Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

18 juillet 2011

L'interdiction de voyager qui avait été prononcée contre un militant syrien a été levée

L'interdiction de voyager qui avait été prononcée contre un militant syrien a été levée

Le Syrien Haytham al Maleh, défenseur de longue date des droits humains, s'est habitué à recevoir de mauvaises nouvelles de la part des autorités de Damas.

Depuis 1980, l'action de cet avocat de 79 ans en faveur des droits humains lui a valu deux séjours en prison, de 1980 à 1986 et de 2009 à 2011, et le harcèlement de la part des autorités a contribué à la fermeture forcée de la Société des droits humains en Syrie, qu'il dirigeait.

C'est pourquoi le 23 juin, lorsque son avocat s'est rendu à la Direction syrienne de l'immigration et des passeports et lui a annoncé que l'interdiction de voyager prononcée contre lui sept ans auparavant avait été levée, Haytham al Maleh a été assez sceptique pour vérifier l'information.

« J'ai envoyé un autre avocat, parce que je ne croyais pas le premier », a-t-il déclaré à Amnesty International. « Je n'avais jamais pensé que je pourrais quitter la Syrie. »

Mais c'était vrai. Haytham al Maleh est allé chercher son passeport le 26 juin. Il a finalement quitté le pays pour l'Europe le 10 juillet. Le même jour, le gouvernement syrien a annoncé, lors d'une conférence du dialogue national boycottée par la majorité de l'opposition, que toutes les interdictions de voyager seraient levées. Haytham al Maleh ne pouvait toujours pas croire ce qui s'était passé.

« Même en passant les contrôles frontaliers à l'aéroport, je n'arrivais toujours pas à croire que j'étais réellement libre de voyager », a-t-il déclaré.

Il s'est d'abord arrêté en Turquie, où il a rencontré son fils Iyas pour la première fois en sept ans, et il a depuis assisté à Istanbul une conférence de l'opposition syrienne.

Après trois années passées en prison, Haytham al Maleh a été libéré le 8 mars 2011 dans le cadre d'une amnistie concernant certaines catégories de détenus, notamment ceux âgés de 70 ans et plus. Mais il a été forcé de passer dans la clandestinité afin d'éviter d'être à nouveau placé en détention pour avoir exprimé son soutien en faveur des manifestations de grande ampleur qui ont éclaté peu après.

Pendant qu'il se cachait, il a déposé une demande de passeport. Ce n'est qu'en envoyant ses avocats se renseigner sur l'état d'avancement de sa demande qu'il a appris qu'il était enfin libre de quitter le pays. La manière détournée dont Haytham al Maleh a découvert qu'il pouvait se rendre à l'étranger est révélatrice du flou entourant la façon dont sont imposées, et levées, ces interdictions en Syrie.

On pense que des centaines, peut-être même des milliers de Syriens, dont des militants politiques ou en faveur des droits humains et leur famille, sont soumis à ce type d'interdictions arbitraires de voyager, imposées par diverses branches des obscurs services de sécurité syriens et pouvant être temporaires ou permanentes. Elles ne sont souvent découvertes que quand ces personnes effectuent des démarches auprès des autorités pour préparer un voyage.

L'annonce des autorités syriennes indiquant que ces interdictions ont désormais été levées apparaît dans ce contexte comme un pas en avant. Mais tant que l'identité des personnes interdites de voyage et leur nombre ne seront pas révélés, il sera difficile d'évaluer dans quelles proportions ces interdictions ont été levées.

En attendant, Haytham al Maleh profite de sa liberté nouvelle pour poursuivre ses activités de militant politique à l'étranger, en participant à des événements organisés par l'opposition et en faisant pression sur les hommes et femmes politiques européens.

Quant à l'annonce concernant les interdictions de voyager, cela ne l'impressionne pas. « Ce n'est pas une avancée », a-t-il déclaré. « Les gens ne devraient à l'origine pas être empêchés de voyager, puisque cela va à l'encontre de la loi. »

Lorsqu'on lui demande s'il craint que ses activités à l'étranger le mettent en danger s'il retourne en Syrie, Haytham al Maleh reste sur ses positions. « Je ne suis absolument pas inquiet », a-t-il affirmé. « J'ai une devise : “Oublie tes inquiétudes et commence à vivre !” »

Pour en savoir plus :

Un rapport révèle les crimes contre l'humanité commis dans une ville syrienne (rapport, 6 juillet 2011)

Thème

Liberté d'expression 
Crise Moyen-Orient et Afrique du Nord 
Prisonniers d'opinion 

Pays

Syrie 

Région ou pays

Moyen-Orient et Afrique du Nord 

@amnestyonline sur Twitter

Nouvelles

21 août 2014

Les mineurs accusés d’être des membres de groupes armés dans le cadre du conflit qui perdure au Mali croupissent dans des prisons pour adultes, tandis que les violations des... Pour en savoir plus »

11 août 2014

Les familles de milliers de civils afghans tués par les forces américaines et de l’OTAN en Afghanistan ont été privées de justice, écrit Amnesty International dans un nouveau... Pour en savoir plus »

11 août 2014

Les familles de milliers de civils afghans tués par les forces américaines et de l’OTAN en Afghanistan ont été privées de justice, écrit Amnesty International dans un nouveau... Pour en savoir plus »

02 septembre 2014

Les poursuites engagées par les autorités turques contre des personnes les ayant critiquées sur Twitter mettent en évidence la profonde hypocrisie du pays hôte du Forum sur la... Pour en savoir plus »

29 août 2014

Le militant pacifiste Mohamed Bachir Arab est détenu au secret depuis qu'il a été arrêté par les services de renseignement syriens le 2 novembre 2011. Il fait partie des... Pour en savoir plus »