Gambie
Chef de l’État et du gouvernement
Yahya Jammeh
Peine de mort
abolie en pratique
Population
1,8 million
Espérance de vie
56,6 ans
Mortalité des moins de cinq ans (M/F)
123 / 109 ‰
Taux d’alphabétisation des adultes
45,3 %

Cette année encore, le gouvernement a restreint les libertés politiques, étouffé la liberté d’expression et commis des violations des droits humains en toute impunité. Des opposants, des défenseurs des droits humains, des journalistes et d’anciens agents des services de sécurité ont été arbitrairement arrêtés et placés en détention par des membres de l’Agence nationale de renseignement (NIA), de l’armée, de la police et de milices assez troubles, proches de la présidence et connues sous les noms de « ninjas », « drug boys » ou « jugglers ». Des cas de torture et de mauvais traitements infligés à des détenus ont été signalés. Une deuxième vague d’arrestations massives a eu lieu ; elle a culminé avec le procès pour trahison de huit hommes de premier plan, qui ont été condamnés à mort à l’issue d’une procédure manifestement inéquitable.

Arrestations et détentions arbitraires

Lors d’une vague d’arrestations, en mars, qui a fait suite à une opération analogue intervenue en novembre 2009, d’anciens représentants du gouvernement ont été accusés de trahison ou de tentatives de déstabilisation de l’État. Au total, plusieurs centaines d’anciens responsables publics, de militaires et de civils ont été placés en détention. Dans leur grande majorité, ils n’ont pas pu rencontrer d’avocat ni de membres de leur famille et ont connu des conditions d’incarcération très pénibles s’apparentant à un traitement cruel, inhumain et dégradant.

La police, la NIA et l’armée continuaient de procéder à des arrestations et des mises en détention illégales, au mépris du droit gambien. Certains détenus étaient incarcérés dans des cellules surpeuplées et insalubres de lieux de détention officiels tels que la prison centrale Mile 2, le siège de la NIA ou des centres de détention de la police. D’autres étaient maintenus dans des centres non reconnus, dont des casernes, des locaux secrets de postes de police, des postes dans des régions reculées ou encore des entrepôts.

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Peine de mort

Selon les informations disponibles, 20 personnes au moins étaient sous le coup d’une condamnation à mort à la fin de l’année. Aucune exécution n’a été signalée, la dernière connue remontant aux années 1980. La peine prévue pour la détention de plus de 250 grammes de cocaïne ou d’héroïne a été aggravée ; à partir du mois d’octobre, cette infraction était passible de la peine capitale.

Huit des hommes arrêtés en mars ont été reconnus coupables de trahison et condamnés à mort en juillet, à l’issue d’une procédure manifestement inéquitable au cours de laquelle certains accusés et certains témoins ont été torturés. Ces huit personnes étaient accusées de s’être procuré des armes, des munitions, de l’équipement et des mercenaires en Guinée, en vue d’un coup d’État. Il s’agissait de l’ancien chef de l’armée Lang Tombong Tamba, de l’ex-chef des services de renseignement Lamin Bo Badjie, de l’ancien inspecteur-général adjoint de la police Modou Gaye, du général de brigade Omar Bun Mbaye, de l’ancien agent de la NIA et vice-ambassadeur de la Gambie en Guinée-Bissau Gibril Ngorr Secka, de l’ancien lieutenant-colonel commandant du camp de Kanilaï Kawsu Camara et de deux civils, Abdoulie Joof et Yousef Ezziden.

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Liberté d’expression – journalistes

La liberté d’expression restait soumise à d’importantes restrictions. Les journalistes qui écrivaient des articles jugés hostiles au gouvernement ou étaient réputés fournir des informations de ce type aux médias s’exposaient à des manœuvres d’intimidation et de harcèlement.

  • La Cour de justice de la CEDEAO siégeant à Abuja, au Nigeria, a entendu Musa Saidykhan, ancien rédacteur en chef de The Independent, un journal de Banjul interdit en 2006. Musa Saidykhan a affirmé avoir été torturé après que des agents de la Sûreté de l’État eurent fait une descente dans les locaux du journal, cette année-là, fermé ce dernier et emprisonné son personnel. Après sa remise en liberté, Musa Saidykhan a trouvé refuge au Sénégal. En 2009, la Cour avait débouté le gouvernement gambien, qui l’avait appelée à se dessaisir de l’affaire.
  • On était toujours sans nouvelles d’Ebrima Manneh, journaliste du Daily Observer arrêté en 2006 et victime de disparition forcée. En 2008, la Cour de justice de la CEDEAO avait pourtant ordonné sa libération ainsi que le versement d’une indemnité à sa famille. Les autorités gouvernementales et la police continuaient de nier son placement en détention.
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Défenseurs des droits humains

Le climat de peur créé en 2009 par les menaces du président à l’encontre des défenseurs des droits humains continuait de régner.

  • Le Nigérian Edwin Nebolisa Nwakaeme, directeur de l’organisation gambienne de défense des droits humains Afrique en démocratie et dans la bonne gouvernance, a été arrêté le 22 février par les services de l’immigration, libéré trois jours plus tard et à nouveau interpellé le 1er mars. Ce même mois, il a été accusé d’avoir fourni de « faux renseignements ». Déféré à la justice, il a été condamné, en septembre, à six mois d’emprisonnement assortis d’une peine de travaux forcés.
  • Le docteur Isatou Touray et Amie Bojang Sissoho ont été arrêtées le lundi 11 octobre 2010 par des membres des forces de sécurité gambiennes ; accusées de vol, elles ont été incarcérées à la prison centrale Mile 2, connue pour ses conditions de détention déplorables et les mauvais traitements infligés aux détenus. Ces deux femmes travaillent pour le Comité gambien sur les pratiques traditionnelles qui affectent la santé des femmes et des enfants (GAMCOTRAP), une organisation ayant déjà fait l’objet de harcèlement par le passé.
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