La presse et les affaires politiques, judiciaires et sociales restaient étroitement contrôlées par l’État, au détriment de la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique. L’absence de transparence et le manque d’informations rendaient difficile toute évaluation indépendante de la situation en matière de droits humains. Au moins trois prisonniers d’opinion et deux prisonniers politiques étaient toujours en détention. Des cas de harcèlement de chrétiens ont été signalés. On savait très peu de choses du sort réservé aux demandeurs d’asile et aux réfugiés hmongs renvoyés de force depuis la Thaïlande. Pour un certain nombre d’infractions à la législation sur les stupéfiants, la sentence était obligatoirement la peine de mort. Les autorités ne publiaient cependant aucun chiffre sur la peine capitale.
Le Parti révolutionnaire du peuple laotien (PRPL), au pouvoir, a tenu en mars son Congrès, qui a lieu tous les cinq ans. Le président de la République a été réélu secrétaire général du Parti. Le Comité central et le Politburo ont été élargis. À l’exception de quatre hommes d’affaires, toutes les personnes élues en avril à l’Assemblée nationale appartenaient au PRPL et occupaient des fonctions au sein de l’appareil d’État central ou local. Un nouveau gouvernement a été formé en juin. Il comptait quatre nouveaux ministères. En décembre, le Laos a suspendu à regret le chantier très controversé du barrage hydroélectrique de Xayaburi, cédant aux protestations de pays voisins et d’un certain nombre de militants qui dénonçaient l’impact de cette infrastructure sur la pêche et sur les moyens de subsistance des populations vivant en aval.
Top of pageOn disposait de très peu d’informations sur les conditions de vie des quelque 4 500 Laotiens d’ethnie hmong que la Thaïlande avait renvoyés de force en décembre 2009. Sur les quelque 3 500 personnes qui avaient été installées à Phonkham, un village isolé de la province de Borikhamsay, beaucoup vivaient sous étroite surveillance, privées de toute liberté de mouvement et avec des moyens de subsistance très limités. Certaines, peu nombreuses, ont malgré tout réussi à regagner la Thaïlande, pour y redemander l’asile.
De nouvelles informations ont fait état de harcèlement dont auraient été victimes des communautés chrétiennes, voire des individus qui refusaient d’abjurer leur foi.
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