouvernement.

Pour en savoir plus :

Usmanov case represents critical moment for Tajikistan (blog, 26 juin 2011)

Thème

Détention 
Liberté d'expression 
Prisonniers d'opinion 
Torture et mauvais traitements 

Pays

Tadjikistan 

Région ou pays

Europe et Asie centrale 

@amnestyonline sur Twitter

Nouvelles

22 juillet 2014

Le gouvernement gambien doit abolir les lois et pratiques draconiennes à l’origine de deux décennies de violations généralisées des droits humains, a déclaré Amnesty... Pour en savoir plus »

05 juin 2014

Les manifestants descendant dans la rue au Brésil durant la Coupe du monde risquent d’être victimes de violences policières et militaires aveugles, les autorités renforçant les... Pour en savoir plus »

03 juin 2014

Dans la deuxième partie de cette série en deux volets, deux personnes dont le nom figurait sur la liste des « personnes les plus recherchées » en Chine pour leur rôle dans le... Pour en savoir plus »

11 juillet 2014

Sasha, militant pro-ukrainien âgé de 19 ans, a été enlevé par des séparatistes à Louhansk et frappé à maintes reprises pendant 24 heures.

Pour en savoir plus »
07 juillet 2014

La condamnation à 15 ans de prison d’un éminent avocat saoudien, défenseur des droits humains, est un nouveau coup porté au militantisme pacifique et à la liberté d’... Pour en savoir plus »