Les autorités ont déclenché une brutale campagne de répression lorsqu’un mouvement de contestation de masse, exigeant la tenue d’élections équitables, a déferlé dans la capitale en juillet. Plus de 1 600 personnes ont été arrêtées lors de la violente reprise en main de la manifestation pacifique. Le gouvernement a annoncé en septembre son intention de remplacer la Loi relative à la sécurité intérieure par une nouvelle législation.
Najib Tun Razak a entamé sa troisième année à la tête du gouvernement. Il avait jusqu’au mois de mars 2013 pour convoquer des élections générales mais, au vu des préparatifs officiels, il semblerait que le scrutin se déroule début 2012. Le procès au pénal manifestement politique d’Anwar Ibrahim, accusé de sodomie, touchait à sa fin. En cas de condamnation, ce dirigeant de l’opposition encourait une peine d’emprisonnement et une interdiction d’exercer des fonctions politiques.
Top of pageLors d’une marche organisée à Kuala-Lumpur par le mouvement Bersih (« Propre »), en juillet, 1 667 manifestants non violents ont été interpellés et arbitrairement placés en garde à vue. La police a frappé des participants et tiré des grenades de gaz lacrymogène directement sur la foule. La répression a fait plusieurs blessés parmi les manifestants, dont au moins deux parlementaires de l’opposition. Avant la manifestation, les autorités avaient arrêté plusieurs dizaines de personnes à qui elles reprochaient d’appartenir au mouvement Bersih, interdit depuis le 2 juillet.
Le Premier ministre Najib Tun Razak a créé la surprise en septembre lorsqu’il a annoncé que son gouvernement avait l’intention de faire abroger la Loi relative à la sécurité intérieure. Cette mesure a cependant été repoussée jusqu’au mois de mars 2012. Le gouvernement souhaitait d’ailleurs remplacer cette loi par un autre texte, qui autoriserait lui aussi la détention illimitée sans procès. Treize personnes ont encore été arrêtées en novembre au titre de la Loi relative à la sécurité intérieure.
Pour museler la critique, le gouvernement a exigé des organes de presse qu’ils obtiennent une licence et menacé ses détracteurs de poursuites pénales au titre de la Loi relative à la sédition.
La bastonnade, qui constituait une forme de torture ou de mauvais traitement, continuait d’être systématiquement appliquée pour punir plus d’une soixantaine d’infractions au Code pénal.
La Haute Cour australienne a rendu en août un arrêt dans lequel elle déclarait non valable un accord bilatéral d’échange de réfugiés conclu entre l’Australie et la Malaisie. Cet accord prévoyait l’envoi en Malaisie de 800 demandeurs d’asile arrivés par bateau sur les côtes australiennes. En contrepartie, l’Australie devait assurer l’installation de 4 000 réfugiés venus de Malaisie. L’arrêt de la Haute Cour interdisait à l’Australie d’expulser les demandeurs d’asile, au motif que la Malaisie, qui n’avait pas ratifié la Convention relative au statut des réfugiés [ONU], ne présentait pas de garanties légales suffisantes en matière de protection des réfugiés (voir Australie).
Le gouvernement malaisien n’a pas publié de statistiques sur les condamnations à mort et les exécutions. Les autorités ont rejeté les appels en faveur de l’instauration d’un moratoire sur les exécutions et les tribunaux du pays continuaient de prononcer régulièrement la peine capitale.
En mars, le conseil des ministres a décidé d’adhérer au Statut de Rome de la Cour pénale internationale, mais cette décision n’avait toujours pas été mise à exécution à la fin de l’année.