Quatre personnes au moins ont été tuées et plusieurs dizaines d’autres blessées lors des violences qui ont suivi les élections. Le viol et les autres formes de violences sexuelles étaient très répandus. L’interdiction totale de toute forme d’avortement demeurait en vigueur. Des doutes ont été exprimés quant à l’indépendance de la justice.
Au lendemain des élections de novembre, des violences ont éclaté sur fond d’allégations de fraude électorale. Quatre personnes au moins ont été tuées et plusieurs dizaines d’autres blessées lors d’affrontements qui ont eu lieu dans tout le pays entre partisans et opposants de Daniel Ortega, réélu pour un troisième mandat présidentiel.
Top of pageLe viol et les autres formes de violences sexuelles demeuraient endémiques. Malgré cela, la Cour suprême a réduit à quatre ans la peine d’emprisonnement infligée à Farinton Reyes pour le viol en 2009 de sa collègue, Fátima Hernández. Tentant de justifier sa décision, la Cour a affirmé que, au moment des faits, l’accusé était sous l’emprise de l’alcool et dans un état d’excitation sexuelle incontrôlable, et que Fátima Hernández s’était montrée permissive et coopérative lors du viol.
Top of pageLe maintien de l’interdiction totale de toute forme d’avortement a entraîné de graves atteintes aux droits des femmes et des jeunes filles. Les dispositions révisées de droit pénal, entrées en vigueur en 2008, n’autorisaient aucune exception. Les femmes et les filles enceintes à la suite d’un viol, ou dont la vie ou la santé était mise en péril par la poursuite de la grossesse, se voyaient refuser le droit de recourir à des services d’avortement sûrs et légaux. Toute forme d’avortement demeurait une infraction pénale, et quiconque voulant interrompre sa grossesse ou aider une femme ou une jeune fille à se faire avorter s’exposait à des poursuites.
En mars, la Commission interaméricaine des droits de l’homme a exhorté le Nicaragua à prendre des mesures pour que cessent les agressions sexuelles contre les femmes et les filles et à abroger l’interdiction totale de l’avortement.
Top of pageDans le contexte du débat politique houleux qui s’est engagé à l’approche de l’élection présidentielle de novembre, les manœuvres d’intimidation visant des professionnels des médias se sont multipliées.
En novembre, après que le Conseil suprême électoral eut proclamé Daniel Ortega vainqueur de l’élection présidentielle, les Nicaraguayens ont manifesté en masse dans tout le pays en guise de protestation.