Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

1 mars 2013

Les pratiques brutales de la police sud-africaine font une nouvelle victime

Les pratiques brutales de la police sud-africaine font une nouvelle victime
Ce n’est pas la première fois que des policiers sud-africains prennent pour cible des ressortissants étrangers.

Ce n’est pas la première fois que des policiers sud-africains prennent pour cible des ressortissants étrangers.

© Alexander Joe/AFP/GettyImages


En un coup d'œil

* Amnesty International constate depuis près de dix ans que la police a de plus en plus souvent tendance à utiliser une force excessive en réaction aux mouvements de protestation sociale et aux crimes de droit commun.

* L’homicide, commis par des policiers lourdement armées, de 34 mineurs en grève à Marikana en août dernier est un exemple extrêmement inquiétant de cette tendance.

* Le gouvernement sud-africain doit s’engager publiquement à faire le nécessaire pour que la police cesse d’employer une force excessive et de commettre des homicides ciblés.

Cette vidéo est choquante. Ces actes consternants, qui sont symptomatiques d’un recours excessif à la force fournissent le dernier exemple en date du comportement brutal de la police en Afrique du Sud, dont le caractère systématique est de plus en plus dérangeant.
Source: 
Noel Kututwa, directeur de la section sud-africaine d’Amnesty International
Date: 
Ve, 01/03/2013

Des séquences filmées montrant des policiers sud-africains en train d’attacher un homme, originaire du Mozambique, à leur véhicule et de le traîner le long de la route ont fait les gros titres dans le monde entier.

Cet homme aurait plus tard succombé à des blessures à la tête dans sa cellule en garde à vue.

« Cette vidéo est choquante », a déclaré Noel Kututwa, directeur de la section sud-africaine d’Amnesty International.

« Ces actes consternants, qui sont symptomatiques d’un recours excessif à la force fournissent le dernier exemple en date du comportement brutal de la police en Afrique du Sud, dont le caractère systématique est de plus en plus dérangeant. »

Amnesty International constate depuis près de dix ans que la police a de plus en plus souvent tendance à utiliser une force excessive en réaction aux mouvements de protestation sociale et aux crimes de droit commun. La torture et d’autres formes de mauvais traitements, principalement dans le contexte des enquêtes, se sont banalisées.

L’homicide, commis par des policiers lourdement armées, de 34 mineurs en grève à Marikana en août dernier et les mauvais traitements qui auraient par la suite été infligés à certains mineurs blessés et placés en détention, sont un exemple extrêmement inquiétant de cette tendance.

Les nombreux homicides ciblés et agressions imputés à des membres de l’Unité de lutte contre le crime organisé de Cato Manor, établie à Durban, le sont également.

Les victimes présumées de cette unité incluent Bongani Mkhize, propriétaire d’une compagnie de taxis, assassiné trois mois après que la Cour suprême eut rendu une décision interdisant à la police de le tuer, et Kwazi Ndlovu, un garçon de 15 ans abattu lorsque des membres lourdement armés de l’unité ont fait irruption chez lui.

Ce n’est par ailleurs pas la première fois que des policiers sud-africains recourent à la violence contre des étrangers. En octobre 2011, dans le township de Nyanga, au Cap, des policiers auraient employé une force excessive au cours d’arrestations massives d’« immigrants illégaux présumés ». Figuraient parmi ces personnes des réfugiés reconnus qui avaient présenté leurs papiers à la police.

Certains signes encourageants montrent cependant que des efforts sont faits afin de mettre un terme à l’impunité pour les violences policières.

La Commission judiciaire d’enquête sur les homicides de Marikana a commencé à examiner de manière plus approfondie les éléments de preuve attestant les agissements de la police à Marikana. Vingt-huit membres de l’unité de Cato Manor sont actuellement inculpés de 116 infractions, notamment 28 meurtres.

En 2012, le Parlement a organisé des séances publiques sur un nouveau projet de loi relatif à la lutte contre la torture. Toujours en 2012, les pouvoirs de la Direction indépendante d’enquête sur la police (IPID), organe de surveillance des services de police, ont été renforcés par une nouvelle loi en vertu de laquelle les policiers sont susceptibles d’être poursuivis pour non coopération lors des enquêtes menées par l’IPID.

L’IPID se voit soumettre chaque année plus de 700 nouveaux cas de décès suspects survenus en détention ou dans d’autres contextes en lien avec le maintien de l’ordre.

« La Direction indépendante d’enquête sur la police doit bénéficier d’un soutien total dans le cadre des investigations qu’elle mène, afin que les responsables présumés de ce dernier homicide en date soient déférés à la justice », a ajouté Noel Kututwa.

« Amnesty International exhorte le gouvernement sud-africain à s’engager publiquement à faire le nécessaire pour que la police cesse d’employer une force excessive et de commettre des homicides ciblés. »

Thème

Exécutions extrajudiciaires et autres homicides illégaux 

Pays

Afrique du Sud 

Région ou pays

Afrique 

@amnestyonline sur Twitter

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