Les avancées en matière de droits humains ont été entravées par l’impasse politique dans laquelle se trouvaient le président et le Parlement, où l’opposition était majoritaire. Le gouvernement a conservé la flagellation en tant que châtiment, dans un geste manifeste en direction de l’opposition, qui réclamait son maintien dans la législation. Les initiatives publiques en faveur de la liberté de religion ont été étouffées par une campagne de l’opposition en faveur d’une application stricte de la charia. Le gouvernement n’a pris aucune mesure pour traduire en justice les responsables des violations des droits humains commises durant les 30 années que l’ancien président Maumoon Abdul Gayoom a passées au pouvoir.
La haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme a appelé à la mise en place d’un moratoire sur les flagellations, ce qui a déclenché en novembre un débat national sur ce châtiment. Ce débat s’est conclu à la fin du mois de décembre, quand le parti d’opposition Adhalaat a réclamé la stricte application de la charia et le maintien de la flagellation dans la législation afin de « protéger l’islam ». D’autres personnalités politiques de l’opposition ont apporté leur soutien à cet appel.
Aucune statistique concernant le nombre de personnes flagellées n’était disponible, mais des défenseurs des droits humains ont signalé que les juges prononçaient souvent cette peine, qui était ensuite appliquée derrière les locaux des tribunaux.
Top of pageLes appels en faveur de la tolérance religieuse et de la liberté de religion ont été rapidement étouffés par des groupes islamistes influents et d’autres personnalités de l’opposition.
Les Maldives ne disposaient toujours pas d’un corps de lois codifié garantissant à tous la même justice. Certaines lois étaient formulées de manière trop vague pour empêcher que des erreurs judiciaires soient commises. La plupart des juges n’avaient pas suivi de formation juridique en bonne et due forme et exerçaient pourtant un pouvoir discrétionnaire considérable ; ils s’appuyaient bien souvent sur leur propre interprétation de la charia pour déterminer si une infraction avait bien été commise et décider de la sanction appropriée. Un projet de code pénal qui aurait dû apporter une solution à ces défaillances est resté en sommeil au Parlement.
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