De graves atteintes aux droits humains ont eu lieu dans le cadre d’expulsions forcées, de spoliations de terres et de conflits fonciers. Les familles et les communautés affectées par ces actions ont multiplié les mouvements de protestation. Des militants et des défenseurs des droits humains engagés dans la lutte pour le respect du droit à un logement convenable se sont retrouvés en butte à des poursuites judiciaires et à des mesures d’emprisonnement, pour des motifs fallacieux. L’appareil judiciaire et les tribunaux manquaient toujours d’indépendance et servaient à réprimer la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique, ainsi que les activités légitimes de certains journalistes, syndicalistes et responsables politiques d’opposition. L’impunité en matière d’atteintes aux droits humains restait un problème majeur. Les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC) ont prononcé leur première condamnation, à l’encontre de Kaing Guek Eav (alias Duch), reconnu coupable de crimes contre l’humanité sous le régime des Khmers rouges.
Les autorités ont accepté la totalité des 91 recommandations formulées en mars par les États membres des Nations unies dans le cadre de la procédure de l’examen périodique universel. Ces recommandations concernaient notamment la lutte contre l’impunité et les expulsions et réinstallations forcées, ainsi que la réforme du système judiciaire.
Le rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme au Cambodge a effectué en juin une visite consacrée à l’appareil judiciaire du pays, qu’il a qualifié d’insuffisamment indépendant et d’incapable d’assurer la justice pour tous.
Le nouveau Code pénal, entré en vigueur au mois de décembre, comportait un certain nombre de dispositions controversées, limitant la liberté d’expression.
Haut de la pageÀ travers tout le Cambodge, des milliers de personnes, y compris des membres de populations indigènes, ont souffert des conséquences d’expulsions forcées, de spoliations de terres et de conflits fonciers dont certains avaient pour origine des concessions d’exploitation accordées par les pouvoirs publics à de grandes entreprises ou à des personnes influentes. Les protestations et les actions auprès des autorités, émanant de particuliers et de groupes entiers qui entendaient défendre leur droit à un logement décent, se sont multipliées.
Les autorités ont approuvé en mai une circulaire sur « l’habitation temporaire de terres illégalement occupées », destinée au relogement de communautés présentes depuis longtemps sur les lieux, dans certains cas en toute légalité, et expulsées de Phnom Penh et d’autres agglomérations urbaines.
Dans une décision prise en juillet et qui fera date, les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC) ont reconnu Kaing Guek Eav (alias Duch) coupable de crimes contre l’humanité et d’atteintes graves aux Conventions de Genève pour son rôle dans les exécutions, les actes de torture et autres crimes perpétrés à grande échelle sous le régime des Khmers rouges. Duch commandait à l’époque la prison de sécurité S-21, où ont été torturées et tuées au moins 14 000 personnes. Il a été condamné à 35 ans d’emprisonnement, peine réduite de 16 ans compte tenu du temps déjà passé en détention provisoire ou illégale. L’accusation comme la défense ont fait appel de la sentence.
De très nombreuses personnes ont été arrêtées pour avoir voulu défendre le droit au logement et protesté contre des spoliations et des expulsions forcées. Plusieurs dizaines d’entre elles purgeaient des peines prononcées les années précédentes. La plupart de ces personnes faisaient l’objet d’inculpations forgées de toutes pièces, infondées ou fallacieuses, telles que l’atteinte à la propriété privée, l’incitation à la violence, le vol et les coups et blessures.
Les tribunaux ont été utilisés pour restreindre la liberté d’expression et d’association des journalistes, des syndicalistes et des élus de l’opposition.
Aucune donnée officielle, fiable et exhaustive n’a été communiquée sur les cas de violence, notamment sexuelle, envers les femmes et les jeunes filles ou sur le nombre de procès intentés à des auteurs présumés de tels actes. Les victimes avaient de grandes difficultés à obtenir justice, en raison des carences du système judiciaire et de la pratique des arrangements en marge des tribunaux. Le manque de services susceptibles d’aider et de soutenir les victimes ne faisait qu’ajouter à leur traumatisme.