Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

26 février 2013

Cinq histoires de droits humains que vous ne connaissez probablement pas...

Cinq histoires de droits humains que vous ne connaissez probablement pas...
Être Rom en Macédoine n'est pas facile et, pour les femmes roms, la situation est encore plus ardue.

Être Rom en Macédoine n'est pas facile et, pour les femmes roms, la situation est encore plus ardue.

© Jean-François Joly/Amnesty International


L'an passé, on sait que des milliers de civils ont été brutalement assassinés pendant des affrontements en Syrie. Au Mali, on a constaté une escalade des violations des droits humains et, en Afghanistan et au Pakistan, les femmes ont continué à subir d'importantes discriminations.

Mais, plus furtivement et hors de portée de l'attention internationale, des gouvernements et des groupes armés bafouent également les droits humains dans de nombreux autres pays.

Voici cinq histoires révélatrices :

Bolivie

Des victimes de violations des droits humains (notamment de tortures et de disparitions forcées) perpétrées sous les régimes militaires et autoritaires (de 1964 à 1982), ainsi que leurs proches, manifestent depuis près d'un an devant le ministère de la Justice à La Paz.

Elles affirment que les autorités leur refusent des réparations pleines et entières, y compris une compensation économique, pour les violences qu'elles ou leurs proches ont subies dans le passé.

En mars 2004, une loi a été adoptée concernant le droit des victimes à être indemnisées pour les atteintes en question. Selon les informations officielles, sur les 6 000 demandes reçues, seules 1 714 ont été acceptées. Toutes les autres ont été rejetées.

Les victimes d'abus et leurs proches déclarent que les conditions imposées étaient extrêmement restrictives. Les autorités demandaient, par exemple, des certificats médicaux aux personnes ayant été torturées, des certificats de décès et d'autres documents très difficiles voire impossibles à obtenir.

Le 8 février de cette année, un homme a attaqué Victoria López, l'une des victimes, devant le ministère. Il l'a invectivée tout en se plaignant de la présence de la foule dans la rue, puis l'a frappée avec un bâton. L'homme a été livré à la police, qui l'a relâché sans l'interroger.

Guinée-Bissau

Dix mois après le coup d'État militaire d'avril 2012, les nouvelles autorités de ce pays ouest-africain continuent de réprimer les critiques, de porter atteinte aux droits humains et de bafouer les libertés fondamentales.

Les manifestations restent interdites, les journalistes sont harcelés ou arrêtés, et les exécutions extrajudiciaires datant du coup d'État n'ont fait l'objet d'aucune enquête, alors que leurs auteurs sont toujours en liberté.

Au mois d'octobre, le journaliste indépendant António Silva Ali a fui le pays après le passage de soldats à son domicile. Ces derniers auraient menacé de le tuer. António Silva avait déjà été arrêté et battu pour avoir écrit un article de blog concernant le chef d'état-major des forces armées.

Parallèlement aux violations des droits civils et politiques, le contexte économique et social s'est fortement dégradé en Guinée-Bissau à la suite du coup d'État, ce qui a entraîné une situation humanitaire très précaire. La nourriture est rare et chère, des écoles ont été fermées et les hôpitaux manquent de médicaments essentiels.

Macédoine

Être Rom en Macédoine n'est pas facile et, pour les femmes roms, la situation est encore plus ardue, car celles-ci font face à des fortes discriminations en matière d'accès à l'éducation, de recherche d'emploi ou de soins de santé.

Le taux d'abandon des étudiantes est très élevé, ce qui, selon Amnesty International, est en partie lié aux lourds stéréotypes des enseignants concernant le peu de valeur qu'attribuent les Roms à l'éducation des filles.

Les autorités ont fait très peu d'efforts pour améliorer la situation – les pressions internationales n'ayant abouti qu'à des demi-mesures qui n'ont jamais été réellement mises en œuvre.

En janvier 2013, Amnesty International a publié un exposé sur le gouvernement macédonien, qui n'avait pris aucune mesure spéciale pour garantir les droits des femmes et des filles roms. Le Comité des Nations Unies pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes est en train d'examiner les conclusions de ce document.

Émirats arabes unis

Au-delà des façades étincelantes de gratte-ciel somptueux, et derrière les sourires assurés des représentants du pays, on constate que la situation des droits humains est peu brillante.

Dans les Émirats arabes unis d'aujourd'hui, des tortures sont pratiquées dans une impunité quasi-totale et des militants de l'opposition, y compris des prisonniers d'opinion, sont systématiquement arrêtés et détenus – certains depuis plusieurs mois – sans inculpation ni jugement. En 2011, cinq dissidents ont été condamnés à des peines de prison.

Les travailleurs étrangers, y compris les travailleuses domestiques, continuent de se voir refuser certains droits fondamentaux.

Les femmes sont victimes de discriminations dans la législation et la pratique, et la peine de mort continue d'être imposée.

En janvier 2013, le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies a examiné la situation des Émirats arabes unis en matière de droits humains, après les engagements (en 2008) de ce pays à faire des progrès significatifs. La veille au soir, 94 militants passaient en jugement pour avoir critiqué le gouvernement. La coïncidence de ces deux événements démontre le caractère superficiel des promesses émises jusqu'à présent.

Viêt-Nam

Largement hors du regard des médias, là encore, le Viêt-Nam devient l'une des plus grandes prisons du Sud-Est asiatique pour les défenseurs des droits humains.

Au cours des deux dernières années, le gouvernement a intensifié sa politique de répression de la liberté d'expression. Il a notamment emprisonné des dizaines de blogueurs, de militants politiques pacifiques, des écrivains, des avocats, des hommes d'affaires et même des auteurs-compositeurs.

Les défenseurs des droits humains risquent souvent des dizaines d'années d'emprisonnement à la suite de procès inéquitables et peu transparents. Les tribunaux utilisent des accusations aux consonances orwelliennes, de type « propagande contre l'État » ou « activités visant à renverser le gouvernement », bien que la liberté d'expression soit garantie par la Constitution vietnamienne.

Le 24 septembre 2012, par exemple, trois blogueurs vietnamiens ont été condamnés à des peines de quatre à 12 ans d'emprisonnement pour « propagande contre l'État ». Nguyen Van Hai, Ta Phong Tan et Phan Thanh Hai, co-fondateurs, en 2007, du Club des journalistes vietnamiens libres, avaient fait campagne pour une presse indépendante et défendu diverses questions de démocratie. Le procès n'a duré que quelques heures, tandis que plusieurs partisans et proches des blogueurs ont été arrêtés pour les empêcher d'assister aux audiences.

Thème

Militants 
Groupes armés 
Disparitions et enlèvements 
Discrimination 
Droits économiques, sociaux et culturels 
Liberté d'expression 
Torture et mauvais traitements 
Femmes 

Pays

Bolivie 
Guinée-Bissau 
Macédoine 
Émirats arabes unis 
Viêt-Nam 

Région ou pays

Asie - Pacifique 

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