Fidji
Chef de l’État
Ratu Epeli Nailatikau
Chef du gouvernement
Josaia Voreqe Bainimarama
Peine de mort
abolie sauf pour crimes exceptionnels
Population
0,9 million
Espérance de vie
69,2 ans
Mortalité des moins de cinq ans (M/F)
25 / 24 ‰

Le régime militaire a continué de diriger le pays sans la Constitution, et les dispositions relatives à l’état d’urgence, très répressives, étaient toujours en vigueur. Le gouvernement a maintenu les restrictions imposées à la liberté d’expression, s’en prenant notamment à ses détracteurs, parmi lesquels figuraient des membres de l’Église méthodiste. Une nouvelle loi limitant la liberté de la presse a été adoptée. Les tribunaux ou, plus directement, les dispositions relatives à l’état d’urgence ont été utilisés pour persécuter ou intimider des défenseurs des droits humains. Un nouveau décret visant à lutter contre la violence faite aux femmes n’était toujours pas appliqué par les instances judiciaires et la police.

Liberté d’expression

En janvier, un haut responsable militaire a annoncé que toute personne critiquant le gouvernement s’exposerait à des représailles de l’armée. Le même mois, des membres du cabinet du Premier ministre ont suspendu pour une durée indéfinie 20 employés du conseil municipal de Suva, les accusant d’être des blogueurs opposés au gouvernement. Les autorités ont prévenu les employés qu’ils seraient persécutés par les forces de sécurité s’ils intentaient une action devant les tribunaux. Une enquête qui a duré neuf mois n’a révélé aucun élément de preuve contre eux, mais ils demeuraient suspendus, n’ayant guère la possibilité de recourir à la justice.

Plusieurs dizaines de retraités accusés de critiquer le régime ont vu leur pension suspendue en vertu du décret sur les pensions et allocations de retraite, qui est entré en vigueur en janvier. Cependant, le gouvernement a abrogé ce texte en mai.

Le mois de juin a vu l’adoption du décret relatif au développement des médias, portant création de l’Autorité fidjienne pour le développement du secteur des médias. Cette Autorité veille à ce que les médias locaux ne publient rien qui soit susceptible de porter atteinte à l’intérêt ou à l’ordre public. Elle possède des pouvoirs d’enquête étendus sur les journalistes et les organes de presse et peut, notamment, procéder à des perquisitions et des saisies. Le tribunal des médias, créé par le même décret, statuera sur les plaintes dont il est saisi par l’Autorité et pourra prononcer des peines d’emprisonnement et de lourdes amendes. Bien qu’il dispose d’un pouvoir répressif considérable, il ne sera pas tenu de respecter des règles formelles d’administration de la preuve.

  • En août, un journaliste qui avait publié un article indiquant que le directeur de la police avait été démis de ses fonctions par le gouvernement a été arrêté, interrogé et menacé par les forces de sécurité, qui l’ont contraint à dévoiler sa source.
  • En octobre, une journaliste de télévision a été arrêtée et menacée de poursuites au titre des dispositions relatives à l’état d’urgence pour avoir relaté l’arrestation et le placement en détention de l’ancien Premier ministre Mahendra Chaudhry.
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Liberté d’association

Le Premier ministre a continué d’interdire à l’Église méthodiste d’organiser sa conférence annuelle. Il a accusé les pasteurs méthodistes d’espionner l’armée pour le compte du gouvernement renversé lors du coup d’État de 2006.

En octobre, l’ancien Premier ministre Mahendra Chaudhry et cinq de ses compagnons ont été arrêtés dans la ville de Rakiraki, détenus pendant plus de 48 heures et inculpés d’avoir enfreint les dispositions relatives à l’état d’urgence en assistant à un rassemblement public réunissant au moins trois personnes sans l’accord des autorités.

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Défenseurs des droits humains

En janvier, l’éminente avocate Imrana Jalal, spécialisée dans la défense des droits humains, ainsi que son époux ont fait l’objet d’une enquête de la Commission indépendante contre la corruption à Fidji (FICAC) et ont été inculpés de sept infractions relevant de la réglementation en matière de santé publique (hôtels, restaurants et bars), de la Loi sur la sécurité alimentaire et du Code pénal. Les poursuites engagées contre eux étaient motivées par des considérations politiques.

Imrana Jalal avait publiquement dénoncé les violations des droits humains perpétrées par l’armée lorsque celle-ci avait renversé le gouvernement dirigé par Laisenia Qarase, en décembre 2006. En juillet, le tribunal a estimé que les garanties d’une procédure régulière n’avaient pas été respectées et toutes les poursuites ont été abandonnées. Cependant, son mari faisait toujours l’objet de poursuites dans le cadre d’une affaire connexe concernant son emploi au sein d’une entreprise publique.

  • En janvier, des militaires ont menacé et tenté d’intimider le syndicaliste Pramod Rae pour l’empêcher d’organiser une grève sur son lieu de travail, la Bank of Baroda.
  • En février, le Premier ministre a averti deux défenseurs des droits humains qu’ils pourraient être placés en détention dans une caserne militaire en raison des déclarations qu’ils avaient faites sur les autorités judiciaires du pays lors de l’examen périodique universel de Fidji par l’ONU.
  • En février également, le syndicaliste Attar Singh a été conduit de son bureau à la caserne militaire de Suva, menacé puis remis en liberté. En 2007, il avait été détenu dans cette même caserne, où des militaires l’avaient agressé et menacé de mort.
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Violences faites aux femmes et aux filles

De nombreuses violences physiques et sexuelles à l’encontre des femmes et des filles ont encore été signalées dans les médias et par des organisations de défense des femmes. Bien que le gouvernement ait déclaré que le décret de 2009 relatif à la violence domestique était entré en vigueur, des militants ont continué d’affirmer qu’il n’était pas appliqué et que les parties concernées, y compris la police, ne connaissaient toujours pas ses dispositions ni la marche à suivre pour les mettre en œuvre.

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