Koweït
Chef de l’État
Sabah al Ahmed al Jaber al Sabah
Chef du gouvernement
Nasser Mohammed al Ahmed al Sabah, remplacé par Jaber al Mubarak al Hamad al Sabah le 29 novembre
Peine de mort
maintenue
Population
2,8 millions
Espérance de vie
74,6 ans
Mortalité des moins de cinq ans
9,9 ‰
Taux d’alphabétisation des adultes
93,9 %

La liberté d’expression était soumise à des restrictions. Les détracteurs du gouvernement, notamment ceux qui utilisaient les médias sociaux, risquaient d’être arrêtés ; les forces de sécurité ont battu des manifestants. Un homme est mort en garde à vue apparemment des suites de torture. Les femmes continuaient de subir des discriminations, dans la législation et dans la pratique. Des milliers de bidun (Arabes apatrides) étaient toujours privés de la nationalité koweïtienne. De ce fait, ils n’avaient pas accès à la santé, à l’éducation ou à l’emploi dans les mêmes conditions que les citoyens koweïtiens. Dix-sept personnes au moins ont été condamnées à mort ; aucune exécution n’a été signalée.

Contexte

Un certain nombre de manifestations ont eu lieu, certaines portées de toute évidence par les événements intervenus dans d’autres pays de la région. En partie pour répondre à ces mouvements de protestation, semble-t-il, le gouvernement a alloué en février aux citoyens koweïtiens des rations alimentaires et une allocation d’un montant d’environ 4 000 dollars des États-Unis, selon certaines informations. En juin, des centaines de Koweïtiens, jeunes pour la plupart, ont manifesté pour réclamer un changement de gouvernement et l’élimination de la corruption. Une vague de grèves a été déclenchée en septembre par des ouvriers qui réclamaient une augmentation de leurs salaires et prestations. Sous la pression des protestations grandissantes de manifestants, qui ont occupé le Parlement, et des revendications de membres de l’opposition, le Premier ministre a démissionné en novembre. Le Koweït a été élu en mai au Conseil des droits de l’homme [ONU]. La situation des droits humains au Koweït a été examinée en mai par le Comité contre la torture [ONU] et en octobre par le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes.

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Liberté d’expression et de réunion

Les détracteurs du gouvernement risquaient d’être arrêtés. Les manifestations étaient généralement autorisées, mais un rassemblement au moins a été dispersé par la force. Des manifestants ont, dans certains cas, été battus par des membres de la police antiémeutes.

  • En janvier, la Cour suprême a annulé la peine d’emprisonnement infligée en novembre 2010 au journaliste Muhammad Abd al Qader al Jasem, reconnu coupable de diffamation à l’issue d’un procès intenté contre lui par le Premier ministre. Il était poursuivi pour diffamation dans le cadre d’autres procès.
  • Le militant en ligne Nasser Abul a été arrêté le 7 juin et inculpé d’avoir porté atteinte « à la sécurité nationale » et « aux intérêts du pays », ainsi que d’avoir « rompu les relations politiques avec des pays frères ». Ces accusations faisaient référence à des messages publiés sur son compte Twitter. Déclaré coupable, le 24 septembre, d’avoir publié des remarques désobligeantes à propos des musulmans sunnites, il a été condamné à trois mois d’emprisonnement. Il a été remis immédiatement en liberté en raison du temps qu’il avait déjà passé en détention. Il a été acquitté des charges d’injures envers les familles royales bahreïnite et saoudienne pour lesquelles il était également poursuivi.
  • Le 16 novembre, des policiers antiémeutes ont frappé des personnes qui manifestaient devant la résidence du Premier ministre pour réclamer la démission de ce dernier et l’élimination de la corruption. Les protestataires ont ensuite occupé le Parlement.
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Torture et autres mauvais traitements

Un homme est mort en garde à vue, apparemment des suites d’actes de torture infligés par la police.

  • Mohammad Ghazzai al Maimuni al Mutairi est mort après avoir été arrêté par la police en janvier pour détention d’alcool. Dans un premier temps, les autorités ont affirmé qu’il s’était opposé à son arrestation et avait succombé à un problème cardiaque préexistant. Une enquête a été ouverte après qu’un député de l’opposition eut produit des éléments médicaux indiquant qu’il avait été attaché et roué de coups avant sa mort. Dix-neuf policiers ont été inculpés à la suite de la mort de cet homme ; leur procès n’était pas terminé à la fin de l’année.

Le Comité contre la torture a exhorté le gouvernement à revoir sa législation afin que les actes de torture emportent de lourdes peines.

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Discrimination – les bidun

Des centaines de bidun résidant de longue date au Koweït ont manifesté tout au long de l’année pour protester contre leur statut d’apatrides et réclamer la nationalité koweïtienne. Celle-ci leur permettrait d’avoir accès à l’emploi et à la gratuité de l’éducation et des soins médicaux dans les mêmes conditions que les citoyens koweïtiens. Plus de 100 000 bidun continuaient d’être privés de la nationalité koweïtienne. Les forces de sécurité ont dispersé des manifestations avec violence et ont arrêté des protestataires. Le gouvernement a annoncé qu’il allait répondre à certaines revendications des bidun, tout en précisant que seuls 34 000 d’entre eux pouvaient prétendre à obtenir la nationalité koweïtienne.

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Travailleurs migrants

Les employés de maison étrangers, originaires pour la plupart de pays d’Asie du Sud et du Sud-Est, n’étaient toujours pas protégés par le Code du travail koweïtien. Nombre d’entre eux étaient exploités et maltraités par leurs employeurs. Ceux qui quittaient leur emploi sans l’autorisation de leur employeur, même lorsqu’ils fuyaient les mauvais traitements, risquaient d’être arrêtés, placés en détention, inculpés de « fuite » aux termes des lois sur l’immigration et expulsés.

  • En octobre, une employée de maison indonésienne dont le nom n’a pas été révélé s’est pendue dans une cellule d’un poste de police. Elle avait été arrêtée après avoir abandonné son lieu de travail et avait été inculpée de « fuite ».

Le Comité contre la torture a instamment prié le gouvernement d’adopter d’urgence une législation du travail applicable à l’emploi domestique et de veiller à ce que les travailleurs domestiques migrants, en particulier les femmes, soient protégés contre l’exploitation et les mauvais traitements.

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Droits des femmes

Les femmes continuaient de subir des discriminations, dans la législation et dans la pratique. En octobre, le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes a exhorté le gouvernement à ériger en infraction pénale les actes de violence familiale et sexuelle, à prévoir des peines plus sévères pour les hommes qui commettent des crimes « d’honneur » et à adopter une législation sur l’égalité entre les genres.

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Peine de mort

Au moins 14 hommes et trois femmes, des étrangers pour la plupart, ont été condamnés à mort pour meurtre ou trafic de drogue. Une sentence capitale au moins a été commuée en détention à perpétuité. Aucune exécution n’a été signalée.

Le Comité contre la torture a prié le gouvernement de restreindre l’application de la peine capitale aux crimes « les plus graves » et de traiter les condamnés à mort avec humanité.

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