Lituanie - Amnesty International Rapport 2008

La situation des droits humains : République de Lituanie

Amnesty International  Rapport 2013


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Lituanie est maintenant en ligne

Chef de l'État : Valdas Adamkus
Chef du gouvernement : Gediminas Kirkilas
Peine de mort : abolie
Population : 3,4 millions
Espérance de vie : 72,5 ans
Mortalité des moins de cinq ans (m/f) : 13 / 9
Taux d'alphabétisation des adultes : 99,6 %

Les droits humains des lesbiennes, des gays, des personnes bisexuelles et des transgenres (LGBT) n'ont pas été respectés et plusieurs manifestations LGBT ont été annulées de manière discriminatoire. Le Parlement envisageait de porter modification d'une loi en vue d'interdire toute information présentant l'homosexualité sous un éclairage positif aux mineurs. La Lituanie s'est vu infliger une amende par l'Union des associations européennes de football (UEFA), en raison d'une banderole à teneur raciste déployée lors d'un match contre la France.

Droits des lesbiennes, des gays, des personnes bisexuelles et des transgenres

Le 21 mai, le maire de Vilnius, Juozas Imbrasas, a refusé qu'un camion en tournée dans le cadre d'une campagne de lutte contre les discriminations sous le parrainage de l'Union européenne (UE), intitulée Pour la diversité. Contre les discriminations, fasse halte comme prévu dans sa ville. La tournée devait couvrir 19 États membres avec pour objectif d'informer et de sensibiliser l'opinion publique sur l'Année européenne de l'égalité des chances pour tous. Le conseil municipal de Vilnius a également voté à l'unanimité l'interdiction, pour « raisons de sécurité », d'un rassemblement qui devait avoir lieu le 25 mai, à l'occasion d'une autre campagne en faveur de la tolérance et de la défense des droits fondamentaux de différents groupes, dont les LGBT. À la suite de cette double interdiction, la Commission européenne a déclaré qu'au vu de la décision prise par les autorités de la ville, il restait encore un long chemin à parcourir pour faire évoluer les comportements et les attitudes envers les groupes victimes de discrimination et pour promouvoir le respect de la diversité.

Le maire de Vilnius a également apporté son soutien aux chauffeurs de bus de la ville qui ont refusé de conduire les véhicules arborant des affiches qui prônaient la défense des droits des LGBT. Le maire a déclaré qu'il accordait la priorité à la famille traditionnelle, cherchait à promouvoir les valeurs familiales et désapprouvait l'étalage public d'« idées homosexuelles » dans la ville de Vilnius. Les affiches avaient été payées par la Ligue des gays lituaniens, à l'aide de fonds alloués par l'UE.

Le 24 octobre, le conseil municipal de Vilnius a refusé d'autoriser le déploiement d'un drapeau de trente mètres aux couleurs de l'arc-en-ciel, symbole du mouvement de défense des droits des LGBT. Quelque 200 militants devaient assister à l'installation du drapeau sur la place de l'hôtel de ville.

Le Parlement a débattu de la possibilité d'adopter une disposition qui interdirait la « propagation de l'homosexualité » aux enfants. Il s'agissait de porter modification de la loi en vigueur relative à la protection des mineurs face aux effets préjudiciables de l'information publique. La modification proposée mettrait les informations sur l'homosexualité sur le même plan que la représentation de la violence (physique ou psychologique) et du vandalisme, la diffusion d'images montrant des cadavres ou des corps cruellement mutilés et toute information susceptible d'engendrer la peur ou l'effroi ou d'encourager les automutilations ou le suicide. Les auteurs de la proposition ont argué du fait que « la propagation d'une orientation sexuelle non traditionnelle et l'exposition à une information présentant sous un jour positif les relations homosexuelles pourraient avoir des conséquences négatives sur le développement physique, mental et surtout moral des mineurs ».

Épisodes racistes

Le 9 juin, l'organe régulateur du football européen, l'UEFA, a condamné la fédération lituanienne de football à une amende de 9 000 euros, parce que des supporters avaient brandi une banderole à caractère raciste au cours d'un match joué le 24 mars contre la France, dans le cadre des éliminatoires de l'Euro 2008. Sur cette banderole était représentée l'Afrique, peinte aux couleurs du drapeau français et agrémentée de la légende Bienvenue en Europe.