Lituanie - Amnesty International Rapport 2010

La situation des droits humains : RÉPUBLIQUE DE LITUANIE

Amnesty International  Rapport 2013


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Lituanie est maintenant en ligne

Chef de l’État
Valdas Adamkus, remplacé par Dalia Grybauskaitė le 12 juillet
Chef du gouvernement
Andrius Kubilius
Peine de mort
abolie
Population
3,3 millions
Espérance de vie
71,8 ans
Mortalité des moins de cinq ans (M/F)
14 / 9 ‰
Taux d’alphabétisation des adultes
99,7 %

Une enquête parlementaire a conclu que des responsables lituaniens avaient coopéré à la construction d’une prison secrète de la CIA en Lituanie pendant la « guerre contre le terrorisme » conduite par les États-Unis. Une nouvelle loi a interdit dans les écoles tout support d’information susceptible de promouvoir certains types de relations entre les personnes, les relations homosexuelles notamment. Le Comité contre la torture [ONU] a critiqué le gouvernement lituanien pour n’avoir pas incorporé le crime de torture dans sa législation nationale.

Lutte contre le terrorisme et sécurité

La Lituanie a été placée sous le regard de la communauté internationale en août, puis en novembre, à la suite de certaines informations indiquant que huit personnes soupçonnées de terrorisme auraient été détenues et interrogées secrètement par l’Agence centrale du renseignement (CIA) des États-Unis en 2004 et 2005 dans un centre situé à Antaviliai, un village proche de Vilnius. En décembre 2009, après enquête, la commission parlementaire chargée de la sécurité nationale et de la défense a indiqué que des responsables de la Direction de la sûreté de l’État avaient prêté leur concours pour la construction, sur le territoire lituanien, d’une prison secrète destinée à accueillir des terroristes présumés. Toutefois, la commission n’a pas établi que des suspects y avaient effectivement été incarcérés et interrogés. L’enquête parlementaire a conclu qu’un avion de la CIA avait atterri en Lituanie en dehors de toute procédure de contrôle aux frontières et que les responsables de la sûreté avaient omis d’en avertir la présidente ou le Premier ministre, contrairement à ce que prévoit la législation nationale. Des organisations de défense des droits humains ont demandé que l’enquête se poursuive et détermine si des violations des droits fondamentaux avaient été commises dans le cadre de l’existence de cette prison secrète.

Droits des lesbiennes, des gays, des personnes bisexuelles et des transgenres

Le Parlement a adopté, en juillet, la Loi relative à la protection des mineurs face aux effets préjudiciables de l’information publique, malgré le veto formulé par la Présidence de la République en juin. Cette loi, qui doit entrer en vigueur en mars 2010, interdit dans les écoles, les lieux publics et les médias les documents qui « incitent aux relations homosexuelles, bisexuelles et polygames » et seraient susceptibles d’être vus par des enfants. Des voix très nombreuses se sont élevées contre le texte, critiqué comme étant une institutionnalisation de l’homophobie et une violation du droit à la liberté d’expression et du droit de ne pas subir de discrimination. L’Union européenne a indiqué qu’elle pourrait contrevenir au Traité sur l’Union, qui prévoit des sanctions contre les États membres prenant des mesures contraires aux valeurs communes de l’UE. À la fin de l’année, la proposition visant à débarrasser cette loi de ses dispositions discriminatoires n’avait pas fait l’objet d’un vote définitif au Parlement.

Conditions carcérales

En janvier, le Comité contre la torture [ONU] s’est déclaré préoccupé par des informations faisant état du maintien prolongé en détention provisoire ou administrative de mineurs et d’adultes, et s’est inquiété du risque élevé de mauvais traitements que cela comportait. Le Comité a noté que les conditions d’incarcération restaient déplorables et a signalé plusieurs cas de surpopulation, d’absence d’hygiène et d’infrastructures insuffisantes. Il a demandé que la torture telle que définie par la Convention contre la torture [ONU] soit érigée en crime dans la législation lituanienne.

Documents d’Amnesty International