Papouasie-Nouvelle-Guinée - Amnesty International Rapport 2008

La situation des droits humains : PAPOUASIE-NOUVELLE-GUINÉE

Amnesty International  Rapport 2013


L'entrée
Papouasie-Nouvelle-Guinée est maintenant en ligne

Chef de l'État : Elizabeth II, représentée par Paulias Matane
Chef du gouvernement : Michael Somare
Peine de mort : abolie en pratique
Population : 6,1 millions
EspÉrance de vie : 56,9 ans
MortalitÉ des moins de cinq ans (m/f ‰) : 82 / 93 ?
Taux d'alphabÉtisation des adultes : 57,3 %

La Papouasie-Nouvelle-Guinée a de nouveau été le théâtre de nombreux crimes violents. La population n'avait toujours qu'une confiance très limitée dans les organes chargés de faire appliquer la loi. La violence à l'égard des femmes et des enfants demeurait un problème endémique. Face à cette situation, le rôle de la société civile était de plus en plus prépondérant.

Contexte

Les élections législatives ont été marquées par des agressions contre des responsables électoraux et des policiers, ainsi que par des affrontements meurtriers entre partisans de différents candidats. Arrivé en tête en nombre de sièges, le Parti d'alliance nationale a formé un gouvernement de coalition avec 12 autres formations politiques et des parlementaires indépendants.

La situation s'est aggravée dans de nombreuses régions en proie à des conflits tribaux déjà anciens, en particulier dans les provinces d'Enga et des Western Highlands.

L'état d'urgence imposé durant un an dans la province des Southern Highlands a été levé au mois d'août, mais l'insécurité restait importante dans celle de Bougainville, où la question des armes en circulation constituait un problème très préoccupant pour le gouvernement autonome.

Prolifération des armes illégales de petit calibre

Alimentés par la prolifération effrénée des armes à feu illégales, les crimes violents étaient toujours aussi nombreux, ce qui ne faisait qu'accroître le sentiment de peur et d'insécurité de la population.

Le gouvernement n'ayant pris aucune mesure pour mettre en œuvre les recommandations faites en 2005 par le Comité national pour le contrôle des armes à feu en vue de combattre la prolifération et l'utilisation des armes illégales, de nombreuses organisations de la société civile se sont réunies afin de lancer la Coalition pour mettre fin à la violence par arme à feu.

Forces de police et de sécurité

La police n'avait manifestement ni les moyens ni la volonté de garantir la sécurité des citoyens. Elle ne menait pas systématiquement une enquête lorsqu'un crime était commis, et les responsables de violations n'étaient presque jamais arrêtés. De nombreuses victimes ne parvenaient pas à obtenir justice car les poursuites n'aboutissaient pas, en raison du manque de preuves réunies par la police ou de l'incompétence des représentants du parquet.

Un accord prévoyant la nomination d'un médiateur chargé d'examiner les plaintes contre la police a été signé en juin entre la police et la Commission de médiation, dans le but d'améliorer la confiance de la population en sa police. L'armée et les services pénitentiaires ont entrepris de se doter de mécanismes similaires.

Violences contre les femmes

La violence fondée sur le genre, notamment sexuelle, constituait un phénomène endémique, dans les familles comme au sein de la société en général. Lors des élections, des femmes ont été échangées contre des armes à feu, et des viols collectifs, commis dans le cadre de rivalités tribales, ont été signalés.

Bien que les violences contre les femmes aient été dénoncées de manière presque quotidienne dans la presse, et malgré les vives déclarations faites à ce sujet par des membres éminents du gouvernement et divers responsables de l'application des lois, il était rare que de tels faits donnent lieu à une enquête. La lutte contre l'impunité tardait à se concrétiser et les auteurs présumés, notamment lorsqu'ils appartenaient à la police ou exerçaient des fonctions de pouvoir, échappaient à la justice.

La Cour suprême a rejeté en août le recours introduit par un parlementaire réélu, qui demandait le réexamen de sa condamnation à douze ans d'emprisonnement pour viol. La Commission électorale s'était vu reprocher de cautionner le viol en acceptant d'enregistrer la candidature d'une personne condamnée par la justice.

De plus en plus actifs, les défenseurs des droits de la femme s'organisaient. Le 9 octobre, lors d'une manifestation silencieuse très médiatisée, plus de 100 militantes vêtues de noir et portant des rubans blancs, accompagnées de la ministre du Développement social et seule femme parlementaire, Carol Kidu, ont déposé une pétition devant le Parlement, demandant à celui-ci de faire cesser les violences contre les femmes.

La violence à l'égard des femmes était considérée comme un facteur majeur de l'expansion du virus du sida et l'épidémie entraînait à son tour de nouvelles violences contre les femmes, car certaines personnes étaient persuadées que les décès causés par cette maladie étaient le résultat d'actes de sorcellerie. Des femmes accusées d'être des sorcières ont été torturées et tuées par des groupes de personnes qui leur imputaient la responsabilité de ces morts.

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