Les forces de sécurité ont eu recours à une force excessive, y compris meurtrière, contre des manifestants ; un jeune homme a été tué par balle. Des manifestants ont été arrêtés et condamnés à des peines d’emprisonnement lors de mouvements de protestation contre le recensement national. Le gouvernement a fermement réprimé des actes de terrorisme présumés. On ignorait tout du sort de 14 détenus disparus à la suite de leur transfert d’une prison de la capitale, Nouakchott. Huit personnes, dont trois mineurs, ont été condamnées à mort.
Des organisations de défense des droits humains craignaient que le recensement de la population, commencé en avril, ne soit discriminatoire. Des manifestations ont eu lieu à Nouakchott, Kaédi et Maghama. Le président de l’Assemblée nationale a recommandé la suspension du processus.
De fréquents affrontements entre l’armée et Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) ont provoqué des pertes dans les deux camps. Les militaires ont également mené des opérations au Mali contre AQMI. En décembre, un gendarme a été enlevé par des éléments d’AQMI.
La situation des droits humains dans le pays a été examinée en janvier dans le cadre de l’Examen périodique universel de l’ONU. Le gouvernement s’est engagé à mettre un terme au recours à la torture et aux autres formes de traitement cruel, inhumain ou dégradant ainsi qu’à l’utilisation d’une force excessive par la police et les forces de sécurité. Il s’est également engagé à adopter une stratégie nationale pour éliminer l’esclavage sous toutes ses formes.
L’indépendance du pouvoir judiciaire a été mise en doute après la radiation d’un juge en septembre.
Top of pageLes autorités ont imposé des restrictions à la liberté d’expression, d’association et de réunion.
Au moins 12 personnes, dont Mohamed Lemine Ould Mballe, soupçonnées d’appartenance à AQMI, ont été arrêtées au cours de l’année. La plupart ont passé plus de 40 jours en garde à vue.
Au moins 18 personnes ont été jugées et condamnées à des peines d’emprisonnement ou à la peine de mort. Bien que ces prisonniers se soient plaints d’avoir été torturés, le tribunal n’a ordonné aucune enquête.
En mai, 14 prisonniers condamnés pour des faits de terrorisme et détenus dans la prison centrale de Nouakchott ont été emmenés de nuit vers un lieu inconnu. Certains de leurs effets personnels ont été remis à leurs familles en juin sans aucune explication. On restait sans nouvelles à la fin de l’année de ces 14 personnes, parmi lesquelles figuraient Sidi Ould Sidina et Mohamed Mahmoud Ould Sebty. Les autorités ont affirmé, en novembre, à des représentants d’Amnesty International que ces prisonniers avaient été transférés pour des raisons de sécurité.
Top of pageLes forces de sécurité ont utilisé une force excessive contre des manifestants pacifiques dans plusieurs villes, notamment à Kaédi, Maghama et Nouakchott. De très nombreux manifestants ont été blessés en raison de l’utilisation arbitraire et aveugle de gaz lacrymogène. Une personne a trouvé la mort.
Des personnes risquaient d’être victimes d’arrestation arbitraire, de harcèlement et de discrimination en raison de leurs pratiques homosexuelles présumées. Quatorze hommes accusés d’homosexualité ont été arrêtés en novembre. Ils étaient maintenus en détention dans la prison de Dar Naïm à la fin de l’année.
Top of pageCette année encore, de nombreuses informations ont fait état de torture et d’autres mauvais traitements infligés dans des lieux de détention, notamment dans des postes de police et dans la prison de Dar Naïm. Parmi les méthodes couramment utilisées figuraient les coups de pied, les passages à tabac, la suspension par les bras, l’enchaînement dans une position douloureuse et la privation de sommeil et de nourriture.
Top of pageLes sentences capitales de sept personnes reconnues coupables de meurtre au cours de la décennie écoulée ont été commuées en novembre.
Au moins huit personnes ont été condamnées à mort au cours de l’année par la cour criminelle de Nouakchott ; trois d’entre elles étaient âgées de moins de 18 ans au moment des faits pour lesquels elles ont été condamnées. Le 8 décembre, à la suite d’un appel interjeté par le parquet, la cour d’appel de Nouakchott a commué les sentences capitales des trois mineurs en peines de 12 ans d’emprisonnement assorties d’amendes.
Top of pageSept personnes retenues en esclavage – une femme et six enfants – ont été libérées avec l’aide d’organisations de défense des droits humains. Deux des six enfants, les frères Yarg et Saïd (11 et 14 ans), ont été libérés en août. En novembre, la cour criminelle de Nouakchott a déclaré six personnes coupables d’avoir réduit en esclavage Yarg et Saïd et a ordonné le versement d’une indemnité à leur famille.
Top of pageAu moins 3 000 migrants, originaires pour la plupart du Sénégal, du Mali et de la Guinée, ont été arrêtés arbitrairement. Ils ont été incarcérés pendant plusieurs jours dans des centres de détention en Mauritanie avant d’être renvoyés au Sénégal ou au Mali.
En octobre, des migrants originaires du Mali et du Sénégal ont été arrêtés et inculpés de réunion non autorisée et de menace à la sécurité nationale. Chacun d’eux a été condamné à une peine d’un an d’emprisonnement avec sursis et détenu pendant plus de 10 jours dans la prison de Dar Naïm avant d’être renvoyé au Sénégal.
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