Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

17 novembre 2011

Bélarus : un candidat à l'élection présidentielle emprisonné est privé de tout contact avec ses avocats

Bélarus : un candidat à l'élection présidentielle emprisonné est privé de tout contact avec ses avocats
L'ancien candidat à l'élection présidentielle bélarussienne Andreï Sannikov est un prisonnier d'opinion.

L'ancien candidat à l'élection présidentielle bélarussienne Andreï Sannikov est un prisonnier d'opinion.

© Kseniya Avimova/Demotix


Une fois de plus, les autorités bélarussiennes semblent jouer avec les avocats et les proches d'Andreï Sannikov en le déplaçant de prison en prison pour le punir de ses opinions politiques
Source: 
Heather McGill, chercheuse d'Amnesty International sur le Bélarus
Date: 
Je, 17/11/2011

Les autorités du Bélarus doivent immédiatement permettre à un ancien candidat à l'élection présidentielle incarcéré de contacter son avocat, a déclaré Amnesty International jeudi 17 novembre, après avoir appris que cet homme avait fait l'objet d'un énième transfert de prison inopiné.

Une avocate d'Andreï Sannikov s'est aperçue mercredi que son client ne se trouvait plus dans la colonie pénitentiaire de Bobrouïsk (est du pays), où il était détenu.

Elle a été informée jeudi qu'il avait été transféré dans une prison de Moguilev, à environ 200 km au nord-est, mais elle n'a pas été autorisée à entrer en contact avec lui au motif qu'il était toujours en transit.

« Une fois de plus, les autorités bélarussiennes semblent jouer avec les avocats et les proches d'Andreï Sannikov en le déplaçant de prison en prison pour le punir de ses opinions politiques, a estimé Heather McGill, spécialiste du Bélarus au sein d'Amnesty International.

« Cela doit cesser et il doit être libéré immédiatement et sans conditions, car rien ne justifie son emprisonnement et le traitement cruel qui lui est réservé. Les proches ou les avocats devraient toujours être informés rapidement lorsqu'un prisonnier est transféré. »

Cette pratique de transferts fréquents de prisonniers est inédite au Bélarus, où les autorités refusent généralement de déplacer les détenus même quand leur vie est en jeu. Au cours du processus de transfert, qui peut durer plusieurs jours voire plusieurs semaines, les prisonniers sont maintenus dans des conditions inhumaines et subissent des températures extrêmement froides ou chaudes sans avoir suffisamment à manger et à boire.

Andreï Sannikov a été condamné à cinq ans d'emprisonnement en mai pour le rôle qu'il a joué dans des manifestations de grande ampleur organisées à Minsk après la réélection du président Alexandre Loukachenko en décembre dernier. Beaucoup de personnes condamnées à la suite des manifestations ont été remises en liberté après avoir signé des « aveux » indiquant qu'elles avaient organisé ou participé à des « troubles à l'ordre public de grande envergure ».

Amnesty International pense que les transferts fréquents et vraisemblablement injustifiés auxquels Andreï Sannikov est soumis sont une façon de le mettre sous pression physiquement et psychologiquement pour qu'il signe des « aveux ».

En septembre, lui et un autre prisonnier d'opinion, Zmitser Dachkevitch, ont fait l'objet d'un transfert qui a duré plus de 10 jours. Pendant une partie de cette période, les autorités n'ont pas informé les avocats d'Andreï Sannikov du lieu où il se trouvait.

Selon l'épouse de cet ancien candidat à l'élection présidentielle, la journaliste Irina Khalip, dans une prison où il a été détenu au cours de ce transfert, ses codétenus l'ont menacé de violence physique.

Amnesty International craint que son maintien en détention ne l'expose au risque d'être victime de torture ou d'autres mauvais traitements aux mains d'agents pénitentiaires ou de tiers.

Outre Andreï Sannikov et Zmitser Dachkevitch, plusieurs autres personnes purgent actuellement des peines de prison en raison de leur participation pacifique aux manifestations de décembre dernier. Parmi elles figurent Zmitser Bandarenka, Édouard Lobau, Pavel Severinets et Nikolaï Statkevitch, tous condamnés cette année à des peines allant de deux à six ans.

Un autre prisonnier d'opinion, Dimitri Ouss, a été condamné à cinq ans et demi d'emprisonnement, mais il a été libéré le 1er octobre.

« Nous continuons d'exhorter les autorités du Bélarus à libérer tous les prisonniers d'opinion qui ont été condamnés à des peines de prison uniquement pour avoir participé à des manifestations politiques non violentes en décembre dernier, a ajouté Heather McGill.

« La population du Bélarus doit avoir le droit d'exprimer pacifiquement sa divergence et ses opinions politiques sans crainte de sévères représailles émanant des autorités. »

Thème

Militants 
Détention 
Liberté d'expression 
Conditions de détention 
Prisonniers d'opinion 
Torture et mauvais traitements 

Pays

Bélarus 

Région ou pays

Europe et Asie centrale 

@amnestyonline sur Twitter

Nouvelles

09 avril 2014

Une vue d'ensemble de la crise des droits humains de dimension historique qui secoue actuellement la République centrafricaine.

Pour en savoir plus »
04 mars 2014

Quand Brent Miller a été tué dans la prison de Louisiane où il travaillait, ni Teenie, son épouse, ni ses autres proches ne s’imaginaient qu’ils se retrouveraient mêlés à une... Pour en savoir plus »

27 mars 2014

Les tribunaux japonais ont enfin entendu raison et ordonné la tenue d’un nouveau procès pour un prisonnier qui a passé plus de 40 ans... Pour en savoir plus »

08 avril 2014

Attaques, discrimination, expulsions violentes, privation de logement et extrême pauvreté. La vie des 20 000 Roms de France – dont la plupart sont des migrants – est... Pour en savoir plus »

14 avril 2014

Les restrictions croissantes à la liberté d’expression imposées en cette période préélectorale en Algérie font apparaître des failles choquantes dans le bilan global des droits... Pour en savoir plus »