Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

21 novembre 2011

Égypte : les dirigeants militaires doivent réfréner les forces de sécurité

Égypte : les dirigeants militaires doivent réfréner les forces de sécurité
La police antiémeute se tient prête pendant les manifestations sur la place Tahrir.

La police antiémeute se tient prête pendant les manifestations sur la place Tahrir.

© KHALED DESOUKI/AFP/Getty Images


Ce bain de sang des derniers jours est inacceptable. Cette violence pose une nouvelle fois la question des ordres donnés aux forces de sécurité
Source: 
Philip Luther, directeur par intérim du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.
Date: 
Lu, 21/11/2011

Le Conseil suprême des forces armées (CSFA) doit immédiatement mettre fin au recours excessif à la force qui depuis samedi a provoqué la mort de plusieurs manifestants et en a blessé de nombreux autres sur la place Tahrir, a déclaré Amnesty International lundi 21 novembre.

Une vingtaine de personnes auraient été tuées dans les affrontements violents qui ont éclaté au Caire et à Alexandrie depuis samedi.

Des centaines de personnes ont été blessées lors des affrontements du fait que les forces de sécurité semblent avoir procédé à des tirs de chevrotine et de balles en caoutchouc en direction de la foule.

« Ce bain de sang des derniers jours est inacceptable, a déclaré Philip Luther, directeur par intérim du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International. Cette violence pose une nouvelle fois la question des ordres donnés aux forces de sécurité. »

Nous considérons que la vie et la sécurité des manifestants et des électeurs qui voteront la semaine prochaine sont sous la responsabilité du Conseil suprême des forces armées (CSFA).

« Les opérations violentes de maintien de l'ordre des derniers jours rappellent la répression de« la révolution du 25 janvier », et les forces de sécurité commettent les mêmes violations que pendant les trente ans de pouvoir de Moubarak. »

« Les autorités égyptiennes ont le devoir de maintenir l'ordre mais elles ne doivent pas avoir recours à une force excessive contre des manifestants pacifiques et mettre ainsi gravement en péril le droit des Égyptiens à la liberté d'expression et de réunion. »

Amnesty International rend public mardi 22 novembre un nouveau rapport intitulé Broken Promises: Egypt's Military Rulers Erode Human Rights.

Publié à quelques jours du début des élections le 28 novembre, ce rapport analyse comment les discours officiels ont fait perdre de vue l'élimination progressive de ceux qui osent défier, remettre en question ou critiquer les dirigeants militaires égyptiens.

Les manifestants de ces derniers jours réagissaient à la dispersion violente par la police antiémeute d'un sit-in de personnes blessées lors du soulèvement du mois de janvier. Celles-ci campaient depuis plusieurs jours sur la place Tahrir pour demander au Conseil suprême des forces armées de remettre le pouvoir aux civils et de les dédommager convenablement pour leurs blessures.

Pour reprendre le contrôle de la place Tahrir et des rues environnantes, les forces de sécurité ont frappé les manifestants à coups de matraque et ont utilisé du gaz lacrymogène en grande quantité pour disperser la foule. Certains des manifestants ont riposté en jetant des pierres et, dans quelques cas, des cocktails molotov. Environ 120 personnes ont été arrêtées et déférées au parquet.

Selon certaines informations, des corps à la morgue du Caire portaient à la tête et à la poitrine des blessures provoquées par des balles réelles. Le ministère public a demandé des autopsies.

Pays

Égypte 

Région ou pays

Moyen-Orient et Afrique du Nord 

Thème

Liberté d'expression 
Application des lois 
Crise Moyen-Orient et Afrique du Nord 

@amnestyonline sur Twitter

Nouvelles

15 décembre 2014

Militante exemplaire, Maria Shongwe a surmonté un certain nombre d’obstacles auxquels sont confrontées de nombreuses femmes et jeunes filles en Afrique du Sud, notamment... Pour en savoir plus »

16 décembre 2014

Chelsea Manning purge une peine de 35 ans de prison pour avoir communiqué des informations confidentielles du gouvernement américain au site Internet Wikileaks. Depuis sa... Pour en savoir plus »

08 décembre 2014

Une démarche généreuse a transformé l’ouvrière chinoise Liu Ping en militante anticorruption acharnée. Liao Minyue, sa fille, raconte ce qui s’est passé.

 

Pour en savoir plus »
11 décembre 2014

Le commandant de sous-marin John Remø prenait soin de dissimuler toutes les preuves, cachant les vêtements de femme à la cave. Ce n’est qu’au bout de 30 ans que le... Pour en savoir plus »

12 décembre 2014

L’avocat Mohammed al Roken a été condamné à 10 ans d’emprisonnement en juillet 2013 à la suite d’une vague de répression contre les militants politiques et les... Pour en savoir plus »