Niger
Chef de l’État
Mamadou Tandja, remplacé par Salou Djibo le 22 février
Chef du gouvernement
Ali Badjo Gamatié, remplacé par Mahamadou Danda le 23 février
Peine de mort
abolie en pratique
Population
15,9 millions
Espérance de vie
52,5 ans
Mortalité des moins de cinq ans (M/F)
171 / 173 ‰
Taux d’alphabétisation des adultes
28,7 %

Des militants des droits humains ont continué d’être pris pour cible avant le renversement du président Tandja, en février. Le président évincé et d’autres personnalités politiques et responsables des forces armées ont été maintenus en détention sans avoir été jugés ni même inculpés. Plusieurs étrangers ont été enlevés par Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). L’un d’entre eux est mort en captivité, selon les informations diffusées.

Contexte

En février, le président Tandja a été renversé par une junte militaire qui a suspendu la Constitution et dissous toutes les institutions publiques. Le Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD) a désigné le commandant Salou Djibo comme président par intérim. La junte militaire a promis qu’une nouvelle Constitution serait adoptée et que la démocratie serait rapidement rétablie.

Un nouveau code électoral a été promulgué en mai et un pacte national ouvrant la voie à la démocratie signé en octobre à Rome par le CSRD, le gouvernement, le Parlement de transition, les principaux partis politiques et des organisations de la société civile. Une nouvelle Constitution a été adoptée en octobre. Des élections législatives étaient programmées pour janvier 2011.

En mars, des membres d’AQMI ont attaqué un poste militaire situé dans l’ouest du Niger, tuant au moins cinq soldats.

En raison de mauvaises récoltes dans l’ensemble du pays et des prix élevés de la nourriture, le Niger a été touché par une grave crise alimentaire, plus de la moitié de la population n’ayant pas assez à manger. La situation s’est aggravée en août après que le pays eut été frappé par des pluies torrentielles et des inondations dans certaines régions.

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Détention sans jugement

Plusieurs responsables politiques ont été arrêtés et placés en détention après le coup d’État militaire. La plupart ont été relâchés quelques jours plus tard mais certains ont été détenus sans inculpation ni jugement.

  • En février, le président évincé Mamadou Tandja et l’ancien ministre de l’Intérieur Albadé Abouba ont été placés en résidence surveillée. À la fin de l’année, ils étaient toujours détenus à Niamey, la capitale, en dehors de tout cadre juridique. En novembre, la Cour de justice de la CEDEAO a ordonné aux autorités nigériennes de libérer l’ancien président.
  • En octobre, le colonel Abdoulaye Badié, numéro deux de la junte au pouvoir, et trois autres officiers supérieurs de l’armée ont été arrêtés et accusés de complot en vue de déstabiliser le régime. Détenus à Niamey dans les locaux de la gendarmerie nationale, ils n’avaient pas été inculpés ni jugés à la fin de l’année.
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Défenseurs des droits humains

Des militants des droits humains ont été pris pour cible au début de l’année.

  • En janvier, Marou Amadou, président du Front uni pour la sauvegarde des acquis démocratiques (FUSAD), qui avait été détenu pendant un mois en 2009, a été condamné à une peine de trois mois d’emprisonnement avec sursis pour « propagandes régionalistes » après qu’il eut appelé à manifester contre le gouvernement de Mamadou Tandja.
  • En février, Abdoul-Aziz Ladan, président du Mouvement nigérien pour la sauvegarde de la démocratie (MOSADEM), a été inculpé de « complicité de diffamation » pour avoir critiqué la politique du gouvernement. Les poursuites à son encontre ont été abandonnées après le renversement du président Tandja.
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Prises d’otages

Plusieurs étrangers ont été enlevés par AQMI.

  • En avril, Michel Germaneau, un Français de 78 ans engagé dans des activités humanitaires à titre bénévole, a été enlevé par AQMI, qui a exigé la libération de membres de l’organisation détenus dans des pays voisins. Sa mort a été annoncée par AQMI en juillet, quelques jours après une tentative de sauvetage lancée au Mali par l’armée mauritanienne, en coopération avec les autorités françaises.
  • En septembre, sept personnes – cinq Français, un Togolais et un Malgache – ont été enlevées par AQMI à Arlit, dans le nord du Niger. Deux d’entre elles travaillaient pour une société française exploitant des mines d’uranium dans la région. Les otages seraient détenus dans le nord-ouest du Mali. En octobre, AQMI aurait réclamé en échange de leur libération la levée de l’interdiction du port du voile islamique intégral en France, la remise en liberté de membres de l’organisation et une rançon de quelque sept millions d’euros.
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Peine de mort

Après que 18 Africains, dont trois Nigériens, eurent été exécutés au mois de mai en Libye, le président Salou Djibou a rencontré le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, qui aurait accepté de mettre fin aux exécutions de Nigériens. Les deux hommes ont aussi discuté de la commutation en réclusion à perpétuité des peines de 22 ressortissants nigériens condamnés à mort, ainsi que de leur transfert dans leur pays d’origine pour qu’ils y purgent leur peine.

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