Oman
Chef de l’État et du gouvernement
Qabous bin Saïd al Saïd
Peine de mort
maintenue
Population
2,8 millions
Espérance de vie
73 ans
Mortalité des moins de cinq ans
12 ‰
Taux d’alphabétisation des adultes
86,6 %

La police a utilisé une force excessive contre des manifestants, y compris pacifiques ; deux personnes au moins ont été tuées et d’autres ont été blessées. Plusieurs centaines de manifestants ont été arrêtés ; 80 au moins ont été traduits en justice et beaucoup d’entre eux ont été condamnés à des peines d’emprisonnement. Le gouvernement a renforcé les restrictions à la liberté d’expression. Les femmes et les filles continuaient de subir des discriminations dans la législation et dans la pratique.

Contexte

En janvier, des manifestants ont protesté contre le coût de la vie et l’absence de perspectives d’emplois ; ils ont réclamé des réformes politiques ainsi que le renvoi de certains ministres et de fonctionnaires corrompus. En février, le sultan Qabous bin Saïd a réagi en augmentant le salaire minimum et les allocations versées aux chômeurs. Il a également annoncé la création de 50 000 nouveaux emplois et le remplacement de plusieurs ministres. En mars, alors que les manifestations s’étaient multipliées, il a congédié d’autres ministres ; il a ensuite modifié la Constitution pour conférer certains pouvoirs législatifs au Conseil consultatif, seul organe élu des deux chambres du Majlis (Parlement). Des élections ont eu lieu le 15 octobre et, pour la première fois, le président du Conseil consultatif a été désigné par les membres élus. La situation des droits humains à Oman a été étudiée en mars dans le cadre de l’Examen périodique universel de l’ONU. Oman a été prié de réviser sa législation de manière à combattre la discrimination et la violence à l’égard des femmes.

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Répression de la dissidence

La police et les forces de sécurité ont eu recours à une force excessive pour disperser des manifestations, y compris pacifiques ; elles ont utilisé du gaz lacrymogène, tiré des balles en caoutchouc et frappé les participants. Le 27 février, un homme aurait trouvé la mort lorsque la police a dispersé par la force des manifestants dans la ville de Sohar. Le 29 mars, les forces de sécurité ont attaqué avant l’aube le camp de manifestants installé au rond-point du Globe, dans cette même ville. Les personnes qui refusaient de partir auraient été battues et d’autres arrêtées à leur domicile.

  • Abdullah al Ghamalasi, étudiant, est mort le 27 février à Sohar lorsque les policiers ont tiré des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène sur des manifestants rassemblés au rond-point du Globe. Les autorités ont annoncé l’ouverture d’une enquête dont les conclusions n’ont pas été rendues publiques.

De nombreux manifestants ont été arrêtés au cours de l’année et 80 au moins ont été traduits en justice. Certains ont été déclarés coupables d’insultes envers des représentants des autorités, d’entrave à la circulation ou d’actes de violence, et condamnés à des peines d’emprisonnement.

  • Ahmed al Shezawi a été arrêté le 29 mars chez lui à Mascate, la capitale. Pendant plus d’une semaine il a été maintenu à l’isolement dans un lieu tenu secret, où il aurait été contraint d’écouter en permanence de la musique tonitruante, avant d’être transféré dans la prison centrale de Samail. Cet homme et son oncle Abdul Gufar al Shezawi, qui avait également participé aux manifestations, ont été libérés le 10 avril après s’être engagés à ne pas détruire ni endommager des biens publics. Tous deux ont été relaxés en juin de tous les chefs d’inculpation dont ils faisaient l’objet.
  • Basma al Kiyumi, avocate éminente, était la seule femme d’un groupe de 15 personnes arrêtées le 14 mai alors qu’elles manifestaient pacifiquement devant le bâtiment du Conseil consultatif à Mascate pour réclamer la libération d’autres manifestants arrêtés deux jours plus tôt. Elle a été inculpée de participation à un rassemblement illégal et remise en liberté sous caution le 16 mai. Les 14 autres manifestants ont également été libérés.
  • En juin, sept personnes arrêtées à la suite des manifestations de Sohar ont été déclarées coupables par un tribunal de Mascate d’actes de violence contre des représentants de l’État et condamnées à des peines de cinq ans d’emprisonnement.

Le sultan Qabous bin Saïd a gracié, le 20 avril, 234 personnes accusées de « rassemblement dans la rue » dans les districts de Dank, Ibri, Sohar et Yanqul.

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Liberté d’expression

En octobre, l’article 26 de la Loi relative à la presse et aux publications a été modifié ; il interdisait désormais la publication par tous les moyens, y compris Internet, de toute information considérée comme portant atteinte à la sûreté de l’État ou à sa sécurité intérieure et extérieure, ou encore liée à l’armée et aux organes de sécurité. Les contrevenants étaient passibles d’une peine maximale de deux ans d’emprisonnement et d’une amende.

  • Yusef al Haj, journaliste travaillant pour le quotidien Azzamn, et Ibrahim al Maamary, rédacteur en chef de ce journal, ont été condamnés en septembre à cinq mois d’emprisonnement. Ils avaient été déclarés coupables d’avoir « insulté » le ministre de la Justice dans un article qui évoquait des allégations de corruption au sein de son ministère. Haroon al Muqaibli, un employé du ministère de la Justice qui leur avait fourni les informations, a lui aussi été déclaré coupable et condamné à cinq mois d’emprisonnement. Leurs condamnations ont été confirmées en appel.
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Droits des femmes

Les femmes et les filles continuaient de subir des discriminations importantes dans la loi et dans la pratique, en particulier en matière de statut personnel et d’emploi, et elles étaient subordonnées à leur tuteur masculin. Soixante-dix-sept femmes se sont présentées aux élections du Conseil consultatif, un chiffre plus de trois fois supérieur à celui de 2007 ; une seule a été élue.

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Peine de mort

Les autorités n’ont fourni aucune information à propos de l’application de la peine de mort et aucune exécution n’a été signalée.

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