Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

2 août 2012

Cuba : l'État doit cesser de «jouer au chat et à la souris» avec les militants politiques

Cuba : l'État doit cesser de «jouer au chat et à la souris» avec les militants politiques
José Daniel Ferrer García a été maintes fois détenu à Cuba en raison de son militantisme pacifique.

José Daniel Ferrer García a été maintes fois détenu à Cuba en raison de son militantisme pacifique.

© UNPACU


La dernière arrestation en date de José Daniel Ferrer García et la courte détention qui a suivi font partie du jeu du chat et de la souris auquel s’adonnent les autorités cubaines avec les dissidents politiques et les défenseurs des droits humains.
Source: 
James Burke, chargé de campagne sur les Caraïbes à Amnesty International

Les autorités cubaines doivent mettre fin à leurs manœuvres de harcèlement visant des militants politiques et des défenseurs des droits humains, a déclaré Amnesty International jeudi 2 août à la suite de la libération d'un ancien prisonnier d'opinion, arrêté et détenu 36 heures dans un poste de police.

José Daniel Ferrer García, coordinateur de l'Union patriotique de Cuba (UNPACU), a été libéré mercredi 1er août, deux jours après que la police l'a arrêté dans la province de Holguín (est du pays).

Il n'a été inculpé d'aucune infraction. Sa famille ignorait où il se trouvait jusqu'à ce que les autorités le renvoient chez lui, mercredi 1er août dans l'après-midi.

José Daniel Ferrer García avait déjà été détenu trois jours en février 2012, après avoir été arrêté à La Havane, et 27 jours pour « trouble à l'ordre public » à Santiago de Cuba deux mois plus tard. Ces détentions de courte durée mais répétées relèvent d'une pratique courante de harcèlement de membres de l'UNPACU et d'autres dissidents politiques à laquelle se livrent les autorités cubaines.

« La dernière arrestation en date de José Daniel Ferrer García et la courte détention qui a suivi font partie du jeu du chat et de la souris auquel s'adonnent les autorités cubaines avec les dissidents politiques et les défenseurs des droits humains, a expliqué James Burke, chargé de campagne sur les Caraïbes à Amnesty International.

« Cette pratique – qui constitue une forme de harcèlement et une manœuvre d'intimidation visant à réprimer le militantisme légitime et pacifique ainsi que la liberté d'expression – doit cesser. »

L'UNPACU, né à la mi-2011, regroupe des organisations dissidentes cubaines de la province de Santiago de Cuba et des provinces environnantes qui prônent des changements démocratiques par des moyens non violents.

Depuis la création de ce collectif, les autorités cubaines ont recours à la détention arbitraire et à d'autres mesures pour harceler et intimider ses membres. L'un d'eux, Wilman Villar Mendoza – qu'Amnesty International avait adopté comme prisonnier d'opinion – est décédé en janvier dernier lors d'une grève de la faim qu'il observait pour protester contre sa condamnation à quatre ans de prison à l'issue d'un procès sommaire.

José Daniel Ferrer García, coordinateur de l'UNPACU, a été condamné à 25 ans de réclusion en raison de son militantisme politique. Il a finalement obtenu une libération conditionnelle en mars 2011, après avoir purgé huit ans de sa peine.

Cet homme figure parmi les 75 dissidents cubains arrêtés en mars 2003, lors de la répression dite du « Printemps noir ». Amnesty International a adopté toutes ces personnes comme prisonniers d'opinion après qu'elles ont été incarcérées pour avoir exprimé, pourtant pacifiquement, des opinions critiques à l'égard du régime.

José Daniel Ferrer García a été visé en partie en raison de sa participation au projet Varela, qui appelait à la tenue d'un référendum national sur des réformes démocratiques à Cuba.

Après sa libération conditionnelle intervenue l'an dernier, il a été de nouveau arrêté par la police de Santiago de Cuba le 2 avril 2012, aux côtés de 42 autres militants – dont la plupart étaient membres de l'UNPACU.

Toutes ces personnes ont été relâchées mais la police a détenu José Daniel Ferrer García pendant 27 jours pour « trouble à l'ordre public » avant de la libérer à condition qu'il renonce à son militantisme politique.

Après sa libération, José Daniel Ferrer García a confié à Amnesty International que les autorités l'avaient arrêté pour l'empêcher de se rendre à La Havane, la capitale, où il avait prévu de rencontrer d'autres détracteurs du régime prônant de manière pacifique un plus grand respect des droits civils et politiques à Cuba.

Il a déclaré que la campagne de harcèlement actuelle ne découragerait ni ses collègues ni lui de poursuivre leurs activités militantes : « Notre but est l'établissement d'un véritable état de droit à Cuba, où la liberté d'expression et la liberté d'association – toutes les libertés fondamentales – seraient respectées, et nous continuerons notre lutte pacifique jusqu'à ce que nous obtenions gain de cause. »

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